Le matou, Yves Beauchemin

Je continue ma découverte de la littérature québécoise avec ce qui est présenté comme un classique : Le Matou écrit par Yves Beauchemin. Il s’agit d’un livre qui a connu un succès international dans les années 80.

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Florent Boissonneault vivote à Montréal dans un emploi qu’il n’aime pas. Un beau jour, il est contacté par un vieil homme mystérieux qui répond au nom d’Egon Ratablavasky. Celui-ci lui dit qu’il peut l’aider à acquérir le fameux restaurant la Binerie dans le quartier du Plateau-Mont Royal. Après quelques hésitations, Florent se lance dans cette aventure. Mais il s’avérera plus tard que les intentions de Ratablavasky sont loin d’être claires.

Le matou est un roman difficile à classer. Je le rapprocherais volontiers du conte. L’enchaînement des péripéties est haletant et donne envie d’en savoir plus. Difficile de lâcher le livre une fois qu’on est bien installé dans l’intrigue. Yves Beauchemin est très talentueux pour captiver le lecteur. L’ambiance du roman n’est pas spécialement joyeuse, c’est l’histoire d’un homme qui essaie de s’en sortir avec sa femme et ses amis malgré les embûches qu’il rencontre. Les moments de bonheur ne sont que fugaces entre les mauvais coups, la volonté de destruction et la mort. Mais comme dans tout conte qui se respecte, tout est bien qui finit bien. Les héros sont très attachants même s’ils ne sont pas toujours exemplaires. À noter tout de même que certains personnages sont proches de la caricature comme Picquot le volubile cuisinier français (une grande gueule) et Lipskin, le juif âpre au gain. Mais si on considère que Le Matou est un conte, les traits sont alors volontairement grossis.

On peut trouver une certaine valeur symbolique au roman. C’est la vie de Québécois francophones qui prennent en main leur destin, entre la misère sociale d’un quartier pauvre de Montréal et les ambitions d’un jeune homme qui rêve de richesse et de succès en affaires. Même si les héros finissent par triompher de leurs ennemis, la morale de l’histoire est en demi-teinte : pour réussir, il faut systématiquement emprunter des chemins peu recommandables et arnaquer son prochain. Voilà donc un conte bien ancré dans la réalité.

Une fois le livre refermé, je suis demeuré frustré par le fait qu’on ne sait pas vraiment qui est ce fameux Egon Ratablavasky et quelles sont ses motivations profondes. Le voile n’est jamais levé sur le mystère…

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