Trailerpark, Russell Banks

Après l’Oregon de Raymond Carver, allons faire un tour dans le New-Hampshire de Russell Banks avec Trailerpark.

Le lieu du roman est ce fameux trailerpark, ce parc à caravanes abritant des esquintés de la vie qui n’ont pas les moyens de se payer un « vrai » logement. Il est situé au bord d’un lac dans une petite ville nommée Catamount qui n’en finit plus d’agoniser depuis des décennies. Le parc à caravanes abritent des parents élevant seuls leurs enfants, un alcoolique, un drogué qui trafique du cannabis, une femme un peu folle qui élève des cochons d’Inde dans son mobile home, deux noirs perdus dans la blanche Nouvelle-Angleterre, un ancien militaire, un homosexuel discret et la gestionnaire du parc qui est prise dans un quotidien exigeant. Le plus normal de tous est ce retraité qui, faisant fi de sa bonne fortune, ne vit que pour pêcher dans la cabane qu’il installe sur le lac gelé en hiver.

Russell Banks propose avec Trailerpark le portrait cru d’un milieu social pauvre et sans perspectives au cœur des États-Unis modernes. Mais son propos n’est pas misérabiliste, il ne dresse pas un tableau sombre de la vie de ces personnages aux prises avec des difficultés. Sa plume est souvent ironique et laisse entrevoir une lecture très fine des comportements humains. Le roman est construit comme une suite de nouvelles. Mais loin d’être indépendants, ces chapitres proposent un éclairage particulier sur un des habitants du parc à caravanes tout en précisant en arrière-plan certains aspects de la vie des autres personnages. C’est ainsi qu’au fur et à mesure de la lecture, la vie de chacun nous est révélée à travers plusieurs points marquants. Russell Banks se joue de la chronologie car les chapitres ne se suivent pas de manière linéaire. Voilà donc un livre que j’ai trouvé très agréable à lire pour le style de Russell Banks et pour ses personnages attachants.

Pour en savoir plus sur Russell Banks, allez lire l’entrevue qu’il a accordée à Biblioblog.

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