Une très petite surface, Nicolas Ancion

J’ai lu ce roman après avoir découvert sur le post-it littéraire de Nicolas Ancion le contexte dans lequel il a été écrit. Inspiré par la série 24, Nicolas Ancion a conçu et rédigé ce court roman en 24h et devant public à l’occasion de la Foire du Livre de Bruxelles il y a quelques semaines. Un clin d’œil voulu à Jack Bauer de la série 24. Art et performance ne seraient donc pas incompatibles.

Michel sort de prison et retrouve son fils Christian qui prend lui aussi le chemin de la délinquance. Après un braquage avorté dans une banque, le père et le fils se rabattent sur une grande surface et ce faisant se retrouvent au milieu d’un conflit social entre le personnel et la direction de la chaîne de supermarchés.

L’idée de ce polar est bonne et l’histoire est captivante. Nicolas Ancion possède un talent indéniable pour captiver le lecteur. J’ai bien aimé le volet critique sociale du roman. Comme quoi il est possible de faire passer un message même dans un roman petit format (85 pages).

J’ai tout de même un goût d’inachevé après la lecture de cette très petite surface. Certains personnages sont bien approfondis pour être sortis de l’histoire rapidement (je pense en particulier au commissaire avec qui le roman s’ouvre), c’est dommage. Les motifs du braquage ne sont pas très clairs : à un moment donné Michel veut éviter à son fils de tomber dans la délinquance comme lui et voilà que d’un coup, la seule solution qui s’offre à eux est de s’attaquer à une banque et à un supermarché. Et le flash-back qui sous-tend le dénouement m’a un peu perdu. Il arrive tôt et comme un cheveux sur la soupe. J’aurais donc aimé plus de matière autour de ce livre. Il est bien évident que ces reproches viennent du fait que l’auteur était prisonnier du format imposé.

Pour un premier contact avec Nicolas Ancion, ça demeure une bonne expérience. Ça me donne envie de faire connaissance avec les autres livres de Nicolas Ancion. Histoire de voir ce que ça donne quand il prend plus de 24 heures pour écrire roman.

Vous pouvez télécharger gratuitement le pdf du roman sur le blogue de Nicolas Ancion.

Contre-jour, Thomas Pynchon

J’étais assez impatient de me frotter à Thomas Pynchon, d’autant que j’ai apprécié de lire des romans d’auteurs américains contemporains comme Saul Bellow et Don DeLillo (voir la liste des lectures de ce blogue). Mais ça aura été un rendez-vous manqué avec Thomas Pynchon car je n’ai pas pu finir Contre-jour, le dernier ouvrage qu’il a publié à date. Je me suis rendu à la moitié de ce livre très dense qui compte 1200 pages.

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Le livre débute à la fin du dix neuvième siècle pendant l’exposition universelle de Chicago. Plusieurs des très nombreux personnages du livre sont alors présentés. L’action se déplace ensuite dans le Colorado où le lecteur fait la connaissance de la famille Traverse. D’abord Webb le père qui travaille dans les mines mais qui à ses heures perdues manie l’explosif contre les patrons de mines. Sur fond de conflits sociaux violents, d’anarchisme et d’exploitation des ouvriers, on est plongé dans un Far West coloré. Webb sera assassiné, sa fille unique épousera son meurtrier, un de ses fils va chercher à le venger, accompagné d’un cadet pas plus motivé que ça à restaurer l’honneur de la famille. Le petit dernier deviendra lui le protégé du riche industriel qui a commandité l’assassinat de son père.
Contre-jour est la description d’une époque où tout était possible, où les sociétés américaine et européenne étaient en pleine construction. Thomas Pynchon signe une chronique de la fondation de notre ère moderne. Le récit emprunte parfois à Jules Verne, en particulier dans les passages consacrés aux Casse-cous, une bande d’aéronautes employés à de dangereuses missions par de mystérieux commanditaires. Thomas Pynchon fait aussi tourner le récit autour de la science, enfin les branches de la science un peu mystiques, entre scientisme et sciences occultes. L’époque est clairement à la recherche de sens que ce soit au niveau scientifique ou au niveau social.

Décrit comme ça, Contre-jour semble en effet un roman intéressant. Mais je ne sais pas si je n’accroche pas avec le style de Pynchon ou si j’ai été un peu fainéant sur ce coup là. Toujours est-il que le livre m’est apparu touffu et dense. De fait difficile à suivre. J’ai mis du temps à comprendre qui étaient les personnages principaux du roman. Le récit n’est pas toujours facile à lire. Je ne sais pas si c’est à cause des nombreux récits parallèles ou de l’ambiance très scientifique mais je n’ai pas eu énormément de plaisir avec cette lecture. J’ai eu l’impression d’un patchwork de récits, comme si Pynchon avait voulu écrire plusieurs romans en an. Peut être pour retranscrire le fourmillement des idées de la fin du 19ième siècle et du début du 20ième. Dans une certaine mesure, Contre-jour est un miroir du début de notre 21e siècle riche en fanatisme religieux, en actes terroristes et où les avancées scientifiques posent de nombreuses questions morales.

Bref, ce premier contact avec Thomas Pynchon n’est pas une réussite. Quel est votre avis sur Contre-jour ? Et plus généralement sur Thomas Pynchon ?

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