Une vie française, Jean-Paul Dubois

La vie est parfois une question de coïncidence. J’entends l’autre jour à la radio une capsule au cours de laquelle le chroniqueur (désolé j’ai oublié son nom) revenait sur les classiques de la littérature. Lors de l’émission que j’ai entendue, il incitait les auditeurs à relire Une vie française de Jean-Paul Dubois. Bien que publié en 2004 seulement, ce roman avait déjà pour le chroniqueur le statut de classique de la littérature française. Et cette coïncidence alors ? J’y viens. Ayant entendu cette chronique, je projette d’ajouter cette lecture à ma liste pour les vacances. Et vla t’y pas que j’avais déjà une vie française dans ma liseuse ! Destin, alignement des planètes, desseins d’un être suprême ? Aucune idée. Mais la vie est rudement bien faite parfois.

Paul Blick, le narrateur du roman, perd son grand frère alors qu’il était enfant. A partir de ce moment, sa vie ne sera plus la même. Il raconte l’histoire de sa vie en parallèle des septennats de la Ve République. De son adolescence entre le Général de Gaulle et Pompidou jusqu’à la cinquantaine sous Chirac, en passant par les années Miterrand où il vit ses années d’adulte, Paul Blick découvre la sexualité, tombe amoureux plusieurs fois, se marie, devient père au foyer, aide ses parents, se lance dans la photographie, se cherche… le tout sur fond de vie politique française et d’événements de société.

Une vie francaise ne pourrait etre mieux résumé que par son titre. Cette vie c’est celle de Paul Blick et la saga familiale qu’il raconte. C’est surtout l’histoire d’un homme souvent en décalage avec son époque et avec les préoccupations de ses proches. Ce qui m’a plu dans le livre de Jean-Paul Dubois, outre le fait que je l’ai lu très rapidement, signe d’un grand intérêt de ma part, est que ce roman est le récit d’une quête personnelle. Paul Blick, tout pétri de convictions qu’il est, hésite toujours sur la conduite à tenir. Une vie française est un éloge du doute, du questionnement personnel. Tout en sachant qu’il n’y a pas de bonnes réponses quand il s’agit de trajectoires humaines, tout au plus des conséquences plus ou moins assumées.

Paul Blick est-il un personnage sympathique ? Probablement oui. Ne serait-ce que parce que c’est lui qui raconte son histoire. Mais il n’est pas tout blanc. Saluons la justesse des personnages tels que décrits par Jean-Paul Dubois. Ce qui fait de lui un fin observateur de ses contemporains et de la socité française. Il a dû en effet se farcir un bon paquet de unes de journaux pour reconstituer sa vie française.

Une vie française est-elle un classique de la littérature française comme le laissait entendre ce chroniqueur de la radio ? Déjà le roman a plu puisqu’il a reçu le prix Femina en 2004. Et je pense que sa part d’universalité sur le questionnement de Paul Blick demeurera. Et ce même une fois qu’on aura oublié la marque Simca, Édith Cresson et l’affaire Méry. Entre autres.

Métronome, Lorànt Deutsch

Ayant toujours quelques métros de retard (ah ah !), je viens de terminer Métronome, un ouvrage écrit par l’acteur français Lorànt Deutsch qui, découverte pour moi, est un passionné d’Histoire. Ce livre a connu un gros succès il y a 2 ans et a depuis été proposé dans une version illustrée.

En résumé, l’auteur prend le prétexte de s’intéresser aux stations de métro parisiennes pour faire découvrir au lecteur l’Histoire de Paris et plus largement de l’Histoire de France. En effet, les destins de la France et de Paris sont depuis longtemps entremêlés. Tout commence avec les Gaulois qui ont été les premiers à s’établir sur les bords de la Seine. Mais il semblerait qu’ils se soient plutôt installés du côté de l’actuelle Nanterre que dans le centre de Paris. L’île de la Cité a commencé à jouer un rôle central sous l’Empire Romain. Rôle qui s’est poursuivi sous les Mérovingiens et les Carolingiens de manière différentes selon les rois : ainsi Noyon, Laon et Aix-la-Chapelle ont pu être préférées à Paris à certaines époques et au gré des souverains. Paris devient ensuite la véritable capitale du royaume français sous la férule des Capétiens. Ce rôle central se poursuivra sous la Révolution et les différentes Républiques jusqu’à nos jours.

L’Histoire de Paris est également indissociable du l’Histoire du Christianisme. Les cathédrales et églises constituent des témoignages durables de certains épisodes historiques. Mais il faut parfois se muer en enquêteur pour trouver des traces plus discrètes de l’Histoire. Ainsi Lorànt Deutsch convie le lecteur à découvrir les vestiges de l’Histoire parisienne. On le suit par exemple dans les rues de Paris à la recherche des vestiges du rempart construit à l’époque de Philippe-Auguste ou dans la cave d’un restaurant où se situerait le dernier cachot de la Bastille encore en état.

Métronome est aussi un hommage au peuple parisien qui a su à travers les âges survivre aux envahisseurs depuis le temps des invasions vikings et a fait montre d’un caractère bien trempé à travers les siècles. Les épisodes sanglants sont nombreux : guerres de religions, guerres d’influence entre différentes familles, rien n’a été épargné à Paris.
Si le livre est agréable à lire pour quelqu’un qui s’intéresse à l’Histoire, il devrait être encore plus intéressant pour quelqu’un qui connaît très bien Paris et qui situe les différents lieux mentionnés dans Métronome. Ma culture parisienne n’étant pas très approfondie, je me suis trouvé un peu bloqué quand certaines rues ou certains quartiers que je ne connais pas du tout sont cités. Malgré tout, la passion de Lorànt Deutsch est communicative dans ce livre qui se lit très bien.

Concernant la version illustrée que j’ai également eue entre les mains, elle est plus un complément de la version texte qu’un ouvrage indépendant. Je ne la recommande pas sans lecture préalable de la version originale de Métronome.