American Psycho, Bret Easton Ellis

Après la lecture de Glamorama il y a 5 ans, j’étais resté sur l’idée que l’œuvre de Bret Easton Ellis n’était pas faite pour moi. Or je n’aime pas rester sur une mauvaise impression avec un auteur. D’où un nouveau contact avec cet auteur américain à travers American Psycho. Je savais à quoi m’attendre puisque j’avais déjà vu le film du même titre avec Christian Bale.

American Psycho

Le personnage central d’American Psycho s’appelle Patrick Bateman. C’est un riche héritier âgé de 27 ans qui travaille dans la finance à New-York. On ne sait pas exactement ce qu’il fait, on devine qu’il gère un portefeuille de fonds d’investissement. Patrick Bateman évolue dans un microcosme de collègues et de confrères : ils mangent dans les mêmes restaurants haut de gamme, ils fréquentent les mêmes clubs de sport et les mêmes boîtes de nuit élitistes. Ils partagent également les mêmes dealers de coke et les mêmes petites amies. Patrick Bateman et ses amis ont des personnalités interchangeables. Il arrive d’ailleurs que des connaissances s’adressent à lui sous le nom de Marcus Halberstram. Donc, on le confond mais peu importe, les relations sociales restent les mêmes, superficielles, le nom n’est que secondaire.
Au fur et à mesure du récit, on comprend que Patrick Bateman possède une deuxième personnalité plus sombre sous son vernis social. Il aime les cassettes vidéo de films violents et il éprouve une haine envers les pauvres, les femmes, les homosexuels et même les animaux. Cette haine se matérialise par des actes violents : relations sado-maso, torture, meurtres, viols, cannibalisme…

De par son contenu violent et pornographique, American Psycho est à ne pas mettre entre toutes les mains. Les descriptions sont très factuelles et sans émotion. Elles alternent toujours avec la description de la vie monotone du Patrick Bateman sociable et empathique. Ce personnage se révèle aussi ultra spécialiste, voire monomaniaque. Ainsi sont décrites par le menu détail les discographies respectives d’artistes pop tels que Phil Collins, Whitney Houston et Huey Lewis. Les moments de violence extrême sont d’autant plus surprenants dans une existence paisible, limite fade. Avec American Psycho, Bret Easton Ellis offre une critique de la société de consommation et son matérialisme sans relief. Patrick Bateman explose pour se libérer de sa condition de « gentil » consommateur superficiel accumulant les biens sans y penser. Le doute sera quand même permis puisque certains indices laissent à penser que ce que nous raconte Patrick Bateman n’est pas tout à fait vrai et qu’il s’agit peut-être de fantasmes ou d’épisodes délirants.

American Psycho est un roman que j’ai plus apprécié que Glamorama. La raison réside notamment dans le fait que suite à la publication de mon billet sur Glamorama, bon nombre de lecteurs m’ont laissé des commentaires pour m’éclairer sur l’univers de Bret Easton Ellis et sur son style si particulier. Après coup, je me dis qu’il me manquait des clefs de lecture importantes pour apprécier cet auteur.