Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ?, Joanie Lemieux

la Recrue du moisJoanie Lemieux est la Recrue du Mois avec un premier livre intitulé Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ?

Les trains sous l'eau prennent-ils encore des passages Joanie Lemieux

Joanie Lemieux signe un premier recueil de 10 nouvelles qui ont toutes pour personnage central des femmes. Il s’agit de femmes de tous les âges, de l’enfance à la vieillesse en passant par de jeunes célibataires et des mères de famille. Leur point commun ? Une solitude sous différentes formes, une certaine amertume et une ambiance souvent mélancolique. Ce qui donne des textes fins et puissants à la fois.

La première nouvelle, intitulée Sous le grand X, donne le ton : une mère de famille est confrontée au décès de son fils adolescent dans un accident de la route. Cette perte immense lui cause un grand chagrin et elle découvre sa nouvelle solitude de mère.

Le titre du recueil de nouvelles est issu du texte intitulé Cendres où une petite fille née sans auriculaire gauche continue de s’appuyer sur un ami imaginaire même adulte. Elle fait un jour un rêve que le train qui la ramène chez ses parents pendant les congés de Noël déraille et se précipite dans la mer. Doit-elle partager ce rêve pressenti comme prémonitoire au risque de passer pour folle ?

La nouvelle que j’ai préférée est Ecume où une vieille femme revient sur les circonstances de la mort de proches en mer 50 ans auparavant. Considérée comme une sorcière, elle vit en marge et passe ses journées seule. J’ai aimé l’aspect fantastique du récit qui donne une profondeur additionnelle au texte. Sans lui, ce n’était que nostalgie d’une vieille femme seule. Une fois cette nouvelle terminée on se prend à rêver. Et ce n’est pas le seul récit avec un imaginaire qui ajoute de la force. Je pense à Huitième voyage, nouvelle dans laquelle une femme mariée engoncée dans son train-train quotidien découvre un moyen magique de rompre cette routine. Ou encore à Après Zoé : une femme se sent en concurrence avec la passion dévorante de son conjoint, la construction de marionnettes en bois avec une figure féminine. Le rêve et l’imaginaire sont des refuges pour ces femmes dont la cellule familiale éclate, entre séparations ou pire encore, une indifférence entre membres de la famille.

Avec Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ?, Joanie Lemieux fait la synthèse de nombreux maux modernes. Sans apporter de réponses, elle met le doigt sur des situations difficiles qu’elle évoque de manière subtile et touchante. Cette pudeur dans le propos ouvre une porte (de sortie ?) sur le pouvoir de l’imaginaire et du fantastique.

2 réflexions au sujet de « Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ?, Joanie Lemieux »

    1. Bonjour, il s’agit simplement de rendre compte de mes lectures. En l’occurence cet article est le fruit d’une lecture faite dans le cadre de la Recrue du mois, un blogue collectif auquel je contribue régulièrement et qui se consacre à faire connaître les nouveaux auteurs québécois.

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