Apocalypse bébé, Virginie Despentes

Il s’agit pour moi d’un premier contact avec Virginie Despentes via Apocalypse bébé, un roman paru en 2010. Il a obtenu le prix Renaudot la même année.

Apocalypse bébé - Virginie Despentes

Valentine est une adolescente qui vient de disparaître. Lucie, une détective privée pas très dégourdie, mène l’enquête. Alors qu’elle a bien du mal à débuter ses investigations, elle fait appel à la Hyène, une lesbienne bien connue dans le milieu des privés. Rompue aux méthodes peu orthodoxes, elle remet Lucie sur les bons rails. Leur enquête les conduira de Paris à Barcelone.

Apocalypse Bébé est construit d’une manière originale qui donne du rythme au roman. Les chapitres à la première personne du point de vue de Lucie alternent avec d’autres chapitres offrant le point de vue des autres personnages du roman. Ce polar lesbien tire dans tous les sens : le Paris bourgeois, le monde de l’édition, la famille traditionnelle… L’histoire elle-même n’est que le prétexte à une critique de notre société. L’enquête est plutôt rapidement menée et comporte quelques rebondissements jusqu’à montrer l’histoire familiale compliquée de Valentine. L’ensemble se lit bien.

J’avais une image trash de l’écriture de Virginie Despentes, la faute à quelques articles lus ici et là. Mais si je me limite à Apocalypse bébé, point de trash. Il y a bien quelques provocations comme la description de scènes de sexe, y compris entre lesbiennes, un mode de vie alternatif à Barcelone, de la violence mais il n’y a vraiment pas de quoi choquer le lecteur lambda. Quant à la question de savoir si le prix Renaudot est mérité, je veux bien croire que le cru 2010 des romans français était pauvre.

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Le jeu de l’ange, Carlos Ruiz Zafón

C’est pour moi une première incursion dans le monde de Carlos Ruiz Zafón, cet écrivain catalan qui domine le palmarès des ventes dans de nombreux pays.

Dans le Barcelone des années 20, David Martin est un jeune journaliste qui a l’ambition de devenir écrivain. Il se fait exploiter par une petite maison d’édition pour qui il écrit des romans de gare sous un pseudonyme. Mais David a d’autres attentes, il veut être un écrivain reconnu pour la qualité de son œuvre littéraire. Il se lance alors dans l’écriture d’un livre plus personnel qui sera un échec commercial et critique. C’est quand son moral est au plus bas qu’il est contacté par Andreas Corelli, un homme étrange qui se prétend éditeur et qui lui propose un contrat très lucratif pour écrire un livre, un seul. David finit par s’apercevoir qu’il a signé un pacte avec le diable quand il apprend que Mr Corelli avait proposé il y a quelques années un arrangement similaire au sien à un autre écrivain qui est devenu fou et qui est mort dans des circonstances suspectes.

Le jeu de l’ange est un récit mi-fantastique mi-policier. J’ai beaucoup aimé découvrir le Barcelone du début du 20e siècle alors que l’architecte Gaudi venait de faire sa marque sur la ville (que je me dois de visiter un jour). L’ambiance gothique du roman donne une aura de mystère à Barcelone.
Par contre le roman est malheureusement peu original. Le thème du pacte avec le diable ne m’a pas séduit. Le jeu de l’ange est limite ennuyeux par moments. J’ai trouvé que l’intrigue était longue à se mettre en place et la partie où David Martin enquête sur le parcours de son prédécesseur est relativement convenue. De plus, le personnage principal ne m’est pas apparu comme vraiment sympathique. Ça a donc été difficile pour moi de me laisser absorber par le récit malgré toutes les péripéties que vit David Martin. En plus de poursuivre sa vocation littéraire et de lutter pour sa survie, il se brouille avec son meilleur ami, se meurt d’amour pour une femme qu’il n’aura jamais, veut sauver la librairie de son protecteur et prend sous son aile une jeune fille passionnée de littérature. Peut-être que Carlos Ruiz Zafón a essayé de mettre beaucoup de choses dans son roman. Toujours est-il que le jeu de l’ange ne m’a pas tenu en haleine. C’est dommage car je n’ai entendu que du bien de son précédent ouvrage l’ombre du vent.