Septentrion, Louis Calaferte

Je ne sais plus comment ce livre s’est retrouvé dans ma liste des livres à lire. Je pense l’avoir vu commenté de manière positive sur un blog de lecture il y a quelques mois. Bref j’ai mis la main sur Septentrion de Louis Calaferte et je l’ai lu.

Comment parler de ce roman de manière juste ? Si je dois faire simple, je dirais que c’est un récit d’inspiration autobiographique détaillant les affres de la création chez un jeune écrivain en devenir.

Mais ce serait trop neutre. Limite insipide étant donné la tonalité du texte de Louis Calaferte. Disons que c’est un livre qui ne peut laisser personne indifférent. D’ailleurs il a été censuré dans les années 60. Enfin plutôt autorisé à paraître uniquement en édition « hors commerce », ce qui revient à limiter sa diffusion. Bref à le censurer. Pourquoi une telle décision ? Sans doute parce que Septentrion est un récit affranchi de morale religieuse, sociale et sexuelle. C’est le texte d’un homme libre. Il est certain que le texte ferait réagir de nos jours également mais pas nécessairement pour les mêmes raisons. Certains propos pourraient être aujourd’hui taxés de machisme ou d’encouragement au harcèlement envers les femmes. Autres temps, autres moeurs. Autres sensibilités aussi.

Notre apprenti écrivain vit au jour le jour. Il se nourrit des grands auteurs et des grands peintres. Il débat avec sa bande d’amis. Il travaille vaguement à l’usine pour faire rentrer de quoi payer sa chambre d’hôtel et subsister. Malgré tout il est régulièrement fauché. C’est ainsi qu’on le verra gigolo, sans abri, parasite de ses amis…

L’intérêt de Septentrion réside pour moi avant tour dans le souffle du texte de Louis Calaferte. Oubliez Bukowski et Céline ! Vous avez là un auteur qui ne mégote pas avec le vulgaire des contingences humaines. Pas un fluide corporel ne vous sera épargné. Pas un bas désir ne vous sera caché. Les endroits les plus sombres de Paris vous serons révélés. Les cotés les plus vils de l’âme humaine vous serons exposés. Provocateur sans doute. Mais Louis Calaferte propose avec Septentrion une certaine poésie et une réflexion sans fards sur le processus créatif.

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Les nuits de San Francisco, Caryl Férey

Après Zulu que j’ai lu il y a quelques temps, Caryl Férey propose un roman très court intitulé Les nuits de San Francisco. Il fait partie de la collections Les nuits des éditions Arthaud.

Les Nuits De San Francisco - Caryl Ferey

Sam est un Indien du Dakota, descendant de ceux qui se sont fait massacrer à Wounded Knee par l’armée américaine. Lors de ses errances de sans-abri à San Francisco, il rencontre Jane, une jeune femme amputée d’une jambe qui a elle aussi un passé douloureux. Ils se racontent un peu leurs vies et partagent quelques heures nocturnes dans les rues de San Francisco.

Les nuits de San Francisco est le portrait de deux abîmés de la vie. Le roman se dévore en peu de temps, non seulement parce qu’il est court mais surtout parce qu’on a envie de savoir ce qui a conduit Sam et Jane là où ils sont aujourd’hui. En filigrane, c’est aussi l’histoire d’une Amérique entremêlée aux parcours individuels des personnages qui est délivrée de manière efficace par Caryl Férey.