Les chroniques d’une mère indigne, Caroline Allard

Avant de devenir auteur d’un livre, Mère Indigne a longtemps sévi sur internet. Comme le taxi Pierre-Léon, cette mère de famille québécoise a été contactée par une maison d’édition pour publier un livre sur la base de son blogue.

A une époque où les magazines spécialisés et les forums internet fourmillent de conseils pour les mères de familles, il n’y a plus de place pour l’imperfection. Impossible d’être une mère indigne avec le tsunami de conseils que reçoivent les parents. « Que nenni ! » de répondre Mère Indigne. L’indignité est le remède idéal au burn out qui attend irrémédiablement les parents qui s’efforcent d’être parfaits. Elle illustre son propos à l’aide de son quotidien de mère de deux enfants alias Fille Ainée et Bébé. Elle ne se gêne pas pour se moquer de sa progéniture et tourner en ridicule leurs petites manies agaçantes. Elle possède également une bonne dose d’auto-dérision, salvatrice pour éviter le surmenage et la dépression nerveuse. Elle est secondée par Père Indigne, Belge de son état, pour qui la déconne n’est pas un vain mot. Mère Indigne n’hésite pas non plus à se dévoiler et à mettre un peu de piquant avec des anecdotes sur la vie sexuelle des jeunes parents.

Comme pour Un taxi la nuit, j’ai été conquis par Mère Indigne (qui s’appelle en fait Caroline Allard). On a affaire à tout une galerie de personnages : sa famille, la fille des voisins, petite peste devant l’éternel et Jean-Louis l’ami de son mari. Ce livre est un antidote certain à la pression que peuvent se mettre les jeunes parents. On y voit notamment la différence d’attitude d’une mère entre son premier enfant, ô combien fragile, et le deuxième qui peut bien faire ses dents sur les vieilles sandales qui traînent dans l’entrée. La lecture des Chroniques d’un mère indigne saura provoquer les sourires du lecteur, voire des fous rires qui pourront étonner les autres voyageurs du métro (c’est du vécu). Voilà un livre très rafraîchissant.

Ma note : 5/5.

Mère Indigne a arrêté de publier sur son blogue mais l’intégralité de ses textes est toujours en ligne.

Et voilà le descriptif de son livre.

Un miracle en équilibre, Lucia Etxebarria

Écrit par l’écrivaine espagnole Lucía Etxebarría, un miracle en équilibre est le journal d’une mère dans les semaines qui suivent la naissance de sa fille. Elle lui explique l’histoire de sa famille ainsi que le cheminement personnel qui l’a amené à devenir mère. Le récit mélange des considérations générales sur la vie et des anecdotes tantôt amusantes tantôt graves.

Malgré un début difficile (une introduction un peu longue et des justifications laborieuses sur ce qui va suivre), ce livre est agréable à lire. On est plongé dans de multiples mondes à commencer par ceux de la grossesse et de la maternité. J’ai retrouvé avec plaisirs quelques situations propres à la grossesse ainsi que des moments de bonheur avec un nouveau né. On suit également l’histoire de la famille Agullo dans l’Espagne moderne avec des détails de la vie quotidienne sous le franquisme. Des moments difficiles pour une famille notoirement républicaine. La narratrice est une femme moderne : elle est à contre-courant des idées traditionalistes de sa famille, elle voyage, elle est indépendante, elle en arrache dans son travail, elle peut compter sur ses copines proches, elle s’analyse beaucoup, admet ses faiblesses et ne voit pas toujours ses qualités. Ce livre est une histoire de la femme : celle qui a été, la mère de la narratrice, celle qui est, la narratrice elle-même et celle qui sera, le petit bébé. Touchant, drôle et captivant, un miracle en équilibre vous fera passer un bon moment.

Ma note : 3/5.