Vol au-dessus d’un nid de coucou, Ken Kesey

Dans la série « j’ai pas vu le film mais j’ai lu le livre » (voir le facteur sonne toujours deux fois), je viens de terminer Vol au dessus d’un nid de coucou de l’auteur américain Ken Kesey.

Dans l’État de l’Oregon, un service psychiatrique fonctionne de manière routinière sous la férule de Miss Ratched, l’infirmière chef qui domine les patients et le personnel soignant. Jusqu’au jour où arrive un certain McMurphy, une grande gueule qui s’est fait passé pour fou afin d’échapper à la prison. Son arrivée et son style bousculent une machine bien huilée et une sourde confrontation va l’opposer à Miss Ratched.

Vol au-dessus d’un nid de coucou relate une véritable guerre psychologique où ni Miss Ratched ni McMurphy ne veulent céder un pouce de terrain à l’autre. J’étais un peu inquiet au moment de commencer ce livre : l’ambiance d’un hôpital psychiatrique n’avait rien pour me réjouir. Mais loin d’être sombre, ce roman est un hommage à la vie et à la liberté. Le personnage de McMurphy insuffle un élan de joie dans un milieu où tout est contrôlé. Par sa verve et ses airs goguenards, il est celui qui conteste l’autorité et l’arbitraire et il est celui qui va faire revivre les patients de l’asile. Et ces patients qui jouent le rôle de personnages secondaires viennent parfaitement soutenir l’intention de l’auteur : sont-ils des fous ou des inadaptés sociaux ? Le narrateur du roman est d’ailleurs un des pensionnaires de l’asile. Tout le monde croit à tort qu’il est sourd et muet mais il choisit simplement de ne pas communiquer. Quel intérêt de le faire dans un système où cela finit toujours par se retourner contre vous ? J’ai un peu moins aimé les moments de délire du narrateur, je ne suis jamais passionné par ce genre de scènes quel que soit l’auteur.

Voilà donc un livre qui se veut un hommage à la liberté dans son acception masculine disons : aller à la pêche, rigoler entre amis, boire de l’alcool, draguer les filles et surtout braver les interdits.

Même si je n’ai pas vu le film de Milos Forman, j’ai imaginé tout au long du roman le personnage de McMurphy sous les traits de Jack Nicholson. Ça cadrait vraiment bien avec le bonhomme.

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Journal d’un curé de campagne, Georges Bernanos

Voilà un livre que j’ai terminé il y a un mois et demi et que je n’ai pas encore commenté. Encore aujourd’hui, je ne sais pas trop quoi en penser.

Un jeune prêtre prend ses fonctions dans une paroisse de campagne. Bien intentionné mais maladroit, il peine à faire sa marque au sein d’une communauté qui se moque de son manque d’autorité et de sa faible constitution. Son journal est le moyen pour lui de garder son esprit concentré sur sa mission. Il y consigne les événements du quotidien de la paroisse, ses discussions avec ses supérieurs et ses réflexions sur les relations qu’il entretient avec ses ouailles.

Journal d’un curé de campagne est un livre sur le doute. C’est d’habitude le genre de livre que j’aime bien car il propose une réflexion sur une figure d’autorité tourmentée sur le bien fondé de sa mission, aussi divine soit-elle. Mais je n’ai pas dévoré ce livre. Je me suis surpris à aller jusqu’au bout de ma lecture alors que j’aurais très bien pu m’arrêter en cours de route sans éprouver de remords. Je pense que je n’ai pas accroché avec la remise en question du prêtre. Pourtant, certains passages sont vraiment profonds et ce roman est bien écrit. Mais je n’ai pas été touché. Je vais tout de même retenir quelques passages intéressants comme les discussions du curé avec ses supérieurs à propos du rôle des prêtres dans les paroisses.

Sans doute très percutant dans la société française des années 30, ce journal d’un curé de campagne me semble avoir perdu de sa pertinence aujourd’hui.

Je ne veux pas rester sur cette impression vis-à-vis de Georges Bernanos. Je suis donc à la recherche de recommandations d’autres livres de cet écrivain.