Lune sanglante, James Ellroy

Ce livre m’a été offert par un collègue via un échange de cadeaux de Noël au bureau. Qu’il en soit remercié ! D’abord parce que j’avais James Ellroy sur ma liste des auteurs à découvrir et en plus parce que Lune sanglante est un très bon roman.

Lune sanglante James Ellroy

Lloyd Hopkins est un sergent au sein du LAPD, la police de Los Angeles. Il enquête sur le meurtre particulièrement violent d’une jeune femme. Suivant son intuition, Hopkins pense avoir découvert un tueur en série en activité depuis au moins 15 ans. Il se met sur sa piste contre l’avis de son supérieur hiérarchique.

Lune sanglante est un roman noir. Ce polar est déroulé de manière particulière. En effet la partie enquête à proprement parler du roman arrive tardivement dans le récit. Au départ, Lune sanglante prend des allures de chroniques du Los Angeles du début des années 80. On suit des personnages sans vraiment savoir au départ qui ils sont. Et contrairement à ce qu’on peut lire dans un polar de facture classique, le gentil policier qui enquête n’est pas tout blanc. En effet, il connaît son lot de troubles et il a une part d’ombre importante. Il a de nombreuses aventures extra-conjugales et il possède un sens de la justice particulier.

La lecture de Lune sanglante est haletante, je suis resté accroché sérieusement lors de ma lecture. Il faut avoir le cœur bien accroché dès le début tant le roman est violent et riches en tensions. Le récit alterne régulièrement le point de vue de l’enquêteur et celui du tueur, donnant ainsi l’envie de poursuivre la lecture. J’ai toutefois trouvé le final un peu décevant avec une confrontation un peu trop rapide entre le tueur et le policier. Qui plus est, la situation finale n’est pas véritablement claire. Le roman reste très bon et il me tarde de lire d’autres romans de James Ellroy, d’autant que Lloyd Hopkins est le héros de deux autres romans de cet auteur américain.

Apocalypse bébé, Virginie Despentes

Il s’agit pour moi d’un premier contact avec Virginie Despentes via Apocalypse bébé, un roman paru en 2010. Il a obtenu le prix Renaudot la même année.

Apocalypse bébé - Virginie Despentes

Valentine est une adolescente qui vient de disparaître. Lucie, une détective privée pas très dégourdie, mène l’enquête. Alors qu’elle a bien du mal à débuter ses investigations, elle fait appel à la Hyène, une lesbienne bien connue dans le milieu des privés. Rompue aux méthodes peu orthodoxes, elle remet Lucie sur les bons rails. Leur enquête les conduira de Paris à Barcelone.

Apocalypse Bébé est construit d’une manière originale qui donne du rythme au roman. Les chapitres à la première personne du point de vue de Lucie alternent avec d’autres chapitres offrant le point de vue des autres personnages du roman. Ce polar lesbien tire dans tous les sens : le Paris bourgeois, le monde de l’édition, la famille traditionnelle… L’histoire elle-même n’est que le prétexte à une critique de notre société. L’enquête est plutôt rapidement menée et comporte quelques rebondissements jusqu’à montrer l’histoire familiale compliquée de Valentine. L’ensemble se lit bien.

J’avais une image trash de l’écriture de Virginie Despentes, la faute à quelques articles lus ici et là. Mais si je me limite à Apocalypse bébé, point de trash. Il y a bien quelques provocations comme la description de scènes de sexe, y compris entre lesbiennes, un mode de vie alternatif à Barcelone, de la violence mais il n’y a vraiment pas de quoi choquer le lecteur lambda. Quant à la question de savoir si le prix Renaudot est mérité, je veux bien croire que le cru 2010 des romans français était pauvre.

La princesse des glaces, Camilla Läckberg

Ce roman suédois est sorti dans la foulée de la saga Millenium (voir ce que je disais à l’époque sur le tome 1, le tome 2 et le tome 3). Une manière de surfer sur la mode des polars scandinaves. Mais Camilla Läckberg n’est pas Stieg Larsson.

LA PRINCESSE DES GLACES - Camilla Lackberg

Le corps d’une femme est découvert une semaine après sa mort dans sa baignoire gelée, les poignets tranchés. Suicide ? Pas pour Erica, l’amie d’enfance de la victime. Erica est revenue dans la ville de son enfance suite au décès de ses parents. Elle décide d’enquêter, persuadée que son amie a été assassinée.

La princesse des glaces n’a que l’apparence du polar. Au fur et à mesure de ma lecture j’ai vu le récit glisser vers la chick lit. On est loin de Miss Marple, elle aussi écrivain et enquêtrice de talent. Mais là où Agatha Christie fait de son personnage une redoutable détective, Camilla Läckberg digresse sur la prise de poids de son personnage principal et sur ses doutes amoureux. Pire encore, ce n’est pas Erica qui découvre la vérité sur le meurtre de son ami, c’est Patrick, le policier qui devient son amoureux et dont on n’entend pas parler avant la moitié du roman qui vient boucler l’affaire tandis qu’Erica est reléguée au rôle d’amoureuse transie. C’est un glissement qui me paraît complètement rétrograde.

J’ai trouvé deux autres défauts majeurs à la princesse des glaces. Le premier d’entre eux est le changement constant de point de vue. Camilla Läckberg rebondit sans cesse d’un personnage à l’autre, en plein milieu d’un chapitre. Elle en ajoute de nouveaux en cours de route qu’elle décrit longuement sans qu’ils apportent quoi que ce soit au récit (par exemple les 3 collègues de Patrick). Sur la forme c’est loin d’être fluide. Par ailleurs, je n’aime pas les romans policiers où on apprend qu’un élément important dans l’enquête a été découvert par l’un des personnages sans que l’on sache de quoi il s’agit. Je préfère les enquêtes où on avance en même temps que le détective ou le policier et où on essaie de construire sa propre réponse. Ce qui n’est pas possible quand on nous tait les découvertes.

Vous aurez donc compris que j’ai été déçu par la princesse des glaces. C’est un roman policier tout juste honnête. Il y a toujours d’habitude dans les polars un moment où je suis tellement accro au récit que je suis complètement absorbé jusqu’à la fin de ma lecture. Dans le cas présent, je l’ai presque lu en dilettante, à la limite de l’indifférence.

L’ange gardien, Laurent Plouvier

L’ange gardien, le premier roman de Laurent Plouvier, m’a été prêté par une collègue qui a rencontré l’auteur récemment lors d’une séance de signature dans une librairie.

L'ange gardien - Laurent Plouvier

Alex, un jeune étudiant, aide un inconnu attaqué par des voyous. Il se lie d’amitié avec lui (il s’appelle Archie) et devient un proche de sa famille. Mais les voyous cherchent à se venger et un homme mystérieux est lui aussi à la recherche d’Archie.

L’ange gardien est un polar qui se lit avec intérêt. Il reprend les codes habituels du genre : un héros solide et serein avec ce qu’il faut de doutes (surtout en matière amoureuse), de belles voitures, de l’amitié, une jolie femme, des méchants prêts à tout et du suspense autour de l’identité de la personne qui veut du mal aux héros.

Alors bien sûr, L’ange gardien comporte quelques défauts typiques d’un premier roman : Laurent Plouvier se perd dans certains détails (sur le billard et la plongée, qu’on devine être des passions de l’auteur); il y a aussi ce faux malentendu qui fait un peu téléphoné. Mais j’ai pris du plaisir à cette lecture. J’ai eu envie d’en connaître le dénouement. Le roman aurait sans doute gagné à passer par le filtre d’un éditeur (sauf erreur, il s’agit d’une auto édition) pour être amélioré mais si je dois comparer avec une lecture récente, c’est un polar qui vaut bien Inéluctable de Patrick Sébastien.

Inéluctable, Patrick Sébastien

Comme moi, vous connaissez sans doute Patrick Sébastien l’animateur et l’interprète des sardines. Si vous êtes amateur de rugby, vous savez aussi qu’il a fait les belles heures du CA Brive Corrèze comme président. Mais il aura fallu que le Père Noël me dépose son roman Inéluctable sous le sapin pour que je fasse connaissance avec Patrick Sébastien l’auteur. Bon, j’avais repéré ce roman dans les librairies en m’interrogeant sur le potentiel livresque de Patrick Sébastien. Voilà l’occasion de me faire ma propre opinion.

Ineluctable Patrick Sebastien

Jo Simon est un tueur. Il le découvre lors d’une soirée où il cède à une pulsion meurtrière. Par la suite il se découvre carrément tueur en série. Jo mène alors lui-même l’enquête pour comprendre ce qui lui arrive et essayer de vivre heureux avec Rosa, son amoureuse de fraîche date. Il doit en même temps échapper aux enquêtes de la police.

Disons le tout de suite, nous n’avons pas avec Inéluctable un candidat au Goncourt. Patrick Sébastien sait qu’il écrit un roman de gare et je dois avouer qu’il maîtrise bien les codes du genre. Le postulat de départ est déjà original : nous suivons un serial killer malgré lui qui enquête sur son propre cas. C’est bien tordu au départ et ça continue de plus belle au fur et à mesure du roman jusqu’à la toute fin. Mention bien pour l’originalité de l’histoire. Je me suis surpris à enchaîner les chapitres les uns après les autres pour avoir le fin mot de cette histoire. Le suspense est bien manié par l’auteur. Toutefois, je m’interroge sur le fondement scientifique de ce qui pousse le personnage principal à devenir un tueur en série. La double chute est d’ailleurs un peu alambiquée mais ça fait partie des surprises du genre. Il ne faut pas bouder son plaisir. Au niveau du style, Patrick Sébastien brise un peu trop allègrement le quatrième mur sans que ce soit véritablement nécessaire. J’ai l’impression qu’il a parfois voulu faire du San-Antonio (une excellente école cela étant) en faisant passer un avis personnel sur quelques sujets de société mais sans que ça fasse mouche. Reste que je recommande Inéluctable pour un moment de lecture détente. Contrat rempli en ce qui me concerne.

Traces, Anna Raymonde Gazaille

la Recrue du mois

Anna Raymonde Gazaille est la recrue du mois de février avec un premier roman sobrement intitulé Traces.

Traces Anna Raymonde Gazaille

Plusieurs femmes fréquentant des sites de rencontres dédiés aux couguars sont assassinées selon un rituel bien précis. Une équipe d’enquêteurs du SPVM est mise sur le coup pour résoudre ces crimes. Outre les policiers qui travaillent sur cette enquête, le lecteur suit Laure Cléments, une femme qui vient de subir un curieux accident de la route, et un homme mystérieux surnommé le Gros qui passe son temps les yeux rivés sur ses écrans d’ordinateur.

Ce que je retiens tout d’abord de ce bon polar québécois est le souci d’exactitude qui anime Anna Raymonde Gazaille et qui transparaît tout au long du roman. Le processus d’enquête est en effet bien décrit. On sent l’intention de l’auteure de montrer le travail minutieux des enquêteurs. Par exemple, là où certains auteurs de polars peuvent ne pas s’embarrasser de certains détails, Anna Raymonde Gazaille souligne l’importance d’avoir un mandat en bonne et due forme. Par ailleurs, les enquêteurs font preuve de discernement et savent très bien qu’ils ne peuvent rien prouver uniquement avec des preuves circonstancielles. Indubitablement, le sujet a été travaillé pour rendre compte de la complexité d’une enquête. L’intrigue elle-même est bien ficelée. Le but n’est pas de savoir qui a commis le crime (car les indices pointent rapidement vers une personne en particulier) mais bien de savoir comment on obtient l’arrestation de cette personne hors de tout doute. Je note que Traces est un roman policier qui, sauf erreur, ne contient pas un seul coup de feu. Mais les amateurs du genre sont bien servis avec des meurtres sordides à souhait.

Dans ce roman, les personnages sont attachants et bien travaillés. Je me suis senti impliqué dans le quotidien des enquêteurs. Je me suis tout de même demandé si l’intrigue n’était pas parfois un peu diluée dans les éléments de vie personnelle des différents personnages. Je ne suis pas sûr qu’en tant que lecteur on gagne à savoir que Ling est homosexuelle ou que Steve Losier a des problèmes de couple. Ces deux personnages sont secondaires et ne méritent sans doute pas d’être aussi développés dans le récit. Sauf si les personnages du roman devaient devenir récurrents dans une série de livres ou pourquoi pas dans une série télévisée.

Le langage des personnages est un peu trop châtié pour un polar. Anna Raymonde Gazaille a fait le choix de ne pas aller dans le joual et les sacres. Mais des termes comme morigéner ou fruste sont un peu trop littéraires à mon goût pour un roman policier. De même, à un moment donné, une policière est dans sa voiture en surveillance devant le domicile d’un suspect et elle parle à sa collègue de son besoin d’uriner. Je l’aurais plus volontiers imaginée parler de son envie de pisser sans que ça fasse vulgaire. Il y a un décalage entre le vocabulaire des personnages et une enquête très réaliste dans ses détails.

Le dernier point qui me paraît important à la lecture de Traces est la passion d’Anna Raymonde Gazaille pour Montréal et le Québec en général. Elle prend soin de montrer différents visages de la région de Montréal et différents lieux du Québec. Traces se déroule sur une toile de fond qui est un hommage à la Belle Province.

Peur noire, Harlan Coben

D’Harlan Coben je n’avais lu que deux romans il y a quelques années. Tous deux présentaient la particularité de traiter d’une énigme à saveur paranormale mais qui s’expliquait très logiquement après enquête. Peur noire est différent car il met en vedette un personnage récurrent dans l’univers d’Harlan Coben : Myron Bolitar. Mais, constante dans l’univers de l’auteur américain, il est toujours question d’une enquête.

Myron Bolitar n’est ni inspecteur de police ni détective privé. C’est un ancien basketteur professionnel reconverti en agent de sportif qui se retrouve malgré lui à enquêter sur toutes sortes d’affaires. Dans Peur Noire, il essaie de retrouver un donneur de moelle osseuse anonyme. Ce donneur enregistré sur les listes de donneurs refuse de faire un don à une personne proche de Myron Bolitar. Rien n’est simple dans cette affaire où interviendront le FBI, une tueur en série et un journaliste de renom.

Avec Peur noire, j’ai retrouvé les principales qualités d’écrivain d’Harlan Coben : une écriture simple et fluide et un suspense savamment ménagé. À ceci s’ajoute une galerie de personnages qui, bien que parfois caricaturaux, contribuent à donner du relief et de l’humour à ce polar que j’ai trouvé divertissant. Il m’a changé de ma lecture précédente. Myron Bolitar est un personnage sympathique et je reviendrai volontiers vers une autre de ses aventures.

Une très petite surface, Nicolas Ancion

J’ai lu ce roman après avoir découvert sur le post-it littéraire de Nicolas Ancion le contexte dans lequel il a été écrit. Inspiré par la série 24, Nicolas Ancion a conçu et rédigé ce court roman en 24h et devant public à l’occasion de la Foire du Livre de Bruxelles il y a quelques semaines. Un clin d’œil voulu à Jack Bauer de la série 24. Art et performance ne seraient donc pas incompatibles.

Michel sort de prison et retrouve son fils Christian qui prend lui aussi le chemin de la délinquance. Après un braquage avorté dans une banque, le père et le fils se rabattent sur une grande surface et ce faisant se retrouvent au milieu d’un conflit social entre le personnel et la direction de la chaîne de supermarchés.

L’idée de ce polar est bonne et l’histoire est captivante. Nicolas Ancion possède un talent indéniable pour captiver le lecteur. J’ai bien aimé le volet critique sociale du roman. Comme quoi il est possible de faire passer un message même dans un roman petit format (85 pages).

J’ai tout de même un goût d’inachevé après la lecture de cette très petite surface. Certains personnages sont bien approfondis pour être sortis de l’histoire rapidement (je pense en particulier au commissaire avec qui le roman s’ouvre), c’est dommage. Les motifs du braquage ne sont pas très clairs : à un moment donné Michel veut éviter à son fils de tomber dans la délinquance comme lui et voilà que d’un coup, la seule solution qui s’offre à eux est de s’attaquer à une banque et à un supermarché. Et le flash-back qui sous-tend le dénouement m’a un peu perdu. Il arrive tôt et comme un cheveux sur la soupe. J’aurais donc aimé plus de matière autour de ce livre. Il est bien évident que ces reproches viennent du fait que l’auteur était prisonnier du format imposé.

Pour un premier contact avec Nicolas Ancion, ça demeure une bonne expérience. Ça me donne envie de faire connaissance avec les autres livres de Nicolas Ancion. Histoire de voir ce que ça donne quand il prend plus de 24 heures pour écrire roman.

Vous pouvez télécharger gratuitement le pdf du roman sur le blogue de Nicolas Ancion.

Le poulpe : la petite écuyère a cafté, Jean-Bernard Pouy

Le poulpe est un personnage littéraire intéressant. Il a été créé en 1995 par Jean Bernard Pouy et poursuit sa vie sous la plume de différents auteurs. La série compte aujourd’hui plus de 100 romans, la plupart écrits par des personnes différentes. Le présent titre, la petite écuyère a cafté, est le premier de la série.

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Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe à cause de ses longs bras, n’est ni flic ni détective privé. Juste un citoyen qui prend connaissance des faits divers louches dans les journaux et qui décide d’enquêter pour découvrir la vérité. Le suicide de deux adolescents de Dieppe qui se sont jetés sous un train a fait tiquer le Poulpe. Le détail qui lui a mis la puce à l’oreille est le fait que les suicidés étaient menottés aux rails et que les menottes étaient elles-mêmes fixées aux rails avec un antivol de vélo dont la clé a été retrouvée dans leur estomac. Un peu compliqué pour des personnes décidées à mourir. Gabriel Lecouvreur se dirige donc vers Dieppe avec la ferme intention de comprendre ce qui s’est passé.

Ce roman appartient bien sûr à la catégorie du polar. C’est du pur roman de gare avec ce qu’il faut d’argot et de références franco-françaises (tel ce client au bistro qui boit un 102). L’ambiance du roman est sombre, il y a de l’alcool, un peu de sexe et des magouilles à gogo. Même si le livre se lit bien, difficile de l’apprécier alors que je n’ai pas cru au personnage. Entendons-nous bien, le personnage du Poulpe est sympathique et ce n’est pas une caricature. Mais je ne crois pas au fait qu’une personne qui ne soit ni de la police ni enquêteur professionnel ait envie de se lancer dans pareilles péripéties et puisse résoudre une affaire là où les autorités ont échoué. Et ceci même s’il est débrouillard, qu’il a de la répartie et qu’il dispose d’identités multiples pour servir sa cause.
Bref, c’est vraiment un roman pour passer le temps. La lecture est facile et agréable. Il ne faut pas avoir trop d’attentes.

2 étoiles

La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, Stieg Larsson

Après les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Stieg Larsson nous revient avec un autre titre long et mystérieux pour le tome 2 de Millénium. Cette série à succès n’a plus besoin de présentation, je vais faire ça court.

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Lisbeth Salander vole carrément la vedette à Mikael Blomkvist dans ce tome 2. La fille qui rêve d’un bidon d’essence et d’une allumette, c’est elle. C’est aussi elle qui est le personnage central de l’histoire. Elle devient l’ennemie publique numéro 1 du Royaume de Suède suite à plusieurs assassinats. La police et les médias dirigent leurs soupçons contre elle. Lisbeth Salander est-elle une lesbienne satanique et psychotique ou une victime d’enquêteurs et de journalistes peu scrupuleux ? Mais heureusement, le journaliste Mikael Blomkvist la croit innocente et va tout mettre en œuvre pour découvrir la vérité et pour aider celle à qui il doit la vie.

Cette histoire de triple meurtre est plus complexe qu’il n’y paraît. Après avoir bien posé le décor, l’auteur nous dévoile petit à petit des éléments de la vie de la mystérieuse Lisbeth Salander. Et ce sont ces éléments qui vont permettre de comprendre la logique derrière les meurtres qui secouent Stockholm.

Je me permets un petit reproche à feu Stieg Larsson : que l’intrigue est longue à se mettre en place ! Mais ensuite tout va très vite. Mais jamais assez vite au goût du lecteur avide de réponse. C’est le genre de polar où je veux tout savoir tout de suite. L’auteur est expérimenté, nous entraîne sur des enquêtes annexes et vers des personnages secondaires. J’ai parfois eu l’impression de subir quelques digressions mais un peu comme dans la série des Harry Potter, tout prend son sens à la fin.
Autre petit reproche, les portraits de certains personnage secondaires sont trop long par rapport à leur importance dans l’histoire. Encore qu’ayant entamé la lecture du tome 3, je me dois de modérer ce reproche (je n’en dis pas plus !).

Bref, que du bon ! Encore une fois il faut avoir le cœur bien accroché pour passer au travers de certaines scènes. Mais on a vraiment affaire à un très bon polar. Il faudrait être vraiment difficile pour ne pas se laisser happer par Millénium.

5 étoiles