Une soif d’amour, Yukio Mishima

C’est en visitant quelques blogs de lecteurs que l’idée m’est venue de lire un autre livre de Mishima. Dans mes lectures scolaires (au lycée je pense), j’avais lu le pavillon d’or. Celui-ci ne m’a pas laissé un bien grand souvenir, à tel point que je serais bien incapable aujourd’hui de résumer ce livre à quelqu’un.

Soif d’amour

Une soif d’amour se passe au Japon au lendemain de la seconde guerre mondiale. Etsuko est une jeune femme qui suite à la disparition de son époux vit maintenant chez son beau-père Yakichi Sugimoto. C’est un ancien homme d’affaires qui a pris sa retraite à la campagne pour se consacrer à son jardin et à son verger. Il accueille aussi dans sa maison un de ses fils et sa femme, ainsi que la femme de son autre fils qui est en Sibérie. Etsuko est veuve depuis peu, son mari distant et infidèle ayant été emporté par la maladie. C’est donc un peu désabusée sur le couple qu’elle se retire à la campagne. Elle tombe sous le charme de Saburo, un jeune homme simple et séduisant au service de la famille. Dans le même temps, elle succombe aux avances peu subtiles de son beau-père avec qui elle entretient une liaison purement charnelle. Saburo de son côté a le même genre de relation avec Miyo, la jeune servante de la famille.

Avec une soif d’amour, nous sommes plongés dans l’univers triste de Etsuko. C’est un monde clos, sans espoir, où elle fréquente toujours les mêmes personnes et leurs comportements malsains. La question est de savoir si Etsuko va parvenir à briser son carcan et révéler ses sentiments à Saburo. Avec une économie de mots et une grande mesure, Mishima décrit le quotidien d’une femme dépressive, enferrée dans les bonnes manières et les convenances de la société japonaise. Et ceci au détriment de son propre bonheur. Malgré cette situation tragique, on a du mal à ressentir de la sympathie pour Etsuko. Elle est froide, cruelle et manipulatrice. Elle ne vaut pas mieux que les membres sournois de la famille Sugimoto.

Si j’ai apprécié une soif d’amour et en particulier le dénouement assez surprenant (la dernière phrase est un vrai petit bijou de concision et résume tout), je ne le considère cependant pas comme un chef d’œuvre. Je pense qu’à l’instar du pavillon d’or, il ne restera malheureusement pas gravé dans ma mémoire.

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