Contre-jour, Thomas Pynchon

J’étais assez impatient de me frotter à Thomas Pynchon, d’autant que j’ai apprécié de lire des romans d’auteurs américains contemporains comme Saul Bellow et Don DeLillo (voir la liste des lectures de ce blogue). Mais ça aura été un rendez-vous manqué avec Thomas Pynchon car je n’ai pas pu finir Contre-jour, le dernier ouvrage qu’il a publié à date. Je me suis rendu à la moitié de ce livre très dense qui compte 1200 pages.

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Le livre débute à la fin du dix neuvième siècle pendant l’exposition universelle de Chicago. Plusieurs des très nombreux personnages du livre sont alors présentés. L’action se déplace ensuite dans le Colorado où le lecteur fait la connaissance de la famille Traverse. D’abord Webb le père qui travaille dans les mines mais qui à ses heures perdues manie l’explosif contre les patrons de mines. Sur fond de conflits sociaux violents, d’anarchisme et d’exploitation des ouvriers, on est plongé dans un Far West coloré. Webb sera assassiné, sa fille unique épousera son meurtrier, un de ses fils va chercher à le venger, accompagné d’un cadet pas plus motivé que ça à restaurer l’honneur de la famille. Le petit dernier deviendra lui le protégé du riche industriel qui a commandité l’assassinat de son père.
Contre-jour est la description d’une époque où tout était possible, où les sociétés américaine et européenne étaient en pleine construction. Thomas Pynchon signe une chronique de la fondation de notre ère moderne. Le récit emprunte parfois à Jules Verne, en particulier dans les passages consacrés aux Casse-cous, une bande d’aéronautes employés à de dangereuses missions par de mystérieux commanditaires. Thomas Pynchon fait aussi tourner le récit autour de la science, enfin les branches de la science un peu mystiques, entre scientisme et sciences occultes. L’époque est clairement à la recherche de sens que ce soit au niveau scientifique ou au niveau social.

Décrit comme ça, Contre-jour semble en effet un roman intéressant. Mais je ne sais pas si je n’accroche pas avec le style de Pynchon ou si j’ai été un peu fainéant sur ce coup là. Toujours est-il que le livre m’est apparu touffu et dense. De fait difficile à suivre. J’ai mis du temps à comprendre qui étaient les personnages principaux du roman. Le récit n’est pas toujours facile à lire. Je ne sais pas si c’est à cause des nombreux récits parallèles ou de l’ambiance très scientifique mais je n’ai pas eu énormément de plaisir avec cette lecture. J’ai eu l’impression d’un patchwork de récits, comme si Pynchon avait voulu écrire plusieurs romans en an. Peut être pour retranscrire le fourmillement des idées de la fin du 19ième siècle et du début du 20ième. Dans une certaine mesure, Contre-jour est un miroir du début de notre 21e siècle riche en fanatisme religieux, en actes terroristes et où les avancées scientifiques posent de nombreuses questions morales.

Bref, ce premier contact avec Thomas Pynchon n’est pas une réussite. Quel est votre avis sur Contre-jour ? Et plus généralement sur Thomas Pynchon ?

1etoile

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Herzog, Saul Bellow

Je me suis plongé récemment dans la lecture d’un auteur que je ne connaissais pas, Saul Bellow. En fait, je me suis intéressé à lui suite à un commentaire sur internet où Saul Bellow était présenté comme un des grands de la littérature américaine contemporaine aux côtés de Don DeLillo et de Thomas Pynchon. La différence avec ces deux là est que Bellow est mort. Mais aussi qu’il a obtenu le prix Nobel de littérature (1976). Autre point original, Saul Bellow est américain mais il est né et a vécu à Montréal jusqu’à l’âge de 9 ans.

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Herzog est livre publié en 1964. Il raconte l’histoire de Moses Herzog, un homme de 47 ans qui vient de se faire quitter par Madeleine, sa deuxième épouse, qui se met en ménage avec son amant, le meilleur ami de Herzog. Doublement trahi, Moses se retrouve dans un état dépressif. Toujours en déplacement, il va ressasser les souvenirs de son mariage, revenir sur les épisodes marquants de sa jeunesse et parler de son projet de livre qui n’a pas vu le jour. Il écrit des lettres qu’il n’enverra pas à ses proches, à des gens célèbres et même à des personnes décédées. Cette manie finira par avoir des vertus thérapeutiques puisque Moses Herzog retrouve une certaine sérénité à la fin du roman.

Herzog est le récit d’un homme en crise, en manque de repères qui va d’échec en échec. Il traverse une grande période de doute où les moments de joie ne durent pas. Il se dévalorise comme universitaire, comme père et comme homme. Il apprend à se reconstruire petit à petit. Curieusement, c’est un personnage pour qui je n’ai pas éprouvé de sympathie au départ car je le trouvais un peu geignard. Mais au fur et à mesure, je me suis attaché à lui. J’ai trouvé son cheminement intéressant.

Attention, ne lisez Herzog pas si vous aimez les livres d’action. C’est un voyage intérieur et certains passages sont d’ordre philosophique (qui écrit des lettres à Spinoza et à Nietzsche ?). C’est une réflexion sur le parcours d’un homme en quête d’identité après un divorce et sa séparation avec ses enfants. À bien des égards, les thèmes abordés dans Herzog sont toujours très pertinents.

5 étoiles