Traine pas trop sous la pluie, Richard Bohringer

Après Bernard Giraudeau et Cher amour, je m’intéresse aux écrits d’un autre acteur français : Richard Bohringer qui propose avec Traine pas trop sous la pluie un récit autofictionnel.

Hospitalisé, le narrateur vit un délire fiévreux qui l’amène à tenir des propos décousus et à halluciner. Se mêlent à ces hallucinations le personnel soignant, ses visiteurs et un mystérieux personnage nommé Grand Singe. Le narrateur aime cette fièvre qui le fait délirer et le renvoie à plusieurs voyages de son passé en Afrique et en Amérique du Sud. Il se remémore les rencontres faites lors de ces voyages avec des gens attachants mais aussi ses rencontres en France avec quelques grands noms du monde du spectacle : à commencer par Bernard Giraudeau mais aussi Roland Blanche, Mano Solo ou encore Jean Carmet et Jacques Villeret. Son hospitalisation est aussi l’occasion pour le personnage principal de revenir sur certains épisodes de son enfance et sur ses relations avec ses parents.

Porté par un texte riche en sincérité et en humanisme mais aussi marqué par la grande gueule du narrateur, Traîne pas trop sous la pluie correspond à l’image que je le faisais de Richard Bohringer le personnage public. Homme d’excès, abîmé par la vie, il possède une âme juste et un grand cœur. Ce court roman m’a toutefois demande un certain effort : j’ai dû accepter le style décousu de l’auteur pour mieux m’imprégner de la poésie du texte. C’est un renoncement nécessaire pour apprécier cette lecture mais qui pourrait refroidir les adeptes de textes plus linéaires.

Mets le au 3, Louis-José Houde et Annie Langlois

Les achats impulsifs à la librairie ne sont pas toujours les meilleurs. Il en est ainsi une fois encore. J’aime bien l’humoriste québécois Louis-José Houde. C’est un hyperactif verbomoteur qui part dans des délires incroyables. Ça m’intéressait de voir ce qu’il pouvait bien mettre par écrit.
Pour ceux qui se demandent ce que le titre du livre signifie, c’est une phrase qui est reprise de son spectacle : « mets le au 3 » veut dire « mets la télé sur la chaîne numéro 3 ». Malgré cette explication, le titre n’en est pas plus clair je trouve… C’est sans doute juste un clin d’œil au spectacle.

La première partie du livre reprend le texte de son spectacle. Ça aurait pu être sympa à lire. Sauf qu’entre le moment où j’ai acheté le livre et celui où je l’ai lu, j’ai regardé le spectacle en question. Du coup j’ai sauté le premier tiers du livre parce que ça ne me disait rien de relire des choses que j’avais entendues il y a quelques semaines à peine.

Dans la deuxième partie, Louis-José Houde liste des petites phrases percutantes qui n’ont pas trouvé leur place dans le spectacle.
J’ai trouvé que la troisième partie était la plus agréable à lire. Il s’agit d’une reprise des chroniques que l’humoriste a écrites dans le journal La Presse entre 2003 et 2006. Même si j’en avais déjà lu quelques-unes, c’est un plaisir de se retrouver plongé dans l’univers loufoque de Louis-José Houde. Il a un véritable talent pour remarquer les petites choses de la vie et partir sur un délire. Le format des chroniques l’amène à développer un peu plus ses réflexions et c’est bien mieux à lire que les petites phrases de la deuxième partie.

Mais si je résume, le livre est quand même très pauvre en contenu. Il n’a pas du être trop compliqué à produire en reprenant du matériel qui existait déjà par-ci par-là. Ça devait être tentant de publier ce livre en capitalisant sur le nom d’un humoriste connu comme Louis-José Houde. Au final, j’ai la désagréable impression de m’être fait avoir en achetant un livre vaguement divertissant. Réservé aux vrais fans.

L’avis de Karine.