La part de l’autre, Éric-Emmanuel Schmitt

Voilà un exercice de style inhabituel sur un sujet sensible. L’idée derrière de La Part de l’Autre d’Éric-Emmanuel Schmitt est la question suivante : que se serait-il passé si Adolf Hitler avait été admis à l’École des Beaux-Arts de Vienne alors qu’il avait 19 ans ? A n’en pas douter la face du monde en aurait été bien changée.

Le roman commence le jour même où les résultats de l’examen des Beaux-Arts sont rendus publics. Dès lors on va suivre d’un côté Adolf H qui a été accepté et de l’autre Hitler qui a vu sa candidature refusée. La vie des deux hommes diverge rapidement. L’un poursuivra dans le domaine artistique alors que l’autre se lancera sur une voie bien connue de l’Histoire. Chacun vivra différemment la première guerre mondiale et le comportement vis-à-vis de leurs semblables sera radicalement différent.

Je m’attendais à une caricature de roman avec d’un côté le gentil et de l’autre le méchant. J’ai été en fait agréablement surpris par la manière de traiter le sujet. Les portraits de Hitler sont globalement assez nuancés. On peut juste regretter le fait que le bon Hitler s’en sort notamment grâce à une psychanalyse (menée par Freud lui-même !) qui le libère dans ses relations avec les femmes alors que le Hitler historique ne serait qu’un énorme frustré. Pour le coup j’ai trouvé ça caricatural. Mais à part ça, la lecture est plaisante : les amateurs d’histoire y trouveront leur compte, de même que ceux qui s’interrogent sur l’origine du mal. J’ai bien aimé aussi la géopolitique fiction proposée du côté du gentil Hitler avec une deuxième guerre mondiale qui n’a pas eu lieu. Éric-Emmanuel Schmitt a réussi à faire un bon livre avec un sujet qui au départ est loin d’être plaisant.

Ma note : 4/5

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