Si la tendance se maintient, Pierre-Marc Drouin

La mission de la recrue du mois est de faire connaître les premières œuvres littéraires du Québec. Quand un auteur ne rallie pas suffisamment de suffrages pour avoir le statut de recrue sur le site, il est lu par un seul chroniqueur dans le cadre du repêchage. C’est ainsi que j’ai lu le premier roman de Pierre-Marc Drouin : Si la tendance se maintient.

Si le Québec était une personne, à quoi ressemblerait-il ? D’après Pierre-Marc Drouin, à un jeune homme paumé, menteur, lâche, faible, dépressif entre autres épithètes.

Si la tendance se maintient (une phrase culte de l’animateur Bernard Derôme lors des soirées électorales) est construit de manière originale : il s’agit d’un parallèle entre l’histoire constitutionnelle du Québec et la vie d’un jeune homme de la génération Y. Le jeune homme va donc connaître sa grande noirceur, sa Révolution tranquille, sa crise d’octobre etc. Étant donné que je suis immigrant, certaines subtilités m’échappent encore : par exemple les accords du Lac Meech et de Charlottetown. (Pour ceux que ça inquiéterait, rassurez-vous je suis à jour sur la Révolution tranquille, les référendums, le scandale des commandites et la commission Bouchard-Taylor). Cela explique que certains parallèles ne m’ont pas vraiment parlé. Il s’agit donc d’une lecture pour ceux qui sont très au point sur l’Histoire politique du Québec moderne.

Si comme moi, on ne maîtrise pas toutes les références, la lecture demeure tout de même intéressante. En lisant le livre surtout en fonction des aventures du narrateur, il est impossible de rester indifférent au triste sort de celui-ci. Mais alors qu’on a envie de le plaindre au début du roman étant donné son statut de victime, on a envie de lui botter le derrière plus le roman avance. C’est un cheminement vraiment étrange qui s’opère au fur et à mesure. On ne peut pas aimer le narrateur, on a envie de lui dire de se tenir droit ! C’est un autre des aspects traité dans ce roman : la (prétendue ?) crise de l’homme québécois moderne. Loin d’être un modèle de mâle viril et assumé, il serait un éternel adolescent indécis et timoré avec la gente féminine. Le Québec et l’homme québécois auraient donc en commun de souffrir pour ne pas avoir encore choisi leur voie. Nous avons là affaire à un roman qui prend des allures d’essai. Je me garderais bien de donner un avis sur des sujets aussi sensibles. D’un point de vue strictement littéraire, l’idée de départ du roman est intéressante mais j’ai trouvé que la sauce était parfois étirée. Peut-être pour forcer certains parallèle entre le narrateur et le Québec. Le rythme percutant du début s’étiole et mon attention de lecteur n’a pas été suffisamment captée.

Dernier point : je pense que la postface du livre est inutile. Pierre-Marc Drouin y explique sa démarche et ses intentions. Or je pars du principe qu’un texte littéraire doit se suffire à lui-même. Si l’auteur croit que c’est nécessaire de donner des précisions sur ses motivations, cela signifie qu’il n’est pas sûr d’avoir accompli sa mission avec sa création.

Si la tendance se maintient est publié chez Québec Amérique.

Les maisons d’édition sur Facebook

Si comme moi vous aimez vous tenir au courant de l’actualité du livre et que vous voulez savoir ce que mijotent les éditeurs, vous suivez sans doute un certain nombre de maisons d’édition via Facebook. En effet, pas besoin de se connecter au site de chacun des éditeurs, je me connecte sur Facebook et je suis tenu au courant des nouveautés, des événements et autres informations que les éditeurs publient. Et en plus, je peux partager les nouvelles qui me plaisent avec mon réseau de contacts. Bref, bien plus qu’un outil pour rester en contact avec des amis, Facebook est aussi une source d’information. C’est un média à part entière.

Je me suis amusé à faire un point sur la présence sur Facebook des maisons d’éditions françaises et québécoises. Tour d’horizon des pages Facebook des éditeurs :

Côté France

Mise à jour : il y a aussi la page des éditions Zulma. Merci à Édith qui a mentionné l’existence de cette page sur Facebook.

Je mentionne aussi la page de Leezam, un éditeur et libraire numérique français. Ils ont lancé une application iphone (téléchargeable ici) qui comprend entre autres une agrégateur de blogues de lecture où vous pourrez retrouver les articles de ce blogue en compagnie des blogues le globe-lecteur, Luke’s blog et un moment pour lire.

Du côté du Québec, ça donne :

Mise à jour : la page des éditions les Six Brumes (merci à Richard l’ermite de Rigaud), les pages de la Courte Échelle, de la Montagne Secrète et Bayard Jeunesse Canada (merci à Julie). Et Transit Éditeur.

Il s’agit bien évidemment d’une liste qui pourra être complétée si vous connaissez d’autres éditeurs sur Facebook.

Que retenir de cet exercice ?

  1. Toutes les maisons d’édition n’ont pas embarqué sur la tendance Facebook. Et c’est bien dommage car ça permet de fidéliser un lectorat avide de nouvelles et d’obtenir une certaine visibilité auprès de gens socialement actifs. Il est certain que ça ne remplace pas la présence en librairie et une critique élogieuse dans une revue mais je suis persuadé que ça s’avère payant à terme même si ça demande un certain investissement.
  2. Le monde de l’édition du Québec est proportionnellement mieux représenté que son homologue français. Peut-être parce qu’une maison d’édition québécoise ne peut pas se reposer sur sa notoriété dans un marché où chaque exemplaire vendu compte. C’est pourquoi il faut aller chercher le lecteur là où il est. Oui oui, les gens qui sont sur Facebook lisent aussi des livres (je peux donner des noms).
  3. Facebook est un média égalisateur. Peu importe sa taille, un éditeur petit ou gros a les mêmes problématiques : il faut être actif pour recruter des lecteurs sur Facebook. Certains parlent de l’actualité de leurs auteurs et soulignent des événements auxquels ils participent (salons, dédicaces en librairie), des articles de presse les concernant. Certains proposent un contenu exclusif sur Facebook : une entrevue vidéo avec un auteur, concours etc. Bref tout ce qui est susceptible de retenir l’attention du lecteur.

Pour terminer, certaines maisons d’édition sont absentes de Facebook, mais ce n’est bien évidemment pas une raison pour ne pas s’intéresser à ce qu’elles font. Là aussi, voici une liste non exhaustive des sites internet des maisons d’éditions françaises et québécoises.

France

Québec

Sans compter celles que j’oublie…