Matamore n°29, Alain Farah

C’est le 15 aujourd’hui ! Et comme tous les mois, c’est le jour de La Recrue. Ce mois-ci, c’est Matamore n°29, premier roman d’Alain Farah.

Quel livre déroutant que ce Matamore n°29 ! Il m’a fallu un ou deux chapitres avant d’entrer dans l’univers d’Alain Farah. Mais une fois dedans, quel plaisir !

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Pas facile de résumer ce roman. C’est le récit d’un narrateur âgé de 29 ans qui relate quelques épisodes marquants de sa vie. Mais ce narrateur se met en scène : tantôt il est Alain G, tantôt l’agent Joseph Mariage. Au gré de ce récit souvent loufoque, on en apprendra un peu plus sur la mort de Kennedy, sur les origines du tennis, sur Ulysse de Joyce, sur les poissons et sur de nombreux autres sujets. Le lien entre tout ça, c’est la vie du narrateur.

Alain Farah détourne donc les règles de la narration pour offrir un texte rafraîchissant et intelligent. Les digressions sont nombreuses mais peut-on vraiment parler de digressions quand il n’y a pas de propos principal. La réalité et l’imaginaire s’entremêlent de même que le passé et le présent. Mais peu importe car loin d’être confus, le roman est solide et se tient d’un bout à l’autre. À tel point que j’ai eu du mal à le lâcher.

Alors bien sûr il ne s’agit pas d’un livre grand public. Mais le lecteur ouvert et amateur d’expériences littéraires nouvelles lira Matamore n°29 avec grand intérêt.

5 étoiles

Gens de Dublin, James Joyce

Il s’agit pour moi d’une première expérience avec James Joyce. Il a produit de nombreux ouvrages autrement plus considérables que celui-ci mais d’après ce que j’ai compris, Gens de Dublin est peut-être le plus accessible. Une bonne manière d’entrer dans le monde de cet écrivain. A noter que selon les éditions, il est intitulé Dublinois ou Gens de Dublin.

Gens de Dublin

À travers quinze nouvelles, James Joyce nous plonge dans le Dublin du début du XXème siècle. On y côtoie des gens d’origines sociales variées et de fortunes diverses qui ont pour point commun d’évoluer dans la capitale irlandaise. James Joyce décrit minutieusement le quotidien de ses personnages. Pas de jugement dans ses descriptions. On est là dans une écriture de type réaliste, qui rend compte d’actions et de dialogues. James Joyce aborde ainsi des thèmes variés comme la famille, les relations hommes/femmes, l’alcoolisme, la politique avec l’opposition entre nationalistes et loyalistes et la religion bien sûr avec la cohabitation plus ou moins cordiale entre catholiques et protestants. On suit les personnages dans leur travail et dans leurs loisirs. C’est une véritable galerie de portraits de ces gens de Dublin.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Au début de chaque texte, le lecteur se trouve rapidement pris dans un univers particulier. James Joyce possède une plume alerte et accrocheuse. De fait qu’à la fin de chaque nouvelle, j’avais envie de lire la suivante. La lecture de Gens de Dublin aura été un véritable plaisir.

À noter que Gens de Dublin n’est pas une carte postale de Dublin et de l’Irlande. Le livre est exempt des clichés qui viennent volontiers quand il est question de l’Irlande : trèfle, couleur verte, rouquins buveurs de Guinness et tout cette pseudo tradition qu’on nous ressort à la Saint-Patrick. On croise certes plusieurs hommes dans des pubs avec une bonne stout à la main mais on ne verse jamais dans le folklore outrancier.