Septembre 2007 : vos lectures préférées

Au cours du mois de septembre, les 3 articles les plus consultés de ce blog ont été dans l’ordre les frères Karamazov, les Bienveillantes et Madame Bovary.

Les classiques sont à la mode (l’effet de la rentrée scolaire ?)

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Madame Bovary, Gustave Flaubert

Je suis un lecteur de classiques. Surtout ceux du XIXième siècle qui me passionnent. Je m’étais immergé dans la série des Rougon-Macquart d’Émile Zola pendant plusieurs années (il faut bien ça). Dernièrement je me suis attaqué à Honoré de Balzac et son impressionnante Comédie Humaine. Mais je n’avais encore jamais lu un roman de Flaubert. C’est maintenant chose faite.

L’action de Madame Bovary se déroule au XIXième siècle en Normandie. On y suit Emma, ladite Madame Bovary, épouse d’un médecin, qui ne se satisfait pas de sa vie à la campagne et de son mariage avec un homme médiocre. L’esprit nourri par les romans de chevalerie, elle se rêve femme du monde à Paris, courtisée par les plus grands hommes. Elle se rapproche d’abord d’un jeune clerc de notaire, Léon, mais ni l’un ni l’autre n’ose déclarer son amour. Elle tombe ensuite sous le charme de Rodolphe, séducteur de ces dames. Elle vit cet amour caché avec joie et passion jusqu’à ce que Rodolphe ne se sépare d’elle brutalement, ce qui la plonge dans un état maladif et sombre. Elle retrouvera plus tard le clerc de notaire qui s’est réinstallé à Rouen et avec qui elle vit une passion encore plus forte. Pour le voir, elle invente des stratagèmes suffisamment convaincants pour son mari naïf. Stratagèmes qui l’amènent à contracter des dettes auprès d’un usurier. S’en suit une spirale descendante qui s’achèvera dans des souffrances horribles pour Madame Bovary.

Paru en 1857, le livre a rapidement fait scandale au point qu’un procès a été intenté envers Flaubert, son éditeur et son imprimeur pour interdire le livre. Pour les censeurs, il s’agissait en effet d’un plaidoyer en faveur de l’adultère qui ne devait pas tomber entre les mains des femmes de l’époque. Je passe les attaques pour outrage à la morale et à la religion. Flaubert est finalement sorti blanchi de ces accusations et a bénéficié d’un non lieu.

C’est difficile de donner son avis sur un livre qui est considéré comme faisant partie du patrimoine littéraire français. J’avoue que j’ai eu du mal à accrocher à la lecture de Madame Bovary. Je l’ai trouvé inégal au niveau du rythme de la narration. J’ai mis du temps à entrer dans le vif du sujet. Certains passages m’ont paru passionnants et d’autres beaucoup moins. Mais ça s’est arrangé une fois le premier tiers du roman passé. Celui-ci étant nécessaire pour installer l’intrigue et nous permettre d’entrer dans l’esprit d’Emma Bovary, ce que Flaubert arrive très bien à faire. Par ailleurs, certains portraits valent le détour comme celui du prêtre défenseur d’une foi qui subit les coups de boutoir du mouvement laïque, celui du pharmacien, farouche et ridicule partisan du progrès ou encore celui de l’usurier, en permanence à l’affût des opportunités de gagner de l’argent. Et en toile de fond, nous avons décrite avec une volonté de réalisme la vie d’un village de province au cœur du XIXième siècle. J’ai aimé ce livre mais au prix d’un certain effort. Je n’ai pas eu le plaisir que j’ai à lire Zola ou Balzac.

Ma note : 3/5.