Le postier, Charles Bukowski

Le Postier est le premier roman publié par Bukowski. J’ai retrouvé avec plaisir son style incomparable (voir Contes de la folie ordinaire et Pulp).

Henry Chinaski, véritable alter ego de Bukowski, est alcoolique, coureur de jupon, joueur et fainéant.  Il entre à la poste américaine comme remplaçant pour subvenir à ses besoins. Il tient le coup malgré les horaires de fou, le rythme débilitant qu’il faut tenir, les petits chefs pointilleux, la bureaucratie et les clients emmerdeurs. Malgré le peu d’entrain qu’il met à la tâche, il se voit proposer de devenir postier titulaire. Il alternera les postes entre préposé au tri et facteur dans un Los Angeles labyrinthique.

Fortement inspirée de la propre vie de Bukowski, le postier est une chronique de la vie de tous les jours du narrateur : des anecdotes drôles, des bons coups, des moments sordides, la misère de certains, le mépris des autres. C’est une plongée dans la Californie un peu déjantée des années 60, pas celle qui fait rêver mais celle des petits employés qui triment pour joindre les deux bouts. Ce livre est aussi le portrait d’un homme usé avant l’âge, plein de défauts mais entier. Comme Bukowski, Chinaski trouvera finalement un exutoire dans l’écriture.

Le postier est à lire pour ses dialogues percutants et pour la dose de réalité dérangeante mais nécessaire à laquelle Bukowski confronte le lecteur.

Publicités

Pulp, Charles Bukowski

C’est Pierre Foglia qui m’a donné envie de lire du Bukowski. Il en parle régulièrement avec passion dans ses chroniques du journal La Presse. Il y avait plusieurs livres de Bukowski à la librairie. J’en ai pris un au hasard. C’était Pulp. Et il s’avère qu’il s’agit du dernier roman publié par Bukowski avant sa mort en 1994.


Pulp
, c’est une histoire de détective qui se passe à Los Angeles. Un peu dans le style de Philip Marlowe, le détective de Raymond Chandler. A la différence près que Nick Belane est un anti-héros. C’est un vieux détective un peu paumé, à l’hygiène douteuse, alcoolo et obsédé assumé qui passe son temps à jouer aux courses. Il se voit confier une enquête par la Grande Faucheuse elle-même qui est à la recherche de Céline (Louis-Ferdinand). On lui demande également de retrouver le Moineau Écarlate, sans plus d’explications. Un autre client a recours à ses services pour se débarrasser d’une femme monstre de l’espace qui le harcèle. Et bien sûr comme tout détective qui se respecte il bosse sur le cas d’un mari qui pense que sa femme le trompe et qui veut prendre celle-ci en flagrant délit. Ce roman se veut une parodie un peu déjantée des histoires de détective. D’ailleurs l’auteur dédie son livre « A la littérature de gare », les pulps en anglais.

J’ai bien aimé ce livre. Ca se lit bien. Le style est vraiment particulier car on s’immisce dans les pensées et le quotidien de Belane. C’est crasseux, libidineux, imbibé d’alcool et les insultes fusent dans des dialogues percutants. En bref c’est du concret : quand Belane se gratte les couilles, c’est écrit comme ça dans le texte. J’ai tout de même un petit regret à propos de Pulp. C’est la traduction française qui emploie pas mal de mots de l’argot parisien. Ça ne colle pas toujours avec l’ambiance américaine. Mais globalement c’est du bon et ça m’a donné envie de lire d’autres romans de Bukowski. Mais pour le coup je les lirai en anglais.

Ma note : 4/5.

Bio de Charles Bukowski qui n’a rien à envier au héros de Pulp.

J’ai remis la main sur cette chronique de Foglia où il parle de ses lectures de l’année 2006. Ça donne une bonne idée du bonhomme.