L’année la plus longue, Daniel Grenier

J’ai loupé la sortie de ce roman de Daniel Grenier aux éditions Quartanier. Mais Flammarion a eu la riche idée de le publier en France. Je me suis donc procuré l’édition française de L’année la plus longue.

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Thomas Langlois est né un 29 février. Comme son aïeul Aimé. Du fait de leur date de naissance atypique, ni l’un ni l’autre ne vieillissent au même rythme que les autres. Ils ne vieillissent que d’un an tous les 4 ans. Albert, le père de Thomas, cherche à retracer le fil de la vie d’Aimé qui a vécu à plusieurs époques, à plusieurs endroits au Canada et aux Etats-Unis et, pour compliquer encore plus les choses, sous plusieurs identités. Cette quête de la trajectoire d’Aimé au travers des époques devient une véritable obsession pour Albert.

Disons le tout de suite, l’intérêt de L’année la plus longue ne réside pas dans son côté fantastique où ceux qui naissent le 29 février vieillissent plus lentement que le commun des mortels. Il ne s’agit là que d’une astuce, ou d’un beau prétexte, pour parler au lecteur de l’Amérique. L’année la plus longue est en fait un très bel hommage de Daniel Grenier au territoire américain. Et il faut entendre américain dans son sens littéral et non restreint aux Etats-Unis. Les pérégrinations d’Aimé puis de ses descendants au fil des années ont lieu sur un formidable terrain de jeu : le massif des Appalaches, des Monts Chics-Chocs au Québec jusqu’aux Alleghenies et aux Great Smokies plus au sud. Daniel Grenier nous gratifie en plus d’un passage dans le quartier de Saint-Henri de Montréal, écho au quartier auquel il rendait déjà hommage dans son premier ouvrage de fiction, Malgré tout, on rit à Saint-Henri. Mais le voyage proposé dans ce roman n’est pas que géographique. La longévité d’Aimé Langlois lui fait traverser les époques, à commencer par la prise de la ville de Québec par les Anglais en 1760 jusqu’à notre époque en passant par la guerre de Sécession et l’industrialisation dans les villes. Il en résulte une formidable fresque intelligemment construite et bien racontée. J’ai pour ma part découvert un territoire dont je ne soupçonnais pas la richesse.

Alors oui, parfois ça part un peu dans tous les sens et on ne sait pas toujours de qui c’est l’histoire. On passe de Thomas pour suivre longtemps Aimé, en passant par l’histoire d’Albert et de sa femme Laura. Mais encore une fois, les personnages ne sont que le prétexte pour peindre le portrait de l’Amérique moderne.

Dans un style très personnel, Daniel Grenier met en scène un narrateur/conteur qui casse à plusieurs reprises le « quatrième mur » de la narration. Un parti pris qui n’est pas sans rappeler un style journalistique très américain (journalisme narratif, nouveau journalisme…) où celui/celle qui rapporte les faits se met en scène et fait partie de ce qu’il/elle décrit. Là aussi donc, un parti pris très « américain » jusque dans le choix du mode narratif, histoire de savourer une américanité en français. D’autant que les éditions Flammarion ont eu l’intelligence et le respect de ne pas gommer les aspérités québécoises du texte de Daniel Grenier.

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Contes violents, Olivier Demers

Contes violents est un recueil de nouvelles publié par l’auteur québécois Olivier Demers. Il avait déjà publié L’hostilité des chiens en 2012, roman que j’avais lu dans le cadre de la Recrue du Mois.

Contes violents Olivier Demers

Comme l’annonce le titre, les 12 nouvelles qui composent Contes violents ont comme thème commun la violence. Il s’agit principalement de violences politiques. Certaines sont vécues du point de vue des victimes comme c’est le cas pour Orfeo en Chile où Fernando s’engage politiquement à gauche pour les beaux yeux d’une jeune femme. Il soutient Allende mais lors du putsch militaire qui le renverse puis de la répression qui suit, il échappe à ceux qui veulent démanteler les réseaux politiques d’opposition. Ce n’est pas le cas de sa bien-aimée, Lupe Sanchez, qui est torturée dans les geôles de l’armée. La violence est aussi décrite du point de vue de ceux qui en sont les auteurs. Ainsi dans La jeune fille et la main, un tueur qui a torturé de nombreux « rouges » en Argentine s’adresse à une femme dont il a torturé les parents. Même des années après, alors qu’il s’est expatrié à Montréal, il continue de croiser certains des fantômes de son passé de tortionnaire.

Plusieurs nouvelles ont également comme thème une violence fratricide comme L’homme au fond du trou qui se passe en Erythrée où plusieurs jeunes hommes combattent dans une tranchée face aux soldats éthiopiens ou encore dans Quand on laisse un fou raconter une bonne histoire où un itinérant haïtien décrit comment il a été laissé pour mort par les tontons macoutes puis sauvé et soigné par une femme.

J’ai senti dans plusieurs des nouvelles le fort intérêt qu’Olivier Demers porte à l’Histoire militaire et politique. Dans Lignée, il invente l’histoire des hommes de la famille Vérisseau, révolutionnaires de père en fils quelle que soit l’époque. On les découvre impliqués dans la révolution française, celle de 1830, la Commune, la révolution russe et pour finir la révolution avortée de mai 68. Une lignée qui finit par s’éteindre au Québec, faute de causes. Un écho cruel et silencieux à une Révolution Tranquille qui n’est pas citée et n’obtient pas de fait le statut de « vraie » révolution. Dans L’adversaire, Olivier Demers propose une relecture de l’histoire de l’Europe et de l’Amérique du Nord où le narrateur voit la main du diable et nombre d’occasions manquées. Il est question d’Hannibal, de Spartacus, des batailles d’Hastings et d’Azincourt mais aussi des tristes destins de Montcalm qui avait pourtant eu la chance d’écraser les Anglais et de Louis Riel qui a mené la révolte des Métis au Manitoba.

Deux thèmes sont présents en filigrane dans Contes violents. Le premier est la mention du Canada (et bien souvent de Montréal) comme terre de refuge à la fois pour les victimes et les bourreaux. Une sorte de no man’s land politique où l’on peut fuir pour construire une nouvelle vie. Le second thème est le fait que l’engagement politique tient à peu de choses. Plusieurs fois la raison en est simplement la fascination pour une femme jolie et/ou éloquente.

Pour finir, mention spéciale pour une des nouvelles qui est totalement surréaliste. Elle s’intitule La grande évasion. Deux compagnons de cellule y échangent sur les tensions au sein d’une société dont on ne sait pas grand-chose. Si ce n’est que les Woups, une ethnie dominante, a l’emprise sur les Crouqs qui sont décrits comme pauvres, sauvages et sales, une sorte de sous-hommes en somme. Il est notamment question d’un Crouq autrefois martyrisé qui devient un exécutant des basse œuvres des Woups. Cette nouvelle écrite dans une langue très créative possède une portée universelle. On peut en effet remplacer les termes Woups et Crouqs par des nationalités ou des ethnies existantes pour obtenir une description qui correspond à de nombreux cas qui font l’actualité. Les mêmes causes produisent les mêmes effets et il est désespérant de se dire que l’humanité ne progresse pas très vite.

Métronome, Lorànt Deutsch

Ayant toujours quelques métros de retard (ah ah !), je viens de terminer Métronome, un ouvrage écrit par l’acteur français Lorànt Deutsch qui, découverte pour moi, est un passionné d’Histoire. Ce livre a connu un gros succès il y a 2 ans et a depuis été proposé dans une version illustrée.

En résumé, l’auteur prend le prétexte de s’intéresser aux stations de métro parisiennes pour faire découvrir au lecteur l’Histoire de Paris et plus largement de l’Histoire de France. En effet, les destins de la France et de Paris sont depuis longtemps entremêlés. Tout commence avec les Gaulois qui ont été les premiers à s’établir sur les bords de la Seine. Mais il semblerait qu’ils se soient plutôt installés du côté de l’actuelle Nanterre que dans le centre de Paris. L’île de la Cité a commencé à jouer un rôle central sous l’Empire Romain. Rôle qui s’est poursuivi sous les Mérovingiens et les Carolingiens de manière différentes selon les rois : ainsi Noyon, Laon et Aix-la-Chapelle ont pu être préférées à Paris à certaines époques et au gré des souverains. Paris devient ensuite la véritable capitale du royaume français sous la férule des Capétiens. Ce rôle central se poursuivra sous la Révolution et les différentes Républiques jusqu’à nos jours.

L’Histoire de Paris est également indissociable du l’Histoire du Christianisme. Les cathédrales et églises constituent des témoignages durables de certains épisodes historiques. Mais il faut parfois se muer en enquêteur pour trouver des traces plus discrètes de l’Histoire. Ainsi Lorànt Deutsch convie le lecteur à découvrir les vestiges de l’Histoire parisienne. On le suit par exemple dans les rues de Paris à la recherche des vestiges du rempart construit à l’époque de Philippe-Auguste ou dans la cave d’un restaurant où se situerait le dernier cachot de la Bastille encore en état.

Métronome est aussi un hommage au peuple parisien qui a su à travers les âges survivre aux envahisseurs depuis le temps des invasions vikings et a fait montre d’un caractère bien trempé à travers les siècles. Les épisodes sanglants sont nombreux : guerres de religions, guerres d’influence entre différentes familles, rien n’a été épargné à Paris.
Si le livre est agréable à lire pour quelqu’un qui s’intéresse à l’Histoire, il devrait être encore plus intéressant pour quelqu’un qui connaît très bien Paris et qui situe les différents lieux mentionnés dans Métronome. Ma culture parisienne n’étant pas très approfondie, je me suis trouvé un peu bloqué quand certaines rues ou certains quartiers que je ne connais pas du tout sont cités. Malgré tout, la passion de Lorànt Deutsch est communicative dans ce livre qui se lit très bien.

Concernant la version illustrée que j’ai également eue entre les mains, elle est plus un complément de la version texte qu’un ouvrage indépendant. Je ne la recommande pas sans lecture préalable de la version originale de Métronome.

Slaughterhouse 5, Kurt Vonnegut

J’ai lu que Kurt Vonnegut était un auteur américain incontournable. J’ai donc décider de le lire en anglais en choisissant ce qui est peut-être son ouvrage le plus connu : Abattoir 5 ou dans le texte original Slaughterhouse 5.

Ce roman relativement court est un conte philosophico-fantastique à tiroirs. En effet, l’auteur se cache derrière un narrateur qui met en scène un personnage de roman. Mais c’est bien Kurt Vonnegut lui-même qui est au centre de ce roman. Billy Pilgrim est un prisonnier de guerre américain aux mains des Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. De retour aux États-Unis, il devient un opticien qui réussit dans les affaires. Ce récit mêle des fragments du passé, les moments présents et des aperçus du futur. Billy Pilgrim possède en effet la faculté de voir le temps comme un tout depuis son enlèvement par des extra terrestres.

Avec Slaughterhouse 5, Kurt Vonnegut dénonce l’absurdité de la guerre, mais aussi l’absurdité de la vie : quoiqu’on fasse, les oiseaux continueront toujours de gazouiller. Ce texte découle directement de l’expérience de Kurt Vonnegut pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il a été l’un des rares survivants américains du bombardement de Dresde qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes. Face à une telle puissance destructrice, comment trouver du sens ? C’est futile. L’exemple le plus absurde cité dans le livre est celui de cet homme fusillé pour avoir pris une théière dans les décombres d’une ville détruite.

J’ai été surpris du recours à la science-fiction pour faire passer le message principal. Peut-être qu’un roman purement historique aurait été trop aride ? Peut-être que le voyage dans le temps permet de s’affranchir des contraintes de linéarité pour décrire des moments distants de plusieurs décennies ? Mais cela prend tout son sens et passe plutôt bien. L’enlèvement de Billy Pilgrim par les extraterrestres permet d’introduire la notion du temps comme une dimension comme les autres. Une manière de souligner la vanité de vouloir changer les choses.

Je n’avais pas vraiment d’attentes vis-à-vis de Kurt Vonnegut. Est-ce que Slaughterhouse 5 est un livre culte ? possible. C’est un roman qui m’a plu et qui est plus profond qu’il n’y paraît. Le message à retenir est globalement sombre : il faut se résigner car la vie, ça va ça vient, d’autant que Kurt Vonnegut ne mentionne même pas l’idée de profiter de la vie car les moments de bonheur sont rares et furtifs pour Billy Pilgrim.

Un livre lu sur ma liseuse.

L’âme du Minotaure, Dominike Audet

Nouvelle lecture dans le cadre du repêchage de la Recrue du mois : le premier roman de Dominike Audet qui s’intitule L’âme du Minotaure. Pensez à cliquer sur l’onglet repêchage du site pour découvrir de nombreux nouveaux auteurs québécois.

C’est toujours délicat de parler d’un livre dont on a abandonné la lecture en cours de route. C’est mon cas avec ce premier roman de Dominike Audet. Ce titre m’a attiré en raison de sa thématique historique et le fait que le roman comporte près de 900 pages ne m’effrayait pas.

L’âme du Minotaure décrit les amours de Katharina, une jeune secrétaire berlinoise avec Reihnard Heydrich, un des hauts placés chez les SS. Le Minotaure c’est lui. Dirigeant à la poigne de fer, il est en charge de diriger la Tchécoslovaquie après l’invasion allemande. C’est aussi un des architectes de l’Holocauste. Katharina ne connaît pas les détails des fonctions d’Heydrich et tombe sous le charme de ce Janus : dirigeant sévère et rigide dans ses fonctions et amant doux et attentionné avec sa maîtresse.

La seconde guerre mondiale est une période qui m’intéresse et j’ai lu plusieurs livres sur le sujet : romans ou témoignages (les Bienveillantes, le soleil est aveugle, Rommel face au débarquement 1944). Malgré tout, j’ai choisi d’arrêter ma lecture de l’âme du Minotaure à la moitié du livre. En effet, l’aspect historique qui m’avait attiré au départ est relégué au second plan au profit de l’histoire d’amour entre Katharina et Heydrich. Et celle-ci, bien que présentant une dynamique originale, transforme malheureusement le livre en roman à l’eau de rose. C’est un genre qui ne m’attire pas mais j’ai gardé un esprit ouvert malgré certains clichés inhérents au genre : Katharina est attirée par le mauvais garçon, elle a un meilleur ami avec qui elle entretient une relation platonique bien que celui-ci lui propose de l’épouser et il y a la figure paternelle et bienveillante en la personne du bon Dr Karl qui se transfigure en ogre. Mais ce sont là les lois du genre.

C’est plus du côté de l’écriture qu’est venue mon insatisfaction. Le point m’ayant le plus agacé est que le roman comporte de nombreux dialogues inutiles. Les personnages se renvoient longuement la balle sans que ça apporte vraiment grand chose au lecteur. Par ailleurs, l’état d’esprit du personnage principal change souvent. J’ai plusieurs fois perdu mon souffle à suivre les montagnes russes des émotions qu’elle vivait.

Le roman aurait sans doute gagné en qualité avec des dialogues moins nombreux et au service du récit. D’autant que Dominike Audet possède une belle maîtrise de la langue française. J’aurais aimé lire plus de descriptions de sa part comme c’est le cas dans les chapitres à la 3e personne que j’ai apprécié car plus descriptifs et de fait plus proches de mes attentes historiques. J’aurais au moins pu en apprendre plus sur un personnage historique peu recommandable grâce au souci de véracité historique de Dominike Audet.

Publié chez VLB Éditeur.

Le pavillon des cancéreux, Alexandre Soljenitsyne

C’est à croire que je me spécialise de plus en plus vers le roman médical (voir les murs et vol au-dessus d’un nid de coucou). Mais je quitte maintenant le monde de la maladie mentale avec le pavillon des cancéreux écrit par l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne. De cet auteur j’avais déjà lu l’excellent Une journée d’Ivan Denissovitch il y a quelques années.

L’action se passe dans le service de cancérologie d’un hôpital situé dans une région de l’URSS qui est aujourd’hui l’Ouzbékistan. Plusieurs hommes viennent y faire soigner leur cancer par radiothérapie et hormonothérapie. Ces patients ont des origines différentes : ouvrier, paysan, étudiant, cadre du Parti Communiste, relégué ayant subi les foudres du pouvoir, scientifique contraint de travailler comme documentariste. On pensera en particulier à Roussanov, le cadre du parti, qui arrive hautain s’étonnant du peu d’égards qu’il reçoit en comparaison des autres malades mais aussi à Kostoglotov, le fort en gueule qui vient de passer plusieurs années au goulag et qui s’interroge sur les motivations des médecins. Mais ils ont tous en commun de devoir se battre pour leur vie. Le cancer a un effet égalisateur : peu importe leur passé, ces hommes éprouvent de grandes souffrances et se battent pour survivre. La maladie dé personnifie le malade jusqu’à un certain point, il n’est plus qu’un corps entre les mains des médecins. Et dans le pavillon des cancéreux, il y a aussi personnel qui travaille dans le service de cancérologie et qui, entre un système bureaucratique et des vies personnelles souvent sombres, est dévoué à trouver une façon de vaincre le cancer.

Le pavillon des cancéreux est un grand roman. J’avoue avoir un gros faible pour les romans réalistes mais ce livre réunit les principales caractéristiques du roman classique selon moi. Tout d’abord sur la forme il est accessible pour n’importe quel lecteur et la narration est exemplaire. Tout ce qui ne tient pas dans le texte écrit au présent fait l’objet de flashbacks. Il y a quelque chose de cinématographique dans ce procédé qui retient l’attention du lecteur dans le présent tout en peignant l’histoire personnelle d’un personnage.

Ensuite sur le fond, c’est là surtout que le pavillon des cancéreux est brillant. Soljenitsyne se livre à une critique de la société stalinienne. Le roman se déroule deux ans après la mort de Staline. Le régime soviétique montre de timides signes d’ouverture par rapport à la période stalinienne. La société se réorganise petit à petit. L’écrivain est ici engagé et dresse le portrait de l’époque stalinienne sous toutes ses facettes. Les passionnés d’histoire comme moi y trouveront leur compte. Même si Soljenitsyne est un écrivain qui a dénoncé le stalinisme, il n’y a pas vraiment de morale à ce roman. C’est une description objective des comportements humains pendant une période sombre de l’histoire humaine. Le peuple subit et tente de survivre. Le roman se termine sur un espoir très timide. Un des malades va mieux et revit alors que le printemps fait renaître la nature. Dans ces dernières pages, il y a une sensibilité vraiment profonde sur l’humanité qui vient clore un grand roman à la portée universelle. Le pavillon des cancéreux est intemporel. Il est beau et simple.

Rommel face au débarquement 1944, Amiral Friedrich Ruge

On dit que les gagnants écrivent l’Histoire. Ça signifie que c’est leur vision des événements qui reste gravée dans le marbre. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas lire la version des vaincus. En l’occurrence le débarquement tel que vu par les Allemands via cet ouvrage de l’amiral Friedrich Ruge qui était à l’époque affecté à l’état-major du maréchal Rommel.

Rommel face au débarquement, Amiral Friedrich Ruge

En décembre 1943, le maréchal Rommel prend le commandement de la défense des côtes de l’Europe de l’Ouest. En effet, l’armée allemande craint qu’un débarquement anglo-américain ne se produise au printemps 1944. Et tous les signes pointent vers un débarquement dans le bassin de Seine, là où il aura effectivement lieu. L’armée allemande est le fantôme de celle de 1940 avec ses redoutables divisions blindées. Les principaux points faibles de la Wehrmacht sont les suivants : perte de contrôle de l’espace aérien, perte de la suprématie maritime et troupes au sol considérablement affaiblies par le front russe. Etre décembre 1943 et juin 1944, Rommel réalise un état des lieux des forces allemandes qui défendent les côtes du Danemark jusque dans les Landes. Sa stratégie consiste à concentrer les défenses sur les côtes pour empêcher l’ennemi de mettre le pied sur la terre et organiser une tête de pont pour une offensive terrestre de grande envergure. Or même si sa stratégie semble frappée au coin du bon sens quand on sait ce que les Alliés préparent, Rommel a toutes les peines du monde à convaincre ses supérieurs et ses collègues du bien fondé de sa stratégie (et c’est finalement tant mieux pour l’Histoire direz-vous). Il a même du mal à se faire entendre pour mettre en place des obstacles au débarquement telles que des blocs de ciment sur les côtes et l’installation de mines marines dans le bassin de Seine. Et il a beau suggérer d’orienter les pièces d’artillerie vers la mer et de les protéger et de les camoufler à l’aide de casemates en béton, les défenses côtières sont finalement très hétérogènes.

Aussi talentueux stratège militaire qu’il soit, Rommel se heurte en fait à une mauvaise coordination entre les différentes armes : en particulier entre l’armée et la marine. Il milite pour un commandement unique sur les différents fronts mais il ne sera jamais écouté ni par l’état major de l’armée ni par Hitler et son entourage. Les divisions blindées se trouveront trop éloignée des premières lignes et arriveront trop tard pour empêcher l’ennemi de s’installer sur les côtes normandes puis d’avoir accès aux villes de Cherbourg et de Caen. Dès lors, la bataille sera inéluctablement perdue pour les Allemands, ce que se refusera toujours à reconnaître Hitler.

Les événements sont présentés par un homme qui a été proche de Rommel pendant ces moments cruciaux. En plus de la chronologie des événements militaires, cet ouvrage présente le quotidien d’un état-major et des hommes qui le composent. L’amiral Ruge sera jusqu’à un certain point le confident de Rommel qui s’inquiète de la direction politique de l’Allemagne. Évaluant très bien les rapports de force entre Allemands, Alliés et Russes, il évoque la possibilité d’une négociation avec l’Occident afin de reconstruire l’Allemagne. J’ai été frappé par la justesse de la lecture de la situation par Rommel. Ce livre propose aussi une ouverture sur le personnage qu’aurait pu représenter Rommel à la fin de la guerre. Il aurait pu représenter la seule alternative politique à la tyrannie juqu’au boutiste d’Hitler. Forcé au suicide car soupçonné d’avoir participé à l’attentat de juillet 1944 contre Hitler, Rommel aurait eu la légitimité pour négocier avec les Occidentaux pour épargner des vies et profiter d’avoir certains gages en main pour obtenir des contreparties pour l’Allemagne.Véritable document historique, cet ouvrage vient aussi souligner les divergences qui existaient entre la Wehrmacht et les SS, des nuances qu’on a parfois tendance à oublier.

En décembre 1943, le maréchal Rommel prend le commandement de la défense des côtes de l’Europe de l’Ouest. En effet, l’armée allemande craint qu’un débarquement anglo-américain ne se produise au printemps 1944.

mauvaise coordination entre les différentes armes : en particulier l’armée et la marine, milite pour un commandement unique sur les différents fronts
Rommel écouté ni par l’état major de l’armée ni par Hitler et son entourage

l’armée allemande est le fantôme de celle de 1940 avec ses divisions blindées redoutables
points faibles de la Wehrmacht : perte de contrôle de l’espace aérien, perte de la suprématie maritime et troupes au sol considérablement affaiblies par le front russe
concentrer les défenses sur les côtes pour empêcher l’ennemi de mettre le pied sur la terre et organiser une tête de pont pour une offensive terrestre de grande envergure

obstacles au débarquement : blocs de ciment, miner le bassin de Seine
protéger et camoufler les pièces d’artillerie à l’aide de casemates

Ouverture sur le personnage qu’aurait pu représenter Rommel à la fin de la guerre
la seule alternative politique à la tyrannie juqu’au boutiste d’Hitler
forcé au suicide
folie de Hitler, négocier avec les occidentaux pour épargner des vies et profiter d’avoir certains gages en main pour obtenir des contreparties, se concentrer sur le front de l’Est
les divergences entre la Wehrmacht et les SS, nuances qu’on a parfois tendance à oublier

Genlis, Anne-Claire Marie

Voilà un petit livre qui ne possède qu’un public restreint : ceux qui s’intéressent à la ville de Genlis. Je suis de ceux-là.

Ce livre d’Anne-Claire Marie présente un siècle d’histoire de cette petite ville de Côte d’Or à travers des dizaines de cartes postales et des photos. Celles-ci constituent des instantanés des endroits marquants et des moments clés de la vie de la ville. Genlis doit son développement à sa présence sur la RN5 et à sa gare. La ville a bien évidemment beaucoup changé tout au long du vingtième siècle. Parmi les événements marquants, on peut noter la crue de 1910 qui a laissé des images impressionnantes pour qui connaît les lieux, la libération de la ville à la fin de la seconde guerre mondiale et le passage de la flamme olympique à l’occasion des jeux d’hiver d’Albertville en 1992. En dehors des événements important, le visage lui-même de la ville a évolué : les commerces changent de propriétaires, certains quartiers tombent en désuétude et d’autres sont créés pour répondre aux besoins d’une population toujours plus nombreuse. S’il y a une constante à Genlis que souligne bien Anne-Claire Marie, c’est bien l’importance de la vie associative : musiciens, sportifs, anciens combattants… Il y en a pour tous les goûts.

Bien qu’ayant l’air tout droit sorti d’un Office de Tourisme, cet ouvrage présente tout de même un intérêt pour celui que le parcours de la ville de Genlis n’émeut guère. C’est intéressant de voir que pendant de nombreuses années, les cartes postales jouaient un rôle sensiblement différents d’aujourd’hui. Ces cartes postales étaient un véritable média qui permettait de fixer sur pellicule et de partager une information sur un événement. Et elles sont bien utiles quand la mémoire fait défaut. J’ai bien peur qu’aujourd’hui nos cartes postales touristiques ne présentent que peu d’intérêt pour les historiens.

Au-delà de l’exemple bien particulier de Genlis, j’ai une certaine fascination pour ce genre d’ouvrages qui montrent les différents visages et l’évolution de la fonction d’un lieu. Je m’interroge toujours sur ce qui fait le succès ou le malheur d’une ville. Il me semble que c’est un mélange de moyens de transport, de dynamisme économique, de force culturelle et de qualité de vie. Ou leur absence.

Histoire de l’Amérique française, Cécile Vidal et Gilles Havard

J’avais déjà évoqué mon intérêt pour l’Amérique française dans mon compte rendu du livre de Pierre Berthiaume sur Cavelier de la Salle. J’ai voulu pousser plus loin avec cette Histoire de l’Amérique Française de Cécile Vidal et Gilles Havard. Je n’ai pas été déçu. J’ai même carrément été emballé à la lecture de ce livre.

Principale qualité, il se lit très bien. Il n’est pas ennuyeux pour un sou malgré ses 700 pages. En fait les auteurs ont su équilibrer l’évocation des grands thèmes, les faits, les chiffres ainsi que de nombreuses anecdotes pour illustrer leurs propos. Le sujet aurait pu être traité de manière plus aride mais ce n’est pas le cas ici. C’est un livre convivial sans longueurs.
Ensuite je suis très impressionné par le travail fourni pour colliger toutes ces informations et en faire une synthèse de référence. Chaque citation, chaque chiffre, chaque opinion est étayé par une référence à un auteur et à un document. La somme des notes en fin d’ouvrage est impressionnante et fournit de nombreuses pistes de lectures pour ceux qui veulent aller plus loin dans le sujet.
Enfin ce livre dresse un portrait tout en nuance de l’Amérique française, loin des mythes et des images d’Épinal.

Histoire de l’Amérique française

Comment est organisé le livre ? Les premiers chapitres présentent la découverte et l’implantation française en Amérique du Nord et en particulier sur 3 territoires : l’Acadie avec Terre-Neuve et l’île Royale (située dans l’actuelle province de la Nouvelle Écosse), le Canada tel qu’on l’appelait à l’époque avec la vallée laurentienne, les Pays d’En Haut (la région des grands lacs) et la baie d’Hudson, et enfin la Louisiane qui comprenait un territoire bien plus vaste que la Louisiane actuelle puisqu’elle remontait jusque dans le Pays des Illinois, en gros le MidWest actuel. Ces chapitres décrivent les conditions de l’implantation, les zones de peuplement, les alliances, les conflits et les relations avec les différentes tribus indiennes, les mécanismes de colonisation, le soutien tantôt actif, tantôt absent du pouvoir royal dans cette mise en valeur et appropriation des territoires.
Les auteurs nous plongent ensuite dans la réalité de l’Amérique française de 1560 à 1763 avec leurs groupes sociaux et leur hiérarchie, le rôle de la religion, l’administration de la justice, la vie économique sans occulter la question de l’esclavage en Louisiane (mais aussi au Canada) et la question de l’identité des populations nord-américaines par rapport à la France.
Enfin la dernière partie du livre décrit la perte de cet immense territoire au profit de l’Angleterre suite à la guerre de Sept ans et au traité de Paris qui vit la France renoncer à ses possessions nord américaines et choisir de garder les îles des Antilles. Bonaparte choisira de vendre la Louisiane aux Etats-Unis en 1803.
On croisera dans ce livre des personnages bien connus comme Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Cavelier de Lasalle, Colbert, Louis XIV, Louis XV, Jeanne Mance mais aussi d’autres individus négligés par l’historiographie française et québécoise.

Il est à noter que l’ouvrage de Havard et Vidal ne compte pas beaucoup d’illustrations. Il y a quelques schémas qui sont très clairs et bienvenus comme celui qui récapitule l’emplacement des différents forts français en Amérique du Nord ou encore celui qui présente les forces anglaises et françaises qui allaient s’affronter en 1759 lors de la bataille des Plaines d’Abraham.

Que retenir de cette histoire de l’Amérique française ? C’est le livre à lire pour qui s’intéresse à ce sujet. Je ne suis pas un spécialiste mais je ne trouve aucun défaut à cet ouvrage. Le fond est très riche et documenté. C’est dense mais ça se lit très bien. Peut-être que ceux qui sont déjà familiers avec le sujet y trouveront certaines redites. Mais la qualité de la synthèse est selon moi admirable. Je suis persuadé que chacun y trouvera des informations intéressantes.

Pour l’anecdote, ce livre m’a éclairé sur le nom de certaines rues de Montréal : certains gouverneurs et intendants sont en effet restés méconnus mais pas pour la ville de Montréal qui a perpétué leur mémoire via ses rues. Voici quelques exemples : Denonville, de Champigny, St-Vallier et quelques autres.

Enfin la question qui tue : faut-il nourrir des regrets suite à la disparition de l’Empire français d’Amérique du Nord ? On n’aura bien sûr jamais la réponse à cette question. La France a perdu ce territoire car elle a été vaincue militairement par l’Angleterre. Et lors des négociations qui aboutiront au traité de Paris, Louis XV et Choiseul, son secrétaire d’État à la Guerre et à la Marine, n’ont pas insisté pour garder l’Amérique continentale car il semble que la perspective d’une révolution à moyen terme était envisagée. C’est ce qui arrivera en effet à l’Angleterre avec l’indépendance de ses colonies américaines qui ployaient sous le poids des impôts levés pour remplir les caisses du Royaume-Uni vidées par la guerre de Sept-Ans. La France a en ce sens fait preuve d’un certain réalisme politique.

Il reste aujourd’hui de nombreuses traces de la présence française en Amérique du Nord. On pense bien sûr aux bassins francophones tels que le Québec et l’Acadie. Mais il y a aussi des communautés plus restreintes dans les différentes provinces du Canada et aux Etats-Unis (les cajuns en Louisiane). De nombreux patronymes français ont subsisté (jusque chez les Sioux) tels quels ou anglicisés. Et il reste quelques vestiges plus ou moins bien conservés des forts français.

En conclusion, je trouve très dommage que l’histoire de l’Amérique française ne soit pas enseignée dans les cours d’histoire dans les établissements scolaires français. C’est vraiment un sujet passionnant.

5 étoiles

Cavelier de Lasalle, une épopée aux Amériques

Le titre complet de ce livre de Pierre Berthiaume est Cavelier de Lasalle, une épopée aux Amériques, récits de trois expéditions 1643-1687.

J’ai trouvé ce livre à la bibliothèque au rayon des nouveautés. Je nourris une certaine passion pour l’Amérique française. J’avais lu avec intérêt il y a quelques années un livre sur l’histoire tragique du peuple acadien. D’ailleurs je me suis replongé dans ce contexte avec intérêt grâce à la fiction acadienne d’Antonine Maillet dans Pélagie-la-Charrette. Pierre Berthiaume est professeur de français à l’Université d’Ottawa. Il retrace dans son livre le parcours de trois expéditions du Français Cavelier de Lasalle à travers les témoignages de trois de ses compagnons de route. Cavelier de Lasalle est un explorateur au même titre que Jolliet et Marquette, qui malheureusement sont tout aussi méconnus dans les livres d’Histoire de France. Les Français ont joué un rôle important dans l’histoire de l’Amérique du Nord, de manière plus large que le Québec, même si ce dernier en est un des plus beaux restes. La Nouvelle-France était un territoire énorme : de Terre-Neuve aux Grands Lacs et ensuite en descendant jusqu’au Golfe du Mexique via le Mississippi avec un territoire comprenant une bonne partie du MidWest et de la Louisiane. Coincé entre l’Est des États-unis sous la coupe de l’Angleterre et le Sud Ouest, le Nouveau-Mexique des Espagnols, ce territoire ne pouvant que susciter les convoitises de ses puissants voisins. D’autant qu’il est resté très peu colonisé et pas suffisamment développé pour devenir fort. Le traité de Paris aura raison en 1763 de la Nouvelle-France. Il est amusant de constater que malgré tout, quelques noms français ont subsisté en Amérique du Nord : Saint-Louis dans le Missouri, Sault Sainte-Marie en Ontario, Marquette dans le Minnesota, Terre Haute dans l’Indiana ou encore Fonds du Lac dans le Wisconsin. Notons tout de même que la ville de Green Bay dans le Wisconsin était appelée Baie des Puants par les Français de l’époque de Lasalle. Un changement de nom salutaire.

Livre Lasalle

Revenons-en au livre de Pierre Berthiaume et à Cavelier de Lasalle. Sa première expédition, mal préparée, a pour objectif de découvrir le fleuve Mississipi. Cela s’avérera plutôt l’exploration de la région de l’Ohio. La deuxième expédition est couronnée de succès puisque, avec ses compagnons, Lasalle traverse une bonne portion du territoire nord américain du Nord au Sud. Il suit le Saint-Laurent jusqu’aux grands lacs et rejoint ensuite le Mississipi jusqu’à son embouchure dans le golfe du Mexique où il prend possession des terres au nom du roi de France Louis XIV. C’est la naissance officielle de la Louisiane ! Quant à la troisième et dernière expédition de Lasalle, elle part de France par bateau et a pour objectif de retrouver l’embouchure du Mississipi en navigant dans le golfe du Mexique. C’est au cours de cette ultime expédition que Cavelier de Lasalle sera assassiné par un de ses compagnons.

Le livre se compose de deux parties. La première est consacrée aux récits des compagnons de voyage de Lasalle. Ils sont retranscris tels quels, dans le français de l’époque (pas très éloigné du nôtre je vous rassure). Le premier récit est de Bréhant de Galinée, le suivant de Henri de Tonty et le dernier est de Jean Cavelier de Lasalle, frère de Cavelier. Dans la seconde partie du livre, Pierre Berthiaume retrace le parcours de Lasalle, précise certains points et éclaire certains aspects non traités par les récits précédents.

Ce que j’aime particulièrement dans ce livre, c’est qu’on en apprend beaucoup sur la vie à cette époque. Ceux qu’on appelle les Sauvages (pas encore les Amérindiens ou les autochtones) ont marqué les esprits des Européens. Les expéditions se font par le moyen de transport le plus simple à l’époque : les cours d’eau. Et cela est possible grâce au canot en écorce de bouleau couramment utilisé par les Indiens, une des plus belles inventions des Sauvages selon Bréhant de Galinée. Quand le cours d’eau n’est pas navigable, les hommes pratiquent le portage des canots. Ils les portent sur la terre en attendant de pouvoir reprendre la rivière. Les explorateurs doivent également composer avec les saisons et notamment le redoutable hiver du Nord de l’Amérique qui leur impose de prendre des pauses de plusieurs mois à l’abri des intempéries.

En toile de fond est présente la concurrence entre les Nations européennes pour l’exploitation du territoire nord-américain. Ici c’est notamment l’Espagne qui est vue comme un rival direct. De plus, la rivalité entre les Français eux-mêmes est perceptible. Montréal est à l’époque une ville de Jésuites qui ne soutient pas vraiment Lasalle. De même l’exploration du continent n’est pas une priorité de Louis XIV déjà bien empêtré dans ses guerres européennes. On croisera aussi quelques missionnaires partis convertir les Sauvages au catholicisme. Et certains membres des expéditions de Lasalle déserteront pour se lancer dans la pelleterie (le commerce de la fourrure), une activité très lucrative alors que d’autres iront rejoindre les tribus indiennes pour y fonder une famille.

Les commentaires et explications de Pierre Berthiaume sont clairs, concis et permettent de préciser certains points. Ainsi dans le compte-rendu de Tonty la découverte de l’embouchure du Mississipi passe presque inaperçue. Pierre Berthiaume revient sur le sujet ce qui permet au lecteur de mieux profiter de la dimension historique de ce moment.

Cela dit, il manque une carte actuelle avec les principales villes et les cours d’eau pour se rendre compte du parcours de Lasalle. Je me permets de mettre ici une carte trouvée sur le site internet du musée canadien des civilisations schématisant les trajets successifs de Lasalle.

Lasalle

De plus, l’identification des différents peuples indiens est ardue au départ pour celui comme moi qui n’y connaît rien. Là aussi une carte de l’implantation des tribus aurait aidé. Que voulez-vous je suis un visuel ! Le livre présente quelques cartes d’époque (remarquables de précision) mais elles sont malheureusement trop petites pour être vraiment lisibles. Mais je passe volontiers sur ces défauts tant le sujet m’enthousiasme.

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