Le meilleur des insultes et autres noms d’oiseaux, Jean-Paul Morel

Un titre aguicheur et me voilà avec un petit livre entre les mains. Il s’intitule Le meilleur des insultes et autres noms d’oiseaux et il a été écrit par Jean-Paul Morel.

Le meilleur des insultes

Voici une mini anthologie des insultes en langue française. Y sont rassemblés une multitude de textes où les grands (et moins grands) auteurs français s’affrontent au travers de lettres et de tribunes enflammées. La progression du livre est chronologique : de Rabelais aux surréalistes. En effet, qui mieux que les écrivains pour trouver le meilleur terme pour toucher son adversaire ? Et il faut avouer que les littérateurs ne manque ni de vocabulaire ni d’imagination quand il s’agit de moquer un confrère (ou une consœur : George Sand n’y échappe pas). Malgré ces dissensions au sein du corps des écrivains, l’Académie Française est là pour les rassembler. C’est en effet une cible de choix pour les insultes. Un chapitre entier de l’ouvrage y est consacré.

Ce livre possède les inconvénients de ses qualités (et inversement). Il a pour lui son format court et facile à appréhender avec des textes soigneusement sélectionnés. Mais le tout manque d’analyse et de mise en contexte. Rien d’étonnant vous me direz car c’est la règle du jeu dans la collection Mille et une nuits. Je suis tout de même déçu car quelques bribes d’analyse sont livrées au début du livre mais ensuite ce ne sont que des enchaînements de citations.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Qu’il s’agisse de longues charges ou de courts épigrammes, la langue française permet de varier les plaisirs quand il s’agit de’insulter quelqu’un. Quelle belle langue quand même ! 🙂

Florilège d’insultes

Voici un épigramme favori qui représente bien la créativité et la férocité de Voltaire quand il s’attaque à Jean Fréron.

Un jour au fond d’un vallon
Un serpent piqua Jean Fréron
Que croyez-vous qu’il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.

Ou encore une pique courte mais redoutablement efficace de Georges Bernanos à l’endroit de l’Académie Française :

Quand je n’aurai plus qu’une pire de fesses pour penser, j’irai l’asseoir à l’Académie.

Publicités

Journal d’un curé de campagne, Georges Bernanos

Voilà un livre que j’ai terminé il y a un mois et demi et que je n’ai pas encore commenté. Encore aujourd’hui, je ne sais pas trop quoi en penser.

Un jeune prêtre prend ses fonctions dans une paroisse de campagne. Bien intentionné mais maladroit, il peine à faire sa marque au sein d’une communauté qui se moque de son manque d’autorité et de sa faible constitution. Son journal est le moyen pour lui de garder son esprit concentré sur sa mission. Il y consigne les événements du quotidien de la paroisse, ses discussions avec ses supérieurs et ses réflexions sur les relations qu’il entretient avec ses ouailles.

Journal d’un curé de campagne est un livre sur le doute. C’est d’habitude le genre de livre que j’aime bien car il propose une réflexion sur une figure d’autorité tourmentée sur le bien fondé de sa mission, aussi divine soit-elle. Mais je n’ai pas dévoré ce livre. Je me suis surpris à aller jusqu’au bout de ma lecture alors que j’aurais très bien pu m’arrêter en cours de route sans éprouver de remords. Je pense que je n’ai pas accroché avec la remise en question du prêtre. Pourtant, certains passages sont vraiment profonds et ce roman est bien écrit. Mais je n’ai pas été touché. Je vais tout de même retenir quelques passages intéressants comme les discussions du curé avec ses supérieurs à propos du rôle des prêtres dans les paroisses.

Sans doute très percutant dans la société française des années 30, ce journal d’un curé de campagne me semble avoir perdu de sa pertinence aujourd’hui.

Je ne veux pas rester sur cette impression vis-à-vis de Georges Bernanos. Je suis donc à la recherche de recommandations d’autres livres de cet écrivain.