Kudos, Rachel Cusk

Je suis allé pêcher cette lecture dans la liste des 100 livres remarqués de l’année 2018, liste élaborée par le New York Times. Je ne connaissais pas Rachel Cusk et son œuvre mais je me suis laissé tenter par la brève description qui en était faite. Je l’ai lu dans sa version originale. A ma connaissance, Kudos n’est pas encore traduit et publié en français.
Kudos est le récit à la première personne de Faye, une écrivaine qui se rend en Europe. Il m’a d’ailleurs fallu attendre le dernier tiers du roman pour que son prénom soit révélé. La destination exacte n’est pas précisée, tout ce qu’on en sait, c’est qu’il s’agit d’un pays au climat ensoleillé. Elle participe à un festival littéraire pour y faire la promotion de son dernier ouvrage. Ce faisant, elle croise un certain nombre de personnes avec qui elle discute. Rares sont ses interlocuteurs à être nommés mais leurs conversations sont rapportées dans le détail. Là où on pourrait s’attendre à des conversations superficielles entre inconnus, c’est l’inverse qui se produit. Les échanges sont très profonds, comme si le fait de parler avec des inconnus comportait moins d’enjeux et permettait de parler des choses qui comptent vraiment. Il est notamment question des relations de couple et des relations entre parents et enfants.
Kudos est un roman très intéressant à suivre à condition de ne pas perdre le fil. Il m’est en effet arrivé de reprendre ma lecture et de devoir remonter un peu plus haut pour me remémorer avec qui la narratrice était en train de dialoguer. Outre la fatigue de la fin de journée, la raison est aussi que les interlocuteurs sont rarement nommés et la narratrice fait référence à eux en disant « he said » ou « she said« . Signe peut être que le propos est plus important que le messager. Pas toujours facile de s’y retrouver. J’ai même mis un peu de temps à identifier les narratrice comme étant une femme. Reste que le propos de Rachel Cusk est pertinent et très actuel. Peut-être un peu intellectuel, donc il faut savoir qu’il ne conviendra pas aux lecteurs à la recherche d’action. Il plaira davantage à un lectorat plus versé dans le cérébral. Il semblerait que Kudos soit le 3e volet d’une trilogie après deux autres romans intitulés Transit et Outline. Dommage pour moi de l’apprendre en fin de lecture seulement. C’est ce qui s’appelle prendre le train en route.
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Chevrotine, Eric Fottorino

Comme pour la lecture précédente, L’autoroute de Luc Lang, j’ai choisi Chevrotine d’Eric Fottorino à la bibliothèque parce qu’il était mis en avant sur un présentoir. Rencontre fortuite avec un auteur que je ne connaissais pas (même si son nom ne m’était pas inconnu).

Chevrotine Eric Fottorino

Alcide Chapireau est un ancien marin devenu conchyculteur et ostréiculteur. A la retraite et très malade, il décide d’écrire à sa fille Automne pour lui avouer que sa mère, dont elle n’a aucun souvenir, n’a pas disparu mais que lui, Alcide, l’a assassinée. Il revient donc sur sa relation avec Laura qui fut sa seconde épouse. En effet, la première femme d’Alcide, qui se prénommait Nélie, est décédée jeune d’une maladie foudroyante, le laissant veuf avec deux garçons à élever. Alors qu’il ne croyait pas pouvoir refaire sa vie, il rencontre Laura avec qui l’entente est tout de suite très bonne. Elle emménage rapidement chez lui et tombe enceinte. Mais dès lors va se révéler une Laura à la personnalité plus sombre. Tout empirera jusqu’au point où Alcide tuera son épouse d’un coup de fusil (chargé de la chevrotine qui donne son titre au roman).

Chevrotine est un roman très réussi. Eric Fottorino décrit très bien cette relation de couple qui se dégrade inexorablement et qui détruit toute une famille. L’engrenage toxique sans issue se met en place petit à petit dans le récit, c’est habilement construit. Evidemment on se pose la question des raisons du dénouement tragique. La réponse donnée par Eric Fottorino est toute en nuance car chacun des protagonistes possède sa part de responsabilité. Laura a une personnalité qui ne lui permet pas de vivre dans le bonheur, c’est pourquoi elle s’évertue à tout dénigrer chez son conjoint, y compris sa précédente épouse et ses deux garçons. Sa haine se distille d’abord petit à petit pour enfler et prendre une ampleur démesurée. La faute est agelement celle d’Alcide, homme taciturne mal équipé pour répondre aux attaques de Laura. Il est trop faible pour s’opposer à elle et tirer un trait sur une relation qu’il a longtemps idéalisé. Le prix à payer est pourtant énorme car il renonce à ses deux fils aînés. Le parallèle est cruel entre le glissement qui s’opère dans la relation et la maison familiale dont les fondations finissent détruites par un glissement de terrain.

Je ne pratiquais pas Eric Fottorino comme auteur mais je vais m’intéresser à son oeuvre à l’avenir. J’ai particulièrement aimé ce roman car même si le sujet est difficile, il est construit de telle manière qu’il est impossible de rester indifférent au récit. Chevrotine est très proche d’une tragédie grecque : on sait ce qui va se passer, l’intérêt n’est pas dans le suspense mais bien dans la manière dont on y arrive inéluctablement.

Les Morues, Titiou Lecocq

Titiou Lecoq est une journaliste et une blogueuse. Les Morues est son premier roman.

les morues Titiou Lecocq

Le roman compte deux personnages principaux. Ema est une jeune journaliste parisienne qui s’ennuie dans la rubrique culture d’un quotidien. Fred, un ami de lycée d’Ema, est un surdoué un tantinet asocial qui gâche son talent de polytechnicien dans un poste de secrétaire. L’élément qui déclenche le roman est le suicide de Charlotte, l’ancienne meilleure amie d’Ema. Cette dernière, persuadée que son amie n’a pas pu commettre ce geste, décide d’enquêter, assistée en cela par Fred. Mais qui sont les morues ? Il s’agit d’un groupe de trois jeunes femmes : Ema, Gabrielle, la réincarnation moderne de Gabrielle d’Estrée, la favorite d’Henri IV, et Alice, barmaid. Toutes les trois se retrouvent régulièrement et établissent la charte des morues, des règles de conduite du féminisme moderne.

J’ai trouvé que les morues était un roman intelligent car il propose au lecteur plusieurs niveaux de réflexion : enquête, questions de génération et questions politiques. Et c’est en même temps le principal reproche qu’on peut faire au roman : ça part un peu dans tous les sens, comme si l’auteure avait essayé de faire tenir plusieurs livres en un. Il y a d’abord cette enquête sur la mort de Charlotte, ce suicide incompris par Ema qui veut en chercher la cause. C’est aussi un roman dans lequel je reconnais beaucoup de questions propres à ma génération, et pas juste à cause de la référence d’entrée à Kurt Cobain. Il y a un questionnement sur la place du travail dans la vie : on est d’accord pour dire que ce n’est pas central mais que c’est difficile quand on n’en a pas. Est aussi traitée la vie de couple, ou plutôt la notion même de couple. Et cela est illustré par la relation d’Ema avec Blester. Au départ simple relation sexuelle pour satisfaire des besoins, la relation évolue mais pas facile de la ranger dans une catégorie toute faite. Corollaire du couple et autre thème fort du roman, le féminisme décrit dans la charte des morues n’est pas un féminisme militant mais un féminisme qui pose les bonnes questions. Ainsi cet épisode où Ema se voit préparer un rôti au four pour son copain alors que personne ne l’a obligée. Les mécanismes qui sont profondément ancrés chez les hommes comme chez les femmes sont décryptés. Enfin les morues est un roman qui sous couvert de fiction amène un questionnements sur les effets pervers des politiques libérales sous la forme de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). Bien qu’étant un thème peu glamour pour un roman, il est présenté sous un jour intéressant dans le cadre de l’enquête menée par les deux personnages principaux. Il est question de décentralisation et d’enlever des moyens aux services publics pour utiliser les conséquences de ce manque de ressources comme un argument pour souligner l’efficacité du secteur privé. Or cela occasionne des conflits d’intérêts entre des entités privées qui conseillent les pouvoirs publics et qui ont par ailleurs une activité d’outsourcing qui les voit profiter des mannes de l’externalisation de certaines missions publiques. Rappelons qu’il s’agit là de fiction ne serait-ce que parce que MySpace y est décrit comme un média social populaire.

Les morues est écrit dans un style fluide pour parler de politique comme de sexe. Bravo Titiou Lecoq. Ça traite de sujets sérieux sans se prendre au sérieux. J’aime beaucoup.

Le pont de l’île, Christine O’Doherty

la Recrue du mois

Le pont de l’île est le premier roman de Christine O’Doherty. C’est la Recrue du mois de mars 2013.

Le retour en région est un thème récurrent chez les primo-romanciers québécois. Au cours des dernières années, j’ai lu Sur la 132 de Gabriel Anctil, Eteignez il n’y a plus personne de Louise Lacasse ou encore Nos échoueries de Jean-François Caron. Les régions font-elles un retour en force ?

Le pont de l'ile, Christine O'Doherty

Pas facile donc de se démarquer alors que d’autres auteurs ont déjà tracé cette route. Christine O’Doherty traite d’une manière particulière. Elle s’affranchit du Québec en exilant sa narratrice à l’Île du Prince-Edouard. Et cet exil n’est que temporaire puisque le personnage principal reviendra à Montréal et fera un détour par le Saguenay de son enfance.

Le récit raconte comment et pourquoi Gabrielle quitte sa vie montréalaise, son installation sur l’ile du Prince-Edouard et les amitiés qu’elle y noue petit à petit. Des flash-backs avec l’enfance de Gabrielle permettent d’éclairer son comportement. Ce sont d’ailleurs les moments les plus intenses du roman car ils cristallisent les rêves de la jeunesse et ses aspirations les plus profondes. Ce sont des moments fondateurs dans la construction de sa personnalité.

Il n’est pas question uniquement de Gabrielle. Une bonne partie de ce roman de 124 pages est consacré à l’histoire de Dorothy, l’amie que Gabrielle s’est faite sur l’Ile du Prince Edouard. Cette digression importante par rapport au récit principal sert de miroir à la situation de Gabrielle. Comme elle Dorothy vit un mariage sans passion pour d’autre raisons mais à l’inverse de Gabrielle, elle étouffe sur son ile et ne rêve que de vie urbaine. L’effet de miroir est de nouveau présent en fin de roman quand Gabrielle repense à des moments clés de son enfance alors qu’elle est maintenant confrontée à des parents âgés et malades.

La question fondamentale du pont de l’ile est celle du déterminisme. Dans quelle mesure sommes-nous le fruit de notre milieu et de notre famille ? Dans le cas de Gabrielle, même si elle a rejeté sa famille pour vivre totalement autre chose, elle se rend compte qu’elle ne peut pas échapper à ses racines et à ce que ses parents lui ont transmis. Même si elle a d’autres attentes que celles de la génération de ses parents, elle se rend compte qu’elle n’est pas plus heureuse pour autant.

Désolations, David Vann

Désolations est le deuxième roman de David Vann. Son premier roman, Sukkwan Island, avait été très bien accueilli par la critique et les lecteurs. Le titre original de Désolations est Caribou Island. Je trouve dommage que le titre original ne soit pas conservé alors que c’était le cas pour Sukkwan Island. J’aime cette idée d’une continuité dans les titres voulue par l’auteur.

Irène et Gary sont mariés. Ils sont tous les deux âgés d’une cinquantaine d’année. Et maintenant que les enfants ont quitté la maison, ils vivent en tête-à-tête. Gary a comme projet de construire une maison en rondins sur Caribou Island, une île qui se situe au milieu du lac sur lequel donne la maison du couple. Le souhait de Gary est de trouver une certaine authenticité au travers d’un rapprochement auprès de la nature. Irène ne partage pas l’engouement de Gary. Le projet de construction se complique alors que d’une part l’hiver approche rapidement et le temps manque pour bâtir la maison et que d’autre part Irène est prise de migraines violentes.

Gary et Irène ont deux enfants. Leur fille est nommée Rhoda et est proche de ses parents. Elle leur rend visite régulièrement malgré la distance. Rhoda est en couple avec Jim, un dentiste qui n’est pas pressé de se marier avec elle. Leur fils Mark s’est éloigné de la famille. Il vit en concubinage et travaille sur un bateau pendant la saison de pêche et passe le reste de son temps à fumer des joints.  Carl et Monica sont quant à eux un jeune couple en vacances en Alaska. Ils se retrouvent dans l’environnement immédiat de Mark et Rhoda.

Désolations est un roman choral, une différence majeure par rapport au huis clos de Sukkwan Island. David Vann délaisse ici la relation père fils pour se focaliser sur la vie de couple. La multiplicité des points de vue et des situations vient souligner la diversité des couples. Chacun a sa manière de fonctionner et surtout de dysfonctionner. Les paysages de l’Alaska et la nature dure et immuable sont les témoins silencieux des petits et grands drames qui se nouent. L’Homme ne peut lutter contre les éléments, ne serait-ce que pour construire une cabane en bois. Il peut tenter d’apprivoiser la nature au travers de la chasse ou de la pêche mais ces rituels sont gouvernés par des forces plus puissantes que lui.

David Vann excelle dans la description des petits et des grands moments de malaise. Les tensions interpersonnelles sous-jacentes et le mal-être entre proches sont le cœur de ce roman riche en non-dits, en tromperies et en paranoïa. Il n’y a pas dans Désolations de moment choc, de tournant comme dans Sukkwan Island. C’est pire : la tristesse et la mélancolie sont présentes tout le long du roman jusqu’au dénouement.

J’ai aimé lire ce roman à l’atmosphère sombre comme un jour de brouillard en Alaska. David Vann est talentueux et propose un récit maîtrisé de bout en bout pour amener le lecteur dans son univers si particulier.

Tais-toi, je t’en prie, Raymond Carver

Raymond Carver est un auteur américain surtout connu pour ses recueils de nouvelles décrivant les milieux populaires en Oregon. Tais-toi, je t’en prie a été publié en 1976.

C’est toujours un exercice délicat de faire le résumé d’un recueil de nouvelles sans s’arrêter sur chacun des textes. Ce livre compte 21 nouvelles. Parmi celles qui ont particulièrement retenu mon attention il y a celle d’un enfant qui fait l’école buissonnière pour aller pêcher dans un ruisseau qu’on devine insalubre, celle du couple qui essaie sans succès de se rabibocher dans un resto, celle de la femme qui met ses charmes à contribution afin de vendre la voiture du ménage endetté, celle du couple qui s’installe dans un quartier sous l’œil méfiant du facteur et celle des deux couples d’amis qui se font une soirée à fumer des substances illicites (Oregon oblige).
Ces textes courts m’ont fait penser à des miettes de vie mais qui se suffisent à elles-mêmes pour que le lecteur puisse se faire une idée d’une réalité. Les nouvelles tournent autour de l’enfance, du couple, de la famille et de l’amitié. Tout cela est raconté sur fond de chômage, d’endettement et d’emmerdes quotidiennes. Il n’y a pas de glamour dans ces nouvelles de Raymond Carver. Il présente des gens de la classe moyenne urbaine et rurale : serveuse de restaurant, facteur, écrivain aux débuts difficiles, chômeur etc. De l’ordinaire format nouvelles.

J’ai beaucoup aimé le style de Raymond Carver qui est d’une sobriété admirable. Il suffit de quelques phrases pour être plongé dans la réalité de ses personnages. Il atteint des sommets quand il décrit des malaises familiaux comme dans la micro nouvelle (2 pages !) où les membres d’une famille s’aperçoivent au détour d’une conversation banale que le père ne ressemble  à personne dans la famille. Et que dire du texte décrivant un père déchiré quand vient le moment de se débarrasser de la chienne que ses enfants adorent mais qu’il considère comme un sale cabot ? Brillant.

Raymond Carver a un style minimaliste et redoutablement efficace. Ses nouvelles ne comportent pas de morale et pas nécessairement de chute en fin de texte. Juste des instantanés de la vie quotidenne. S’il n’avait pas été écrivain, Raymond Carver aurait assurément été un excellent photographe.

Fol Allié, Patrick Dion

Patrick Dion est la recrue du mois de juin avec son premier roman : Fol Allié.

Éric vient de se faire quitter par sa conjointe après plusieurs années de vie commune. Meurtri, il revient sur ses relations passées pour essayer de comprendre ce qui ne va pas dans ses relations, pourquoi il finit toujours par tout gâcher alors qu’il file le parfait bonheur. Il repense aussi à son enfance et à plusieurs événements qui l’ont construit comme adulte. C’est une introspection en forme de bilan pour un homme pour qui la vie en couple est devenue impossible.

À ma connaissance, rares sont les auteurs à s’aventurer sur le terrain des émotions masculines dans les moments de rupture. En tout cas, il aura fallu l’expérience de la Recrue pour que je lise un livre sur ce thème. La principale qualité de ce roman, et elle ressort rapidement à la lecture, est que Patrick Dion l’a écrit avec ses tripes.
Mais ça a été insuffisant pour que je le considère comme un bon livre. J’ai d’ailleurs failli abandonner la lecture après une centaine de pages.
Qu’est-ce qui ne m’a pas plu dans Fol Allié ? D’abord les répétitions : le personnage principal tourne en rond, il se pose les mêmes questions sans progresser. J’ai eu l’impression d’avoir affaire à un homme qui est dans l’impossibilité de grandir, de mûrir. Comme lecteur, j’ai besoin de comprendre l’intention derrière le texte. Est-ce nécessaire de nous montrer cet homme qui frappe toujours le même mur pour faire passer le message qu’on ne peut pas lutter contre l’atavisme familial ou que les hommes ne peuvent pas naturellement extérioriser leurs émotions sans devenir fou ? Je ne m’attendais pas à une fin heureuse ni à un dénouement particulier mais au moins à voir une progression du narrateur. Je me suis aussi demandé si c’était le thème qui ne me parlait pas. En effet, je ne comprends pas cet homme que son caractère empêche de vivre en couple et d’être fidèle et qui malgré tout s’entête à vouloir trouver l’amour tout en sachant que ça se finira mal.

En ce qui concerne la forme, il faut souligner un style efficace, une écriture brute qui amène une réelle sincérité au niveau des émotions. Patrick Dion a la métaphore facile et très imagée. Ça vient souvent servir le propos. Par contre, les jeux de mots et calembours font parfois tache dans une ambiance dramatique. Et je trouve qu’ils ne sont pas au service d’une intention particulière. Pourtant j’apprécie Patrick Dion le blogueur pour son regard original sur les choses de la vie et ses jeux de mots. Mais là dans un roman, je ne sais pas pourquoi mais ça ne passe pas.

Au final je suis sans doute passé à côté de Fol Allié. J’ai terminé ma lecture mais je n’ai pas compris l’intention de l’auteur. Et je n’aime pas ça. Une explication de texte ?

Le monde selon Garp, John Irving

C’est pour moi un premier contact avec l’écrivain américain John Irving. Le monde selon Garp est le best-seller paru en 1978 qui a assuré sa notoriété auprès du grand public.

Pour faire un résumé simple, ce roman raconte la vie d’un écrivain nommé ST Garp, de sa conception à sa mort.
Garp est né de l’union de Jenny Field, infirmière, avec un soldat estropié et mourant. Ce soldat fait très bien l’affaire car Jenny ne voulait pas s’embarrasser d’un homme dans sa vie. Elle voulait concevoir un enfant sans avoir à partager sa vie avec le père. Ostracisée par une famille conservatrice, Jenny élève Garp seule et devient infirmière dans un collège exclusivement réservé aux garçons. C’est là que Garp fait l’apprentissage de la vie et qu’il décide d’embrasser la carrière d’écrivain pour séduire Helen, la fille de son entraîneur de lutte, qui deviendra le grand amour de sa vie. Le monde selon Garp, c’est donc la création littéraire imbriquée dans la vie quotidienne d’un mari et père de famille avec ses doutes et questionnements.

Le monde selon Garp relate donc un parcours individuel avec une opposition de style entre un homme hédoniste et sa mère féministe qui ne comprend la concupiscence masculine. Les thèmes principaux du roman sont la famille, le couple, le féminisme, le deuil, le sexe et la création littéraire. John Irving possède un talent indéniable pour raconter une histoire. Il maîtrise parfaitement l’art de maintenir l’attention du lecteur en dépit de l’usage fréquent de digressions et de mises en abyme. John Irving parvient aussi à surprendre le lecteur avec des personnages un peu fous et des situations improbables. Le personnage principal est attachant et John Irving propose avec ce livre un regard à la fois plein d’humour et profond sur le monde contemporain.

À certains égards, ce livre de John Irving m’a fait penser à Paul Auster. Je pense en particulier à sa capacité à plonger le lecteur dans une histoire en quelques lignes seulement. Et le fait de mettre un écrivain au cœur d’un roman est une marotte de Paul Auster.

J’ai lu à propos du monde selon Garp que c’était un livre culte. Ce roman est certes solide et écrit par un auteur talentueux mais j’ai du mal à voir ce qu’il pourrait y avoir de vraiment culte. C’est peut-être une question de génération mais j’ai du mal à m’identifier à ce roman malgré ses qualités. Rien toutefois pour m’empêcher de retourner du côté de John Irving.