Stupeur et tremblements, Amélie Nothomb

Après des années à avoir entendu parler du phénomène Amélie Nothomb, je me suis résolu à me faire ma propre opinion en lisant un de ses romans. Le premier sur lequel je suis tombé à la librairie fut donc Stupeur et tremblements avec sa couverture toute bizarre : une Amélie Nothomb et maquillée à la façon d’une geisha, visage figé et yeux écarquillés.

 

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De quoi ça parle donc ? D’une jeune fille de 22 ans qui fait un stage dans une grande entreprise japonaise. Ladite jeune fille est européenne et va vivre un véritable choc avec la culture d’entreprise japonaise. La narratrice va apprendre ces différences sur le tas et à la dure, auprès de collègues et supérieurs sans pitié. Bien que nippophile, elle va se heurter à une culture et un système de valeur où la hiérarchie est clairement établie, où les initiatives personnelles ne sont pas les bienvenues, où l’individu n’a pas son mot à dire et où on ne vire pas les gens, on les pousse à la démission. Cela va même aller très loin : on lui fait admettre publiquement qu’elle est trop stupide pour travailler correctement et on lui confie la tâche très ingrate d’assurer l’entretien des toilettes de l’entreprise. Une situation qu’on n’hésiterait pas à qualifier de harcèlement moral.
A noter que le récit est fortement autobiographique. Elle ne le dit pas directement mais la narratrice s’appelle Amélie, elle est belge et a passé une partie de son enfance au Japon.

Avec Stupeur et tremblements (c’est la manière dont le sujet japonais doit s’adresser à son empereur, avec stupeur et tremblements), on fait connaissance avec la culture japonaise dans ce qu’elle a de plus difficile à comprendre pour les Occidentaux. C’est intéressant à découvrir mais le fonctionnement de l’entreprise japonaise reste difficile à comprendre pour le lecteur occidental. L’expérience japonaise de la narratrice fait penser à un rite initiatique. Même si elle ne supporte plus ce qu’elle fait, elle ne démissionne pas et va jusqu’au bout de son contrat. Une façon de boire le calice jusqu’à la lie. Et malgré cette expérience difficile, nippophile elle était, nippophile elle restera. En tant que lecteur, il est impossible de rester insensible à ce qu’elle vit. On ressent l’injustice de ce qu’elle subit, on se met en colère alors qu’elle reste docile et on l’admire pour garder un sang-froid exemplaire étant donné la situation.

Et que penser du style d’Amélie Nothomb ? J’ai aimé lire ce livre sans pour autant le trouver génial. Son expérience et son état d’esprit sont décrits sans fard, avec simplicité et en même temps avec une grande précision. De quoi me donner envie de livre un autre livre de cet auteur.

Ma note : 3/5.

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