10 ans de blog littéraire : les livres que vous avez lus (et vous avez bien fait)

Vous me pardonnerez ce raccourci mais je vais considérer que les articles les plus consultés de ce blog correspondent aux livres que vous avez lus. C’est une manière de revenir sur les articles qui ont eu le plus de succès au cours des dernières années. Voici donc un extrait subjectif des billets que vous, lecteurs, avez plébiscités ces 10 dernières années.

Meilleurs livres France

Les frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski : c’est un classique de la littérature mondiale, assez complexe et long. Mais étant donné que vous êtes courageux et avides de vous frotter à des romans ambitieux, vous avez lu ce livre.

L’éducation sentimentale de Gustave Flaubert : là aussi un classique, français celui-ci. Vous revenez toujours vers Flaubert. La littérature française du XIXe siècle a une place spéciale dans votre coeur et je vous comprends. De plus, vous assumez votre goût pour les anti-héros.

Le pape des escargots d’Henri Vincenot : je reconnais bien là votre curiosité pour les romans atypiques. Celui-ci traite de la beauté du terroir bourguignon et de la richesse de la langue française quand elle prend des accents de l’Auxois et du Morvan. Le tout mis en musique par le formidable conteur qu’est Henri Vincenot.

Volkswagen Blues de Jacques Poulin : vous avez des envies de voyage et de découvertes. C’est pourquoi vous avez aimé ce road novel québécois qui vous fait voyager à travers l’Amérique française, de l’Atlantique au Pacifique.

Le Survenant de Germaine Guèvremont : A lire évidemment. LE roman du terroir québécois avec une opposition entre tradition et modernité. Et un regard sur la vie rurale dans les rangs au Québec.

Une saison dans la vie d’Emmanuel de Marie-Claire Blais : un roman très dur sur la misère d’une époque pas si lointaine. Vous avez lu ce livre malgré l’impression de malaise qu’il procure parce que Marie-Claire Blais est une auteure majeure qui aura le prix Nobel de littérature un jour.

Comment faire l’amour à un nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière : le premier roman de Dany Laferrière. A lire pour découvrir le style décapant de celui qui est aujourd’hui membre de l’Académie Française.

Sans surprise, on retrouve avec ce top des lectures les grandes thématiques du blog : beaucoup de littérature québécoise et des classiques. A noter que je ne retrouve pas un pan important du contenu de ce blog : la littérature américaine… On aura l’occasion d’en reparler dans un prochain billet 🙂

Les nouveaux classiques de la littérature

Très bon dossier dans la presse de dimanche dernier. Il s’agit d’un article sur les nouveaux classiques de la littérature. Plusieurs personnalités se sont essayées à dresser une liste des ouvrages majeurs publiés après 1980. Plusieurs catégories sont proposées : littératures québécoise et étrangère, polars, philosophie, essais et biographie etc. Il est même question des livres de cuisine ! Si l’exercice est purement subjectif et n’a pas beaucoup de prétentions, il a le mérite de donner quelques pistes de lectures intéressantes.

J’ai lu quelques-uns des livres proposés :

Littérature étrangère
Le parfum de Patrick Süskind : lu il y a quelques années. Un excellent livre, très dérangeant.
Outremonde de Don DeLillo : le livre que je lis en ce moment et qui me tient éloigné de ce blogue. Un très grand livre. Une oeuvre majeure.
– Trilogie newyorkaise de Paul Auster : j’en parle ici.
– Truismes de Marie Darrieussecq : j’en parle ici.
– Trois jours chez ma mère de François Weyergans : j’en parle ici.
– Les particules élémentaires de Michel Houellebecq : lu il y a quelques années. M’avait fait une forte impression par son côté cru et direct. C’était mon premier livre de Houellebecq et je n’avais pas l’habitude de ses thèmes de prédilection. J’ai adoré.
– Le monde de Barney de Mordecai Richler : classé dans la catégorie littérature étrangère alors qu’il est québécois (le fait qu’il soit anglophone explique peut-être cette répudiation). J’en parle ici.
– L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera : excellent en tout point.

Littérature québécoise
– Volkswagen Blues de Jacques Poulin : j’en parle ici.
Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière : j’en parle ici.
Autobiographie de Marie Uguay : je crois qu’il s’agit du journal de Marie Uguay que j’ai lu il y a 3 ans. La (courte) vie de cette femme poète originaire de Ville Émard est riche en tourments, hésitations et malheurs. C’était une artiste très douée et la lecture de son journal m’avait pris par surprise et beaucoup touché. À relire volontiers.
Bande dessinée
– Paul de Michel Rabagliati : ma bd québécoise préférée. Très bon pour se familiariser avec l’histoire de Montréal et du Québec. Le personnage de Paul est très attachant.
– Calvin & Hobbes par Bill Watterson : génial, cynique et souvent méchant. J’adore.

A propos de la Presse, il me semble que les chroniques de Chantal Guy ont disparu de la section lectures. Dommage parce que j’aimais bien la lire.

Volkswagen Blues, Jacques Poulin

Jacques Poulin est un auteur québécois qui m’a été recommandé à de nombreuses reprises. Et en particulier son livre intitulé Volkswagen Blues. Un passage par la bibliothèque et j’étais paré pour la lecture de ce roman québécois.

Volkswagen Blues

Volkwagen Blues est la chronique de la rencontre de deux personnes et de leur départ sur les routes canadiennes et américaines. Jack Waterman est un homme entre deux âges. Il voyage dans un bus Volkswagen (qu’on imagine bien être un modèle Westfalia, celui des hippies). Jack Waterman est son pseudonyme d’écrivain, on ne connaîtra jamais son vrai nom et le narrateur parle de lui en l’appelant l’Homme, tout simplement. Son acolyte est Pitsémine. C’est une jeune métisse, mi blanche mi montagnaise. Elle est surnommée la Grande Sauterelle à cause de ses longues jambes maigres. La rencontre entre les deux personnages a lieu à Gaspé alors que Pitsémine fait du stop (du pouce comme on dit au Québec) pour aller rencontrer sa mère qui travaille comme femme de ménage au musée de la ville. L’Homme est lui à la recherche de son frère Théo dont les dernières nouvelles remontent à quelques années sous la forme d’une carte postale mystérieuse envoyée de Gaspé.

Les deux voyageurs vont ainsi aller de ville en ville pour suivre la trace du frère de Jack. A chaque arrêt, ils mènent une petite enquête pour retrouver des indices du passage de Théo. Sur la route et au volant du bus Volkswagen, Pitsémine et l’Homme se racontent leurs vies, partagent des anecdotes, visitent des lieux historiques. L’Histoire est omniprésente tout au long de Volkswagen Blues. L’itinéraire emprunté est globalement le suivant : Gaspé, Québec, les Milles îles, Toronto, Détroit, Chicago, Saint-Louis. Ils suivront ensuite la piste de l’Oregon pour rejoindre San Francisco. C’est à peu de choses près le chemin qu’ont parcouru les explorateurs francophones d’abord (Jacques Cartier, Jolliet, Marquette et Cavelier de Lasalle pour en nommer quelques-uns) puis la route qu’ont suivie les pionniers américains jusqu’en Californie. Leur parcours symbolique de l’embouchure du fleuve Saint-Laurent jusqu’à l’Océan Pacifique en passant par les grands Lacs, le fleuve Mississipi, les Prairies et les Rocheuses sera l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’Histoire de l’Amérique (un sujet que j’ai déjà abordé ici et ). Les discussions entre l’Homme et la Grande Sauterelle apportent un éclairage particulier sur les relations des colons (Français, Anglais et Américains) avec les Indiens, une histoire qui s’est construite sur la violence.

Volkswagen Blues est une histoire sympathique. Le livre se lit très bien et est très accessible. Il offre au lecteur de faire un beau voyage en bonne compagnie. J’aurais aimé que les relations entre les deux protagonistes soient approfondies davantage. Volkswagen Blues n’est pas un chef d’œuvre mais demeure une belle histoire. Je ne ferme donc pas la porte à d’autres livres de Jacques Poulin.