Un monde mort comme la lune, Michel Jean

Je suis un petit cachottier car je ne vous ai pas encore parlé de la section repêchage de la Recrue du mois. Ces ouvrages sont ceux qui n’ont pas été retenus par la majorité des chroniqueurs mais qui ont tout de même suscité de l’intérêt auprès d’une ou plusieurs personnes. L’ouvrage n’est donc pas une recrue au sens strict mais le repêchage permet de mettre en avant d’autres nouveaux auteurs québécois. C’est dans ce cadre que je me suis intéressé à Un monde mort comme la lune écrit par le journaliste québécois Michel Jean.

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Jean-Nicholas Legendre est un reporter de la télévision québécoise qui est envoyé en Haïti pour réaliser un reportage sur le trafic de drogue qui transite entre la Colombie et l’Amérique du Nord via Haïti. Jean-Nicholas espère prouver que les autorités haïtiennes du plus haut niveau font plus que tolérer ce trafic, elles en sont les complices. Nous sommes au cœur d’un reportage ambitieux et risqué, du vrai journalisme d’investigation où le reporter alterne entre audace et prudence dans un pays qu’il ne connaît pas. L’intensité du travail de Jean-Nicholas culminera avec la diffusion de son reportage à la télévision québécoise. Mais le fait d’avoir révélé les relations entre le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide, les trafiquants de drogue et de violentes bandes armées va faire basculer la vie de Jean-Nicholas. Les représailles seront terribles.

J’ai lu ce roman presque d’une traite tellement l’auteur m’a accroché. D’abord en raison de ses qualités d’écrivain. Il est indéniable que Michel Jean est un auteur expérimenté même si c’est là son premier roman. Il a l’habitude d’écrire et j’ai peu de reproches à faire à son style, si ce n’est certaines répétitions dans la description du caractère de certains personnages et une coïncidence un peu grosse à un moment donné. J’ai par ailleurs été complètement happé par le rythme du roman, ça attaque fort avec une immersion dans le journalisme d’investigation et ça ne s’arrête jamais. J’ai aimé la tension présente tout au long de ce polar : la tension née de l’activité risquée du personnage principal, la tension sexuelle entre Jean-Nicholas et une prostituée haïtienne et enfin la tension qui le pousse à régler ses comptes.
Un monde mort comme la lune m’a aussi permis de faire connaissance avec un pays que je ne connaissais pas. Haïti est au cœur du roman. Je ne peux pas juger de l’exactitude des descriptions de Port-au-Prince, des conditions de vie en Haïti et des relations entre les Haïtiens d’Haïti et ceux de la diaspora mais le tout m’a semblé crédible.

Je recommande donc chaudement la lecture d’Un monde mort comme la lune. Ce livre constitue un excellent polar.

Vous pouvez aussi lire l’avis de ma collègue Venise.

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