Vol au-dessus d’un nid de coucou, Ken Kesey

Dans la série « j’ai pas vu le film mais j’ai lu le livre » (voir le facteur sonne toujours deux fois), je viens de terminer Vol au dessus d’un nid de coucou de l’auteur américain Ken Kesey.

Dans l’État de l’Oregon, un service psychiatrique fonctionne de manière routinière sous la férule de Miss Ratched, l’infirmière chef qui domine les patients et le personnel soignant. Jusqu’au jour où arrive un certain McMurphy, une grande gueule qui s’est fait passé pour fou afin d’échapper à la prison. Son arrivée et son style bousculent une machine bien huilée et une sourde confrontation va l’opposer à Miss Ratched.

Vol au-dessus d’un nid de coucou relate une véritable guerre psychologique où ni Miss Ratched ni McMurphy ne veulent céder un pouce de terrain à l’autre. J’étais un peu inquiet au moment de commencer ce livre : l’ambiance d’un hôpital psychiatrique n’avait rien pour me réjouir. Mais loin d’être sombre, ce roman est un hommage à la vie et à la liberté. Le personnage de McMurphy insuffle un élan de joie dans un milieu où tout est contrôlé. Par sa verve et ses airs goguenards, il est celui qui conteste l’autorité et l’arbitraire et il est celui qui va faire revivre les patients de l’asile. Et ces patients qui jouent le rôle de personnages secondaires viennent parfaitement soutenir l’intention de l’auteur : sont-ils des fous ou des inadaptés sociaux ? Le narrateur du roman est d’ailleurs un des pensionnaires de l’asile. Tout le monde croit à tort qu’il est sourd et muet mais il choisit simplement de ne pas communiquer. Quel intérêt de le faire dans un système où cela finit toujours par se retourner contre vous ? J’ai un peu moins aimé les moments de délire du narrateur, je ne suis jamais passionné par ce genre de scènes quel que soit l’auteur.

Voilà donc un livre qui se veut un hommage à la liberté dans son acception masculine disons : aller à la pêche, rigoler entre amis, boire de l’alcool, draguer les filles et surtout braver les interdits.

Même si je n’ai pas vu le film de Milos Forman, j’ai imaginé tout au long du roman le personnage de McMurphy sous les traits de Jack Nicholson. Ça cadrait vraiment bien avec le bonhomme.

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Le facteur sonne toujours deux fois, James M. Cain

Le facteur sonne toujours deux fois est un roman policier américain publié dans les années 30. Il a fait l’objet de deux adaptations au cinéma (1946 et 1981). C’est le premier roman publié par James M. Cain.

le facteur sonne toujours deux fois

Alors qu’il vagabonde de ville en ville, Frank Chambers se trouve un beau jour dans une gargote californienne tenue par Nick Papadakis dit le Grec. Ce dernier le prend sous son aile et lui offre un emploi de pompiste. Frank accepte et tombe sous le charme de Cora, la femme de Nick. Frank et Cora profitent des absences de Nick pour vivre une aventure passionnée. Il y a bien évidemment une personne de trop dans cette histoire et les deux amants vont essayer de se débarrasser du Grec sans que ça n’ait l’air d’un meurtre. Ils s’y prendront à deux reprises mais devront faire face à la justice.

Cette histoire courte (150 pages) est un mélange percutant de passion, de sexe et de violence. Retenez bien votre souffle dans la partie judiciaire de l’affaire, l’affrontement entre le procureur et l’avocat de Frank et Cora est de toute beauté et demande une certaine attention. Le récit est épuré : rien de trop, juste ce qu’il faut pour décrire les relations entre les personnages et les montagnes russes de leurs émotions. Les moments de tension sont très bien rendus au travers d’une narration du point de vue de Frank. Difficile de faire plus ramassé et plus efficace en termes de roman policier : le facteur sonne toujours deux fois est un modèle du genre.