Métronome, Lorànt Deutsch

Ayant toujours quelques métros de retard (ah ah !), je viens de terminer Métronome, un ouvrage écrit par l’acteur français Lorànt Deutsch qui, découverte pour moi, est un passionné d’Histoire. Ce livre a connu un gros succès il y a 2 ans et a depuis été proposé dans une version illustrée.

En résumé, l’auteur prend le prétexte de s’intéresser aux stations de métro parisiennes pour faire découvrir au lecteur l’Histoire de Paris et plus largement de l’Histoire de France. En effet, les destins de la France et de Paris sont depuis longtemps entremêlés. Tout commence avec les Gaulois qui ont été les premiers à s’établir sur les bords de la Seine. Mais il semblerait qu’ils se soient plutôt installés du côté de l’actuelle Nanterre que dans le centre de Paris. L’île de la Cité a commencé à jouer un rôle central sous l’Empire Romain. Rôle qui s’est poursuivi sous les Mérovingiens et les Carolingiens de manière différentes selon les rois : ainsi Noyon, Laon et Aix-la-Chapelle ont pu être préférées à Paris à certaines époques et au gré des souverains. Paris devient ensuite la véritable capitale du royaume français sous la férule des Capétiens. Ce rôle central se poursuivra sous la Révolution et les différentes Républiques jusqu’à nos jours.

L’Histoire de Paris est également indissociable du l’Histoire du Christianisme. Les cathédrales et églises constituent des témoignages durables de certains épisodes historiques. Mais il faut parfois se muer en enquêteur pour trouver des traces plus discrètes de l’Histoire. Ainsi Lorànt Deutsch convie le lecteur à découvrir les vestiges de l’Histoire parisienne. On le suit par exemple dans les rues de Paris à la recherche des vestiges du rempart construit à l’époque de Philippe-Auguste ou dans la cave d’un restaurant où se situerait le dernier cachot de la Bastille encore en état.

Métronome est aussi un hommage au peuple parisien qui a su à travers les âges survivre aux envahisseurs depuis le temps des invasions vikings et a fait montre d’un caractère bien trempé à travers les siècles. Les épisodes sanglants sont nombreux : guerres de religions, guerres d’influence entre différentes familles, rien n’a été épargné à Paris.
Si le livre est agréable à lire pour quelqu’un qui s’intéresse à l’Histoire, il devrait être encore plus intéressant pour quelqu’un qui connaît très bien Paris et qui situe les différents lieux mentionnés dans Métronome. Ma culture parisienne n’étant pas très approfondie, je me suis trouvé un peu bloqué quand certaines rues ou certains quartiers que je ne connais pas du tout sont cités. Malgré tout, la passion de Lorànt Deutsch est communicative dans ce livre qui se lit très bien.

Concernant la version illustrée que j’ai également eue entre les mains, elle est plus un complément de la version texte qu’un ouvrage indépendant. Je ne la recommande pas sans lecture préalable de la version originale de Métronome.

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Les étoiles de Compostelle, Henri Vincenot

Tout de suite après la billebaude, j’ai enchaîné avec les étoiles de Compostelle, troisième roman de mon livre rassemblant plusieurs œuvres d’Henri Vincenot. Est-ce une bonne idée d’enchaîner deux livres du même auteur ? Rarement. J’ai aimé les étoiles de Compostelle mais j’y ai vu trop de similitudes avec les deux romans précédents pour l’apprécier pleinement.

Vincenot, éditions Omnibus

Et pourtant, la rupture est assez nette en apparence. Les étoiles de Compostelle emmène le lecteur au Moyen-âge, bien des siècles plus tôt que pour le pape des escargots et la billebaude. L’action se situe toujours en Bourgogne. Mais ma lassitude est venue du fait qu’Henri Vincenot utilise un ressort similaire aux deux autres romans que j’ai lus, à savoir un jeune homme parvient à l’âge adulte et se voit révéler par un ancien la connaissance et les traditions qui sont ignorées de la masse populaire. Les portes de la Connaissance s’ouvrent à lui.

Le jeune homme en question s’appelle Jehan le Tonnerre. C’est un parsonnier qui vit dans une communauté chargée de défricher les terres d’un seigneur. En échange de ce travail, la communauté peut rester sur les terres du seigneur sans que celui-ci ne lève de taxes ou n’exige des corvées de leur part. Sur ces terres vit un vieil homme singulier que les autres appellent le Prophète par raillerie. Ce Prophète part en effet dans de longues tirades sur les origines celtes de la religion chrétienne.

Un beau jour, une équipe de moine s’installe à proximité de la communauté. Ils sont bientôt rejoint par des travailleurs spécialisés dans différents corps de métier. Attiré par la nouveauté, Jehan finit par quitter sa communauté pour rejoindre ces maîtres bâtisseurs, les compagnons du devoir. Il apprendra le métier de charpentier et une fois le chantier de l’abbaye terminé, il accompagnera le Prophète sur le chemin du pelerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Résumer les étoiles de Compostelle n’est pas aisé car le récit compte deux temps. Le premier autour de l’abbaye en construction et le second sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. Dans les deux cas, Jehan se verra révéler les secrets de la construction des églises (le nombre d’or, la divine proportion, les voûtes et les signatures des compagnons) et de l’origine celtique de certaines croyances chrétiennes.

Finalement, le thème des étoiles de Compostelle est très proche de ceux présents dans la billebaude et dans le pape des escargots. Le livre se lit bien, on se laisse prendre à l’histoire. Mais je suis resté sur ma faim parce que je n’ai pas trop vu où Henri Vincenot voulait en venir sinon nous dire que le christianisme est un syncrétisme et ouvrir au lecteur les portes du monde des compagnons du devoir. Le livre n’est pas mauvais, il se laisse lire mais il est temps pour moi de faire une petite pause d’Henri Vincenot.

Du même auteur : le pape des escargots et la billebaude