Shibumi, Trevanian

Je continue d’avancer dans la liste de mes lectures avec un roman de l’auteur américain Trevanian : Shibumi.

Tout commence dans les années 70 avec une opération de la CIA qui ne se passe pas comme prévu. Une des cibles parvient à s’échapper. La Mother Company, une organisation secrète qui dirige la CIA et qui supervise les intérêts du lobby du pétrole, dispose de moyens technologiques très avancés : Fat Boy une base de données informatique pour chaque personne vivant sur Terre. Cet outil permet de diriger l’enquête de la CIA vers un personnage mystérieux : Nicholaï Hel. Né en Chine de parents européens en 1925, il est élevé à la japonaise avant de tomber dans les griffes de la CIA. Ce qui lui ouvre une longue et fructueuse carrière de tueur à gages au service de différents gouvernements. Les compétences de Nicholaï Hel sont une menace pour les intérêts de la Mother Company s’il se décide à aider la personne qui a échappé à la CIA.

Présenté comme ça, vous avez entre les mains un super roman d’espionnage. C’est le cas mais Shibumi est bien plus que ça. L’essentiel du propos du roman est de décrire le parcours de Nicholaï Hel à travers de grands événements historiques du XXe siècle. Cette saga qui traverse les époques permet à Trevanian de brosser le portrait d’un homme unique qui oppose une culture japonaise fine et millénaire à une culture américaine rustre et changeante au rythme des intérêts commerciaux. Le Shibumi est emblématique de la culture japonaise puisqu’il s’agit de l’état de grâce qui peut être atteint par la beauté d’un objet. Une extase provoquée par une esthétique simple en somme.

Ecrit en suivant les étapes d’une partie de jeu de go, le roman donne aussi au lecteur l’occasion de découvrir la spéléologie, une activité prisée par Nicholaï Hel, et démontre l’amour de l’auteur pour le Pays Basque et ses habitants. Un territoire que Trevanian connaît bien car il y a vécu de nombreuses années. Pour ma part, j’ai complètement adhéré à ce roman même si je ne suis féru ni de spéléologie ni du Pays Basque. Bref, nombreuses sont les raisons de lire Shibumi. On peut y ajouter l’humour de l’auteur et le fait assez incroyable que ce roman publié en 1979 n’a pas pris une ride et qu’il a su anticiper le vaste système d’espionnage aujourd’hui rendu possible par l’informatique.

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Histoires à ne pas fermer l’œil de la nuit, présenté par Alfred Hitchcock

Ce vieux livre a été déniché à l’occasion d’un rangement familial. Et hop, le voici emmené en vacances ! Ne vous y trompez pas, Alfred Hitchcock n’est pas l’auteur de ces histoires à ne pas fermer l’œil de la nuit. Il a simplement prêté son nom archi connu (sa marque) à ce recueil de 19 nouvelles à suspense qui ont toutes été écrites par des auteurs différents.
Histoires a ne pas fermer l'oeil de la nuit Alfred HitchcokLe recueil s’ouvre sur Ménagements de Charlotte Armstrong où une vieille dame enquête sur la mort de sa sœur à la manière de Miss Marple. Les précautions de sa famille à son égard éveillent en effet ses soupçons. Comme celle-ci, plusieurs des nouvelles sont des récits policiers. Ainsi dans In vino veritas de Lawrence G. Blochman, un enquêteur confond un assassin à l’aide d’une bouteille de vin. Dans un registre proche, d’autres nouvelles ont pour thème le crime parfait. D’abord les meurtres. Dans Meurtre maison de Davy Keene, un gigolo cherche à assassiner la femme qu’il a épousée pour son argent. Et dans Jour ultime de Fay Grissom Stanley, une femme qui refuse de divorcer de son mari qui la quitte pour une autre prépare le meurtre de celui-ci. Le narrateur de la nouvelle intitulée Insoupçonné et écrite par Jay Wilson, un employé de banque modèle, fomente un meurtre qui lui permettrait de dérober une somme pour finir confortablement ses vieux jours. Dans les trois cas, le meurtre n’aura été parfait que sur le papier. Autre crime parfait, l’arnaque. Parfois ça marche comme dans La nouvelle donne de Charles Einstein où un joueur de black jack a trouvé la combine pour arnaquer les casinos. Au contraire, dans Mort sur décision du tribunal de Francis Beeding, un homme ruiné pensait avoir trouvé la méthode parfaite pour mettre sa famille du besoin. Sans succès.

Mais toutes les nouvelles ne sont pas policières. Il y a un peu de fantastique avec Tribut floral de Robert Bloch, une histoire de fantômes. Ou encore avec Canavan et son terrain de Joseph Payne Brennan qui raconte l’histoire d’un jardin ensorcelé. Le recueil comporte un soupçon d’espionnage avec L’homme qui n’en savait pas assez d’Edward D. Hoch avec un récit digne de la Guerre Froide où le contre-espionnage britannique est sur le point de déjouer un complot qui permettrait aux Russes de s’emparer du code donnant accès aux communications cryptées des diplomates britanniques. Un peu de suspense avec une nouvelle signée Jack London intitulée Bâtard qui décrit les relations troubles entre une chien méchant et son maître cruel dans le Grand Nord canadien. Un peu d’horreur aussi dans Les sculptures érotiques de l’Ohio d’Adobe James : un collectionneur d’art érotique est prêt à tout pour acquérir de superbes sculptures pour son musée personnel.

Ces histoires ne m’ont pas empêché de fermer l’œil de la nuit mais elles m’ont tenu en haleine par leur suspense, leur humour noir et leurs surprises finales. C’est un bon moment de lecture, léger et parfait pour les vacances. Merci Mr Hitchcock !

La reine dans le palais des courants d’air, Stieg Larsson

Voilà, c’est fini. Je viens de refermer le tome 3 de la série Millénium (voir le tome 1 et le tome 2). Dans la reine dans le palais des courants d’air, la démocratie suédoise est en danger, rien de moins !

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Alors qu’il y avait une pause de plusieurs mois entre les deux premiers tomes, il se trouve que l’action du tome 3 reprend exactement où celle du tome 2 s’était arrêtée. On y avait appris que Lisbeth Salander avait été la victime d’un complot d’une mystérieuse section des services secrets suédois pour protéger un transfuge russe et ses grands secrets.
À travers le magazine Millénium, le valeureux journaliste Mikael Blomkvist veut maintenant rendre publiques les manigances de cette section secrète qui opère dans la plus totale illégalité vis-à-vis de la constitution suédoise. Il trouvera dans son enquête un soutien inattendu de certains policiers, de membres des services secrets fidèles à leurs idéaux démocratiques et de certains politiciens.
De son côté, Lisbeth Salander est à l’hôpital dans un sale état. Elle est mise en examen pour tentative de meurtre et ne peut se défendre alors que ses ennemis veulent la renvoyer dans une institution psychiatrique pour la réduire au silence.

J’ai trouvé que l’intrigue de ce tome 3 devenait plus complexe. Il ne s’agit plus d’une enquête privée ou d’une enquête policière. Cette fois-ci ça vire au roman d’espionnage et à l’affaire d’État. Mais étant donné que Stieg Larsson prend le temps de bien expliquer les enjeux de la quête de la vérité et les actions de chacun, cette intrigue demeure très abordable. Même le procès final est parfaitement compréhensible. Nul besoin de connaître au préalable le système judiciaire suédois.

Pour terminer sur ce troisième tome, je me demande quelle est la signification du titre. Contrairement aux deux autres, il me semble que ce n’est jamais expliqué dans le livre. Qui est cette mystérieuse reine dans le palais des courants d’air ?

Après avoir lu les 3 tomes de Millénium, je ne peux qu’en conseiller la lecture. Au risque de me répéter, il est difficile de décrocher une fois la lecture entamée. L’épaisseur des livres ne doit pas vous faire peur. Je regrette qu’il s’agisse d’une série interrompue étant donné le décès subit de Stieg Larsson. À lire pour qui veut passer de bons moments de lecture.

5 étoiles