En attendant Godot, Samuel Beckett

Ça fait des années que je n’ai pas lu de pièce de théâtre. Je suis à peu près sûr que la dernière fois était dans le cadre de mes études (déjà lointaines mine de rien). Il aura fallu que je tombe sur une vieille édition d’En attendant Godot de Samuel Beckett pour que je m’y remette.

En attendant Godot

Estragon et Vladimir sont deux vagabonds qui attendent un mystérieux personnage nommé Godot. Leur attente est longue et ils semblent mettre beaucoup d’espoir dans leur rendez-vous avec Godot. Or ce dernier ne viendra jamais. En attendant, ils s’occupent en bavardant de tout et de rien jusqu’à ce que deux autres personnages arrivent sur scène : Pozzo et Lucky. Le premier tient le second au moyen d’une laisse. On comprend rapidement que Lucky est une sorte d’esclave pour Pozzo : il porte ses bagages et exécute la moindre demande de Lucky.

Pour un retour au théâtre, c’est du solide. Cette pièce en deux actes est pour le moins étrange. Je ne suis pas vraiment familier avec le monde de Samuel Beckett (si on excepte une sortie au théâtre avec le collège : assister à une représentations de Oh les beaux jours sans être préparé, ça fait bizarre). J’avoue humblement ne pas trop savoir quoi en retirer. Tout d’abord je n’aime pas vraiment lire des pièces de théâtre. Ma lecture est trop hachée et le texte ne possède pas la fluidité que j’aime dans un roman. Je vais éviter de rechercher trop de sens au texte. Il semblerait que Beckett était parti sur un délire d’écriture pour En attendant Godot et qu’il a longtemps réfuté les tentatives d’explications qui ont été faites. Pourtant le texte recèle quelques traits d’esprit très pertinents dans un ensemble banal: est-ce une métaphore de la vie ? Comme Estragon et Vladimir, on essaie de passer le temps alors qu’il passe de toute façon ? On attend quelque chose qui n’est pas sûr d’arriver ? Comme Lucky, les intellectuels prêchent-ils des concepts vides de sens dans un silence indifférent ? Plus de questions que de réponses avec ce texte. Certains le trouveront nul, d’autres brillant. Je penche vers la seconde option même si je pense que les bonnes clefs de lecture me manquent.

Samuel Beckett a écrit En attendant Godot en français avant de le traduire en anglais. La pièce a d’ailleurs été joué pour la première fois à Paris. Je classe cet article dansla catégorie littérature irlandaise étant donné la nationalité de l’auteur mais cet ouvrage est à placer dans le mouvement existentialiste de la France de l’après-guerre. En ce sens, il est peut-être plus représentatif de la littérature française qu’irlandaise.

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Gens de Dublin, James Joyce

Il s’agit pour moi d’une première expérience avec James Joyce. Il a produit de nombreux ouvrages autrement plus considérables que celui-ci mais d’après ce que j’ai compris, Gens de Dublin est peut-être le plus accessible. Une bonne manière d’entrer dans le monde de cet écrivain. A noter que selon les éditions, il est intitulé Dublinois ou Gens de Dublin.

Gens de Dublin

À travers quinze nouvelles, James Joyce nous plonge dans le Dublin du début du XXème siècle. On y côtoie des gens d’origines sociales variées et de fortunes diverses qui ont pour point commun d’évoluer dans la capitale irlandaise. James Joyce décrit minutieusement le quotidien de ses personnages. Pas de jugement dans ses descriptions. On est là dans une écriture de type réaliste, qui rend compte d’actions et de dialogues. James Joyce aborde ainsi des thèmes variés comme la famille, les relations hommes/femmes, l’alcoolisme, la politique avec l’opposition entre nationalistes et loyalistes et la religion bien sûr avec la cohabitation plus ou moins cordiale entre catholiques et protestants. On suit les personnages dans leur travail et dans leurs loisirs. C’est une véritable galerie de portraits de ces gens de Dublin.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Au début de chaque texte, le lecteur se trouve rapidement pris dans un univers particulier. James Joyce possède une plume alerte et accrocheuse. De fait qu’à la fin de chaque nouvelle, j’avais envie de lire la suivante. La lecture de Gens de Dublin aura été un véritable plaisir.

À noter que Gens de Dublin n’est pas une carte postale de Dublin et de l’Irlande. Le livre est exempt des clichés qui viennent volontiers quand il est question de l’Irlande : trèfle, couleur verte, rouquins buveurs de Guinness et tout cette pseudo tradition qu’on nous ressort à la Saint-Patrick. On croise certes plusieurs hommes dans des pubs avec une bonne stout à la main mais on ne verse jamais dans le folklore outrancier.