Nos âmes la nuit, Kent Haruf

J’ai vu le nom de Kent Haruf passer sur plusieurs blogs dernièrement. Avec de bons commentaires. De quoi me donner envie de découvrir cet auteur américain que je ne connaissais pas. Mon choix s’est porté sur un de ses romans publié en français il y a quelques mois : Nos âmes la nuit.

Nos âmes la nuit, un livre de Kent Haruf

Addie, veuve de 70 ans, frappe à la porte de son voisin Louis, veuf lui aussi, pour lui proposer de temps en temps de passer une nuit avec elle. Cette proposition n’a rien de sexuel : certes partager un lit mais aussi et surtout bavarder et tromper la solitude qui les touche tous les deux. Voilà donc ces deux septuagénaires se fréquentant et se confiant, tout en bravant le « qu’en dira-t-on » dans la petite ville de Holt, Colorado.

Ce court roman (131 pages) riche en dialogues met le doigt sur le besoin de chaleur humaine et rappelle au lecteur que l’amour n’a pas d’âge. Addie et Louis échangent de nombreuses confidences sur l’oreiller et, alors qu’ils se racontent leurs vies respectives, les petits bonheurs comme les grands malheurs, une certaine tendresse se fait jour entre eux deux. J’ai trouvé le récit de Kent Haruf très émouvant, tout en sensibilité. Avec une telle entrée en matière, je ne l’ai pas lâché ce livre avant de savoir ce qu’il advenait des deux personnages.

Nos âmes la nuit touche de nombreux thèmes. Il y est question de liberté : deux personnes, mêmes si elles sont âgées et seules, peuvent-elles se fréquenter sans que leurs propres enfants ou de simples voisins n’y trouvent quelque chose à redire ? L’amour, évidemment, est central dans ce roman mais Kent Haruf s’intéresse aussi à la notion de couple en opposant la relation entre Addie et Louis à celle plus chaotique de Gene, le fils d’Addie, et de sa conjointe avec entre les deux un jeune enfant de 6 ans qui perd ses repères familiaux.

Le propos de Kent Haruf est très moderne. L’amour retrouvé d’un Roméo et d’une Juliette tout deux septuagénaires est représentatif de ce qui attend les sociétés occidentales où la population est vieillissante et non résignée à finir sa vie dans la solitude amoureuse.

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