La main d’Iman, Ryad Assani-Razaki

Dans le cadre de la Recrue du Mois, je me suis penché sur le cas du lauréat du prix Robert-Cliche 2011 : Ryad Assani-Razaki avec son premier roman La main d’Iman.

Ce roman à plusieurs voix relate le destin de Toumani, une jeune garçon qui est vendu par ses parents à une femme qui le place comme domestique dans des familles aisées. Insulté, battu et enfermé, Toumani vit un quotidien de misère jusqu’à ce qu’un certain Iman lui sauve la vie. Le lecteur est confronté à la dure réalité d’un pays musulman d’Afrique noire qui n’est jamais nommé.

Dans la main d’Iman, les points de vue de plusieurs personnages se répondent et chaque voix contribue au récit. Ils s’appellent Toumani, Alissa, Désiré, Hadja et Zainab. Au rythme d’un narrateur par chapitre, l’histoire de Toumani s’écrit selon le ressenti de chacun. Ce procédé insuffle un tempo à la narration. Très dynamique en début de roman du fait de la multiplicité des narrateurs, le mouvement s’essouffle vers la fin alors que deux personnages seulement se répondent. Sur le fond du récit, j’ai trouvé difficile la partie finale où Toumani, par manque de confiance en lui, se coupe de ses amis. Il est difficile de voir se dérouler sous nos yeux un engrenage inéluctable.

Ryad Assani-Razaki possède une écriture simple et limpide qui porte des thèmes forts et profonds. Les sujets abordés dans ce roman sont nombreux : esclavage, handicap, amitié, pauvreté, foi, amour, relations Nord Sud, délinquance et j’en oublie certainement. Mais ces sujets ont tous comme dénominateur commun cette Afrique Noire qui peine à se construire. Les anciens colons, autrefois maîtres du pays et aujourd’hui eldorado qui fait rêver la jeunesse africaine, demeurent la référence dont l’Afrique ne peut s’affranchir. Le constat fait par Ryad Assani-Razaki est très dur à lire quand on voit les conséquences sur les individus loin de nous, mais pourtant si proches dans leurs désirs.

Avec le choix de ce premier roman très réussi, le jury du prix Robert-Cliche a brillament su faire oublier les imbroglios de l’édition 2010.

Publicités