Volkswagen Blues, Jacques Poulin

Jacques Poulin est un auteur québécois qui m’a été recommandé à de nombreuses reprises. Et en particulier son livre intitulé Volkswagen Blues. Un passage par la bibliothèque et j’étais paré pour la lecture de ce roman québécois.

Volkswagen Blues

Volkwagen Blues est la chronique de la rencontre de deux personnes et de leur départ sur les routes canadiennes et américaines. Jack Waterman est un homme entre deux âges. Il voyage dans un bus Volkswagen (qu’on imagine bien être un modèle Westfalia, celui des hippies). Jack Waterman est son pseudonyme d’écrivain, on ne connaîtra jamais son vrai nom et le narrateur parle de lui en l’appelant l’Homme, tout simplement. Son acolyte est Pitsémine. C’est une jeune métisse, mi blanche mi montagnaise. Elle est surnommée la Grande Sauterelle à cause de ses longues jambes maigres. La rencontre entre les deux personnages a lieu à Gaspé alors que Pitsémine fait du stop (du pouce comme on dit au Québec) pour aller rencontrer sa mère qui travaille comme femme de ménage au musée de la ville. L’Homme est lui à la recherche de son frère Théo dont les dernières nouvelles remontent à quelques années sous la forme d’une carte postale mystérieuse envoyée de Gaspé.

Les deux voyageurs vont ainsi aller de ville en ville pour suivre la trace du frère de Jack. A chaque arrêt, ils mènent une petite enquête pour retrouver des indices du passage de Théo. Sur la route et au volant du bus Volkswagen, Pitsémine et l’Homme se racontent leurs vies, partagent des anecdotes, visitent des lieux historiques. L’Histoire est omniprésente tout au long de Volkswagen Blues. L’itinéraire emprunté est globalement le suivant : Gaspé, Québec, les Milles îles, Toronto, Détroit, Chicago, Saint-Louis. Ils suivront ensuite la piste de l’Oregon pour rejoindre San Francisco. C’est à peu de choses près le chemin qu’ont parcouru les explorateurs francophones d’abord (Jacques Cartier, Jolliet, Marquette et Cavelier de Lasalle pour en nommer quelques-uns) puis la route qu’ont suivie les pionniers américains jusqu’en Californie. Leur parcours symbolique de l’embouchure du fleuve Saint-Laurent jusqu’à l’Océan Pacifique en passant par les grands Lacs, le fleuve Mississipi, les Prairies et les Rocheuses sera l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’Histoire de l’Amérique (un sujet que j’ai déjà abordé ici et ). Les discussions entre l’Homme et la Grande Sauterelle apportent un éclairage particulier sur les relations des colons (Français, Anglais et Américains) avec les Indiens, une histoire qui s’est construite sur la violence.

Volkswagen Blues est une histoire sympathique. Le livre se lit très bien et est très accessible. Il offre au lecteur de faire un beau voyage en bonne compagnie. J’aurais aimé que les relations entre les deux protagonistes soient approfondies davantage. Volkswagen Blues n’est pas un chef d’œuvre mais demeure une belle histoire. Je ne ferme donc pas la porte à d’autres livres de Jacques Poulin.

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