God’s Little Acre, Erskine Caldwell

Souvenez-vous ! J’ai lu Tobacco Road il y a déjà plusieurs années et j’étais sorti enthousiaste de cette lecture en me disant que je reviendrai vers l’écrivain américain Erskine Caldwell. Je viens de terminer God’s Little Acre, lu également en version originale.

L’action du roman se situe entre les Etats de la Géorgie et de la Caroline dans les années 30. Ty Ty Walden est un patriarche veuf dont l’obsession consiste à creuser la terre de sa ferme à la recherche d’or. Il a convaincu deux de ses fils de le suivre dans cette aventure un peu folle : Buck qui est mariée à la belle Griselda et Shaw qui est célibataire. Quand on lui parle d’un albinos qui a été aperçu dans les parages, Ty Ty décide d’aller l’enlever avec ses deux fils, persuadé que cet albinos a le pouvoir de l’aider à trouver l’or qu’il recherche. Ty Ty a également deux filles : Darling Jill, qui ne pense qu’à s’amuser et dont un des prétendants Pluto compte bien se faire élire comme shériff et Rosamond, qui elle a quitté la ferme pour vivre avec son mari Will, employé d’une usine textile en lock-out.

Vous l’avez compris, God’s Little Acre (Le petit arpent du Bon Dieu dans son adaptation cinématographique de 1958) est un roman un peu loufoque. Erskine Caldwell possède un grand sens de l’humour et se délecte de mettre en scène des personnages ridicules, hypocrites et fainéants. Il s’agit là d’un excellent exemple de comique de situation. En homme croyant du Sud des Etats-Unis, Ty Ty réserve une portion de son terrain à Dieu. Cette parcelle n’est jamais creusée à la recherche d’or. En théorie, tout ce qu’il y récolte est réservé à l’Eglise. Mais il déplace toujours cet arpent au gré de son humeur et il s’arrange toujours pour que cette parcelle soit en jachère et jamais exploitée. Ainsi il ne doit jamais rien à Dieu.

J’ai aussi pris plaisir à lire God’s Little Acre en version originale car la langue et les tournures de phrases typiques du Sud des Etats-Unis donnent une coloration particulière au récit. Erskine Caldwell se fait le témoin de son époque. Outre les qualités humoristiques du roman, j’ai beaucoup apprécié la chronique sociale proposée par l’auteur. L’exploitation des Noirs, les campagnes qui se vident pour aller fournir de la main d’oeuvre à l’industrie textile, les difficultés des exploitants agricoles, les conflits sociaux dans une usine textile, la pauvreté à la campagne et en ville, la question de l’ascension sociale : autant de sujets traités de manière très fine par Erskine Caldwell dans God’s Little Acre.

Vous n’avez encore jamais lu Erskine Caldwell ? Foncez !!!

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Shibumi, Trevanian

Je continue d’avancer dans la liste de mes lectures avec un roman de l’auteur américain Trevanian : Shibumi.

Tout commence dans les années 70 avec une opération de la CIA qui ne se passe pas comme prévu. Une des cibles parvient à s’échapper. La Mother Company, une organisation secrète qui dirige la CIA et qui supervise les intérêts du lobby du pétrole, dispose de moyens technologiques très avancés : Fat Boy une base de données informatique pour chaque personne vivant sur Terre. Cet outil permet de diriger l’enquête de la CIA vers un personnage mystérieux : Nicholaï Hel. Né en Chine de parents européens en 1925, il est élevé à la japonaise avant de tomber dans les griffes de la CIA. Ce qui lui ouvre une longue et fructueuse carrière de tueur à gages au service de différents gouvernements. Les compétences de Nicholaï Hel sont une menace pour les intérêts de la Mother Company s’il se décide à aider la personne qui a échappé à la CIA.

Présenté comme ça, vous avez entre les mains un super roman d’espionnage. C’est le cas mais Shibumi est bien plus que ça. L’essentiel du propos du roman est de décrire le parcours de Nicholaï Hel à travers de grands événements historiques du XXe siècle. Cette saga qui traverse les époques permet à Trevanian de brosser le portrait d’un homme unique qui oppose une culture japonaise fine et millénaire à une culture américaine rustre et changeante au rythme des intérêts commerciaux. Le Shibumi est emblématique de la culture japonaise puisqu’il s’agit de l’état de grâce qui peut être atteint par la beauté d’un objet. Une extase provoquée par une esthétique simple en somme.

Ecrit en suivant les étapes d’une partie de jeu de go, le roman donne aussi au lecteur l’occasion de découvrir la spéléologie, une activité prisée par Nicholaï Hel, et démontre l’amour de l’auteur pour le Pays Basque et ses habitants. Un territoire que Trevanian connaît bien car il y a vécu de nombreuses années. Pour ma part, j’ai complètement adhéré à ce roman même si je ne suis féru ni de spéléologie ni du Pays Basque. Bref, nombreuses sont les raisons de lire Shibumi. On peut y ajouter l’humour de l’auteur et le fait assez incroyable que ce roman publié en 1979 n’a pas pris une ride et qu’il a su anticiper le vaste système d’espionnage aujourd’hui rendu possible par l’informatique.

Retombées de sombrero, Richard Brautigan

Intelligent, original et passionnant. Voici les 3 qualités de Retombées de sombrero, court roman de l’auteur américain Richard Brautigan.

Retombees de sombrero Richard Brautigan

Pourquoi ce roman m’a-t-il plu ? Parce qu’il mêle de manière improbable deux récits : celui des conséquences d’une rupture amoureuse et celui de la découverte d’un sombrero dans une rue d’une petite ville américaine. Ce croisement inattendu est rendu possible par une mise en abyme. Richard Brautigan raconte d’un côté le désespoir d’un auteur comique quitté par sa conjointe et de l’autre côté ce qu’il advient des protagonistes du dernier texte de cet auteur une fois que son brouillon a été jeté à la corbeille. C’est ainsi que l’on croise dans ce roman une japonaise endormie, un chat qui ronronne, un maire hystérique, un gouverneur alcoolique et bien sûr un auteur dont la récente rupture amoureuse exacerbe les névroses.

Le roman alterne une subtilité remarquable dans les sentiments humains et une surenchère dans la violence. Le tout avec un humour noir grinçant à souhait. Chapeau (désolé) pour cette idée géniale de sombrero qui déclenche une série d’événements plus fous les uns que les autres. Il faut avoir un cerveau à la fois créatif et pervers pour accoucher d’une histoire pareille. Et surtout pour y accoler une rupture somme toute banale mais présentée sous un angle très fin. Je suis ressorti conquis par Retombée de sombrero, avec l’envie de lire de nouveau du Brautigan (après avoir déjà lu Tokyo-Montana Express).

Universel Coiffure, Caroline Allard

Après avoir signé deux tomes des Chroniques d’une mère indigne inspirés de sa vie de mère (tome 1 et tome 2), Caroline Allard se lance dans la fiction. Universel Coiffure est le nom d’un salon de coiffure dans le paisible village de Saint-Lin-Laurentides. Ce calme est rompu un beau jour par l’assassinat de Claudine, la propriétaire du salon, par deux hommes chauves vêtus d’un costume sombre. Sylvie, la stagiaire du salon, est ensuite enlevée par ces deux hommes mystérieux.

Universel Coiffure, Caroline Allard

Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler les rebondissements de ce roman qui tient à la fois du policier, de la science-fiction et de la critique de la société québécoise. Sachez tout de même que le cœur du roman est la question philosophique suivante : avoir une belle coiffure est-il un droit fondamental ? Évidemment on sait bien que ressortir de chez le coiffeur avec une belle coupe renforce l’estime de soi. À l’inverse, une coupe ratée et c’est la déprime ! Vous l’aurez compris, Caroline Allard conserve l’humour et le ton qui lui ont permis de rejoindre de nombreux lecteurs avec ses livres précédents. Ajoutez un soupçon de mystère et vous avez entre les mains un roman qui se dévore.

En plus de savoir manier un récit haletant, Caroline Allard est une excellente observatrice de la vie québécoise. Je retiens deux moments particulièrement savoureux. Le premier est traitement médiatique de toute l’affaire de l’enlèvement de l’employée du salon de coiffure. Une fois relâchée, cette otage se fait proposer des entrevues par tout ce que le Québec compte de média. Caroline Allard décortique l’angle choisi par chaque publication. La Presse, Le Devoir, La Semaine, Elle Québec et même Summum… sans oublier un Jean-Luc Mongrain grandiose dans son personnage d’indigné et de défenseur du gros bon sens. Le deuxième moment que j’ai apprécié est la commission d’enquête Bouchard-Taylor qui cherche à déterminer s’il convient de considérer une belle coiffure comme un droit fondamental. Petit rappel, la commission Bouchard-Taylor, la vraie, avait du démêler ce qui constituait un accommodement raisonnable au sein de la société québécoise. Une commission qui s’est vite transformée en grand n’importe quoi pour le plus grand bonheur des médias. Dans Universel Coiffure, la commission tombe elle aussi rapidement dans le n’importe quoi, cette fois-ci pour le plus grand bonheur du lecteur.

En dépit des côtés solides d’Universel Coiffure, j’ai trouvé que le roman peinait à trouver sa conclusion. J’ai commencé à décrocher avec le voyage éclair en Afrique de Sylvie, la protagoniste principale. Cela m’a paru hors sujet. A partir de là, les conclusions se sont multipliées, comme si Caroline Allard n’avait pas véritablement choisi de clore le roman sans conclure et reconclure sur tous les aspects du récit. Malgré cela, pas de quoi se priver d’un bon moment de lecture. Surtout que vous sera révélé le secret de la coiffure de Céline (oui, oui, LA Céline).

J’ai lu Universel Coiffure dans le cadre de la Recrue du Mois.

Un roman français, Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder est un écrivain qui ne laisse pas indifférent. Je l’avais aimé avec 99F mais il m’avait agacé avec Au secours pardon. Un roman français lui a valu le prix Renaudot en 2009. Et c’est totalement mérité selon moi. J’ai en effet trouvé ce livre brillant.

L’événement qui a déclenché l’écriture de ce roman est l’arrestation de Frédéric Beigbeder par la police. Il faut dire qu’il n’a pas été très malin (et il l’admet lui-même) de consommer de la cocaïne en pleine rue à Paris, sur le capot d’une voiture, au cours d’une soirée riche en abus. Cette arrestation s’est suivi par une garde à vue qui l’a fait réfléchir sur lui-même.

Dans ce roman autobiographique, il fait un point sur sa vie alors que de son propre aveu son adolescence vient de se terminer l’âge de 42 ans. Sa détention dans une cellule est un prétexte pour revenir sur son enfance. Une enfance dont il affirme n’avoir aucun souvenir mis à part une promenade sur une plage du Pays Basque en compagnie de son grand-père. Mais de fil en aiguille, les souvenirs refont surface, ce qui permet à Frédéric Beigbeder de dresser le portrait de son enfance et de sa famille.

Autofiction, autobiographie… le genre est connu et l’histoire familiale de Frédéric Beigbeder n’a pas de quoi soulever les foules. Mais là où le roman devient véritablement intéressant, c’est qu’il s’agit d’un portrait sans concessions. Frédéric Beigbeder parvient adroitement à dresser un parallèle entre sa famille et l’histoire de la France au 20e siècle. En résumé, la bourgeoisie de province et l’aristocratie française divorcent non sans enfanter une progéniture individualiste et hédoniste. Alors que les codes balisaient la vie des gens, la perte de repères des individus est aujourd’hui flagrante.

Frédéric Beigbeder l’auteur est en rupture avec ce que j’ai pu lire de lui. Loin des narrateurs grande gueule de 99F et Au secours pardon, il fait le récit de sa vie sur un ton sincère et il se dégage du texte une tendresse envers sa famille (sa fille en particulier) ainsi qu’une belle sensibilité sur les choses qui entourent le narrateur. L’humour présent tout au long du roman évite de tomber dans le pathos familial alors que les mélodrames sont nombreux dans la famille. Le roman est agréable à lire, l’alternance entre le passé et le présent rend le récit dynamique. Si défaut il y a dans ce roman, c’est l’abus de références littéraires et populaires, d’ailleurs souvent mélangées. Sans doute un rappel qu’on n’est jamais que prisonnier de son expérience.

Dans un roman français, Frédéric Beigbeder se fait aussi polémiste et dénonce la garde à vue française et l’arbitraire qui vient avec (la garde à vue a d’ailleurs récemment été déclarée comme non conforme au droit européen). Le fait d’être une personnalité publique a valu à Frédéric Beigbeder un traitement particulier. Le contraire d’un traitement de faveur en fait : il est resté plus longtemps en prison car le procureur en charge de son dossier a décidé qu’il devait en être ainsi. Ce fut donc une expérience à la fois traumatisante et éclairante.

Ce livre est le roman de la maturité de Frédéric Beigbeder et cette maturité lui va bien.

I hope they serve beer in hell, Tucker Max

Je constate que l’audience de mon blogue de lectures a tendance a diminuer pendant la période estivale. Dans le but de gonfler mes statistiques de visite, je recours à une recette qui a déjà fait ses preuves : parler de sexe.

Qui a dit que l’Amérique était puritaine ? Certainement pas Tucker Max. Il possède un blogue depuis plusieurs années sur lequel il publie les compte-rendus de ses soirées. Le livre est une adaptation du blogue et le livre lui-même est devenu un best-seller aux États-Unis et est en cours d’adaptation au cinéma.

Le livre peut-être résumé en quelques mots clefs : drague, sexe, alcool, insultes, vomi et matière fécales. Âmes sensibles s’abstenir donc ! Tucker Max a un certain talent pour se mettre en scène et partager ses aventures sexuelles et ses soirées de beuverie. Il l’admet lui même au moment de se présenter « Hi my name is Tucker Max and I am an asshole« . Nombreux sont les récits le mettant en scène en train de se saouler avec ses potes et de trouver le meilleur moyen pour coucher avec autant de filles que possible. L’équation alcool + gars en liberté = grabuge et situations cocasses est une fois de plus vérifiée. Si l’enfer existe, Tucker Max a accumulé pas mal de points pour y entrer sans problème. C’est pour ça qu’il espère qu’on y sert de la bière.

On n’a pas là affaire à un grand écrivain, mais il faut admettre que c’est bien raconté et souvent très drôle (les rires gras sont de circonstance). Le public cible de ce livre est bien évidemment masculin. Et certains passages et certaines réflexions ne manqueront pas de fâcher la gente féminine.

Notez tout de même que derrière le personnage fort en gueule et volontiers provocateur, il y a une personne cultivée. Cela transparaît dans les références que Tucker Max parsème dans ses textes. Il a renoncé à une carrière dans le droit pour se consacrer à son personnage de mâle alpha. Coureur de jupons notoire et  joyeux fêtard, il sait tout de même prendre soin de son image publique.

Ce genre de littérature est en train de se faire un nom aux États-Unis. Nommée fratire par le New-York Times, elle constitue un genre littéraire du 21e siècle qui s’adresse aux jeunes hommes dans un style politiquement incorrect et ouvertement masculin (traduction libre de Wikipedia). Ce serait en quelque sorte une réponse, voire une antithèse, à la chick-lit.

N’est-ce pas fascinant de transformer ce billet sur un livre à fort contenu sexuel en un phénomène littéraire complètement novateur ? Comme quoi, il est toujours possible de s’instruire en lisant.

La Bar-Mitsva de Samuel, David Fitoussi

Comme chaque mois, le 15 c’est jour le jour de la Recrue. Ce mois-ci, un auteur québécois pose un regard original sur le Québec et sur Montréal avec un roman intitulé La Bar-Mitzva de Samuel. Son nom est David Fitoussi et, comme le personnage principal de son roman, il a quitté la France pour s’établir à Montréal alors qu’il n’était qu’un enfant. Difficile de dire où se situe la frontière entre la vie de l’auteur et celle du jeune Samuel Elbaz. Mais j’ai particulièrement apprécié le vent de fraîcheur et de franchise à la lecture de la Bar-Mitzva de Samuel.

bar-mitsva_de_samuel

Le jeune Samuel Elbaz raconte comment sa mère l’a emmené au Québec à l’insu de son père dont elle est divorcée. Devant ce choix qui n’est pas le sien, Samuel va poser un regard à la fois cynique et naïf sur son nouvel environnement : les Québécois et leur accent, l’hiver interminable à Montréal, ses camarades d’école et la préparation de sa Bar-Mitsva, le rite de son passage vers l’âge adulte. Le milieu familial n’est pas épargné non plus avec des parents peu aimants (un euphémisme) et des proches peu recommandables.

Le ton du roman est franc, parfois vulgaire et violent mais toujours juste. C’est celui d’un préadolescent qui n’aime pas grand monde et qui découvre la sexualité. Ce qui frappe le plus dans le roman, c’est ce qui n’est pas là : la compassion et l’amour des parents et la présence d’un modèle adulte pour ce jeune homme qui grandit. Samuel n’est pas pressé de devenir un adulte et on le comprend quand on voit le milieu dans lequel il évolue. Malgré tout, le roman n’est pas triste. Au contraire, l’humour (noir et grinçant) est présent tout au long du récit.

Ses propos sur le Québec et Montréal peuvent paraître durs mais à sa décharge, le narrateur n’a pas choisi ce pays. Si ça peut vous consoler, sachez que j’ai lu et entendu des propos similaires, voire pires, de la part de personnes qui, elles, avaient choisi de s’établir ici. J’ai bien aimé que la Bar-Mitsva de Samuel aborde le thème de l’immigration au Québec. C’est un sujet qui ne fera jamais consensus tant parmi les Québécois dits Purs Laines et les immigrants.

5 étoiles

Pour lire les avis des autres rédacteurs de la Recrue du mois.

Mets le au 3, Louis-José Houde et Annie Langlois

Les achats impulsifs à la librairie ne sont pas toujours les meilleurs. Il en est ainsi une fois encore. J’aime bien l’humoriste québécois Louis-José Houde. C’est un hyperactif verbomoteur qui part dans des délires incroyables. Ça m’intéressait de voir ce qu’il pouvait bien mettre par écrit.
Pour ceux qui se demandent ce que le titre du livre signifie, c’est une phrase qui est reprise de son spectacle : « mets le au 3 » veut dire « mets la télé sur la chaîne numéro 3 ». Malgré cette explication, le titre n’en est pas plus clair je trouve… C’est sans doute juste un clin d’œil au spectacle.

La première partie du livre reprend le texte de son spectacle. Ça aurait pu être sympa à lire. Sauf qu’entre le moment où j’ai acheté le livre et celui où je l’ai lu, j’ai regardé le spectacle en question. Du coup j’ai sauté le premier tiers du livre parce que ça ne me disait rien de relire des choses que j’avais entendues il y a quelques semaines à peine.

Dans la deuxième partie, Louis-José Houde liste des petites phrases percutantes qui n’ont pas trouvé leur place dans le spectacle.
J’ai trouvé que la troisième partie était la plus agréable à lire. Il s’agit d’une reprise des chroniques que l’humoriste a écrites dans le journal La Presse entre 2003 et 2006. Même si j’en avais déjà lu quelques-unes, c’est un plaisir de se retrouver plongé dans l’univers loufoque de Louis-José Houde. Il a un véritable talent pour remarquer les petites choses de la vie et partir sur un délire. Le format des chroniques l’amène à développer un peu plus ses réflexions et c’est bien mieux à lire que les petites phrases de la deuxième partie.

Mais si je résume, le livre est quand même très pauvre en contenu. Il n’a pas du être trop compliqué à produire en reprenant du matériel qui existait déjà par-ci par-là. Ça devait être tentant de publier ce livre en capitalisant sur le nom d’un humoriste connu comme Louis-José Houde. Au final, j’ai la désagréable impression de m’être fait avoir en achetant un livre vaguement divertissant. Réservé aux vrais fans.

L’avis de Karine.

Talk to the snail, Stephen Clarke

Stephen Clarke est un Anglais qui vit en France. Avec Talk to the snail, il explique à ses lecteurs anglo-saxons comment se passe la vie en France. Il décrypte pour eux les habitudes et les comportements des Français, ces gens si particuliers. Stephen Clark avait déjà écrit un livre, un roman, mettant en scène un anglais fraîchement débarqué en France pour le travail. C’est donc un exercice habituel pour lui.

Il passe en revue plusieurs points qui sont mystérieux pour les Anglais et les Américains à commencer par le fait que les Français sont perçus comme des gens voulant avoir raison à tout prix. Il traite également d’habitudes qui font notre réputation dans le monde. Le goût pour la bonne nourriture est bien évidemment souligné, ainsi que la propension des Français à abuser de tonnes de médicaments prescrits par un système de santé hyper généreux. Bien sûr les habitudes de travail sont analysées : du nombre important de jours fériés et de semaines de congés payés de même à la réunionite aigue.
L’auteur aborde aussi la culture, un domaine dans lequel la France se voit comme une exception alors qu’elle produit des films et des disques qui bien souvent n’auraient pas dû voir le jour, n’eût été des quotas de contenus français à la radio et d’un secteur cinématographique subventionné.
D’autres points sont difficiles à gérer pour les étrangers qui arrivent en France, comme le fait de tutoyer ou vouvoyer quelqu’un ou de savoir à qui faire la bise et à qui ne pas la faire. L’auteur cite à ce sujet quelques quiproquos savoureux.
Chaque chapitre aborde donc un aspect de la vie en France et se termine avec un lexique qui permettra aux lecteurs d’être servis dans un restaurant et de ne pas se laisser passer devant dans la queue à La Poste.
En résumé, la société française comporte de nombreux codes intégrés par les Français mais difficiles à comprendre et à acquérir pour ceux qui sont issus d’une autre culture.


J’ai eu du mal à lire Talk to the snail. En fait, j’ai même coupé la lecture en deux et intercalé une autre lecture avant de le finir. Le problème vient du fait que l’accumulation des travers des Français est à la longue un peu pénible quand on est Français. Le ton du livre n’est pas haineux, au contraire. L’auteur voit très juste, il connaît très bien la vie en France -il dispose d’ailleurs d’un recul que nous n’avons pas étant Français- et ses anecdotes sont amusantes mais j’ai trouvé le tout un brin répétitif.

Ma note : 3/5.