Le postier, Charles Bukowski

Le Postier est le premier roman publié par Bukowski. J’ai retrouvé avec plaisir son style incomparable (voir Contes de la folie ordinaire et Pulp).

Henry Chinaski, véritable alter ego de Bukowski, est alcoolique, coureur de jupon, joueur et fainéant.  Il entre à la poste américaine comme remplaçant pour subvenir à ses besoins. Il tient le coup malgré les horaires de fou, le rythme débilitant qu’il faut tenir, les petits chefs pointilleux, la bureaucratie et les clients emmerdeurs. Malgré le peu d’entrain qu’il met à la tâche, il se voit proposer de devenir postier titulaire. Il alternera les postes entre préposé au tri et facteur dans un Los Angeles labyrinthique.

Fortement inspirée de la propre vie de Bukowski, le postier est une chronique de la vie de tous les jours du narrateur : des anecdotes drôles, des bons coups, des moments sordides, la misère de certains, le mépris des autres. C’est une plongée dans la Californie un peu déjantée des années 60, pas celle qui fait rêver mais celle des petits employés qui triment pour joindre les deux bouts. Ce livre est aussi le portrait d’un homme usé avant l’âge, plein de défauts mais entier. Comme Bukowski, Chinaski trouvera finalement un exutoire dans l’écriture.

Le postier est à lire pour ses dialogues percutants et pour la dose de réalité dérangeante mais nécessaire à laquelle Bukowski confronte le lecteur.

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