Apocalypse bébé, Virginie Despentes

Il s’agit pour moi d’un premier contact avec Virginie Despentes via Apocalypse bébé, un roman paru en 2010. Il a obtenu le prix Renaudot la même année.

Apocalypse bébé - Virginie Despentes

Valentine est une adolescente qui vient de disparaître. Lucie, une détective privée pas très dégourdie, mène l’enquête. Alors qu’elle a bien du mal à débuter ses investigations, elle fait appel à la Hyène, une lesbienne bien connue dans le milieu des privés. Rompue aux méthodes peu orthodoxes, elle remet Lucie sur les bons rails. Leur enquête les conduira de Paris à Barcelone.

Apocalypse Bébé est construit d’une manière originale qui donne du rythme au roman. Les chapitres à la première personne du point de vue de Lucie alternent avec d’autres chapitres offrant le point de vue des autres personnages du roman. Ce polar lesbien tire dans tous les sens : le Paris bourgeois, le monde de l’édition, la famille traditionnelle… L’histoire elle-même n’est que le prétexte à une critique de notre société. L’enquête est plutôt rapidement menée et comporte quelques rebondissements jusqu’à montrer l’histoire familiale compliquée de Valentine. L’ensemble se lit bien.

J’avais une image trash de l’écriture de Virginie Despentes, la faute à quelques articles lus ici et là. Mais si je me limite à Apocalypse bébé, point de trash. Il y a bien quelques provocations comme la description de scènes de sexe, y compris entre lesbiennes, un mode de vie alternatif à Barcelone, de la violence mais il n’y a vraiment pas de quoi choquer le lecteur lambda. Quant à la question de savoir si le prix Renaudot est mérité, je veux bien croire que le cru 2010 des romans français était pauvre.

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L’effet des prix littéraires sur les ventes de livres

Dans quelle mesure un prix littéraire fait vendre plus de livres ? Une question d’actualité alors que le prix Goncourt 2011 vient d’être attribué à L’art français de la guerre, le roman d’Alexis Jenni.

Pierre Assouline reprend sur son blogue les chiffres d’une étude GfK (pdf) qui donne l’effet des différents prix littéraires sur les ventes de livres. Voici le nombre moyen d’exemplaires vendus entre 2005 et 2010 par prix littéraire :

  • Goncourt : 400 000 exemplaires
  • Renaudot : 198 000 exemplaires
  • Femina : 156 000 exemplaires
  • Goncourt des Lycéens : 132 000 exemplaires
  • Prix des lectrices de Elle : 126 000 exemplaires
  • Prix des Maisons de la presse : 87 000 exemplaires
  • Interallié : 81 000 exemplaires
  • Prix FNAC : 75 000 exemplaires
  • Prix des libraires : 60 000 exemplaires (265 000 avec l’élegance du hérisson, prix des librairies 2007)
  • Médicis : 55 000 exemplaires
  • Prix du livre Inter : 55 000 exemplaires

 

Le Goncourt demeure donc le « meilleur » prix en termes d’exemplaires vendus. C’est le prix qui a l’effet multiplicateur le plus important sur les ventes. Ainsi en 2010, il s’est vendu 9 fois plus d’exemplaires de La carte et le territoire par semaine une fois que le prix Goncourt a été attribué à ce roman de Michel Houellebecq. A titre de comparaison, le Renaudot a eu un effet multiplicateur de 7 pour Apocalypse Bébé de Virginie Despentes toujours en 2010. Vient ensuite le Femina qui a eu pour effet de multiplier par 6 les ventes hebdomadaires de La vie est brève de Patrick Lapeyre l’année dernière.

L’étude de GfK chiffre aussi la rentrée littéraire : l’édition 2011 a vu la publication de 704 titres par 231 éditeurs. Si le nombre de titres publiés est en légère baisse par rapport aux rentrées littéraires 2009 et 2010 (767 et 741 titres respectivement), le nombre d’éditeurs n’a lui jamais été aussi élevé depuis 2005. Faut-il y voir un dynamisme croissant du monde de l’édition ? A méditer alors qu’on nous prédit la mort du livre papier sous la pression du livre électronique…

La rentrée littéraire pèse toujours plus lourd dans le chiffre d’affaires de la fiction moderne : 20% en 2010. Mais il s’agit d’un petit phénomène quand on prend l’ensemble du chiffre d’affaires du livre en France : 2,5% des ventes proviennent de la rentrée littéraire. Bref, au risque d’enfoncer une porte ouverte, la rentrée littéraire reste avant tout un phénomène pour amateurs de littérature.

Et vous, qu’avez-vous lu de cette fameuse rentrée littéraire cette année ? Et prévoyez-vous de lire l’un ou l’autre des récipiendaires d’un prix littéraire ?