Vestiges, Véronique Bossé

la Recrue du mois

Véronique Bossé est la Recrue du mois. Elle publie un premier recueil de nouvelles intitulé Vestiges.

 

Vestiges Véronique Bossé

 

Véronique Bossé signe avec Vestiges un recueil de nouvelles tout en subtilité. Le thème principal de cet ouvrage est le regard porté sur le temps qui passe, qu’il s’agisse de la vie de couple comme dans Relents, le journal d’une mère de famille qui s’interroge sur la vie amoureuse dans le couple après les enfants ou comme dans Je vais mourir où Marie, une quarantenaire décrite comme « experte de la vacuité » prend conscience de la finitude de la vie et se questionne sur ce qu’elle va laisser derrière elle.

Un des autres thèmes abordé par Véronique Bossé dans son livre est celui de l’identité. Ainsi dans Rouge est livré le portrait d’un étudiant suiveur qui dit de lui-même : « j’ai l’instinct grégaire ». Ce jeune homme se cherche une identité et Véronique Bossé trace un parallèle entre les grèves étudiantes et la vie amoureuse de l’étudiant. Alors que les grèves sont « bien tombées » selon ses propres dires, déclenchées par l’indifférence du premier ministre Jean Charest, le fait qu’il soit incapable d’avouer ses sentiments à une camarade d’université le ronge. L’indifférence, que ce soit celle du gouvernement ou d’une jeune fille, le pousse à la violence. Dans une autre nouvelle, Legs, une jeune femme parle de la petite Flavie, elle lui montre les albums photos de la famille et ce n’est qu’à la fin de la nouvelle, dans une chute de toute beauté, qu’on apprend qui est qui. Cette surprise finale est tellement bien amenée que j’ai relu immédiatement le texte pour comprendre ce qui est raconté au lecteur.

Je ne peux pas ne pas mentionner les deux nouvelles les plus longues du recueil, pour des raisons différentes. Archives est le texte qui m’a le moins intéressé. La narratrice croise un homme dans le bus qu’elle surnomme Les Yeux. Ces  homme croisé dans le bus déclenche chez elle une revue de ses dysfonctionnements et un bilan de ses relations sociales difficiles. J’ai vécu ce texte comme une longue énumération alors que le sujet est intéressant. Plus ramassé, il aurait été plus percutant. La nouvelle la plus longue du recueil (40 pages) s’appelle Torrents. Dans ce texte, Igor Cadorette est un portier qui travaille à la réception d’un hôtel. Il est très apprécié par son patron mais ce dernier meurt. Son fils reprend l’affaire et veut moderniser l’entreprise avec de nouvelles méthodes de management. Igor vit mal ce changement où il n’est pas valorisé quand il n’est pas tout simplement moqué. Là aussi le texte est un peu long et contient plusieurs redites mais j’aime beaucoup l’idée de cet homme qui s’appuie sur ses valeur de travail et de sérieux malgré la détresse qu’il vit.

Vestiges se termine sur une nouvelle intitulée Carrefour où deux petits vieux regardent la rue et ses passants. Dans cet ultime texte, le lecteur croise à nouveau les protagonistes des précédentes nouvelles. Le procédé est bien trouvé mais malheureusement il a nécessité dans mon cas une relecture de plusieurs des nouvelles car, outre leurs prénoms, peu d’entre eux m’avaient marqué. Signe pour moi que Véronique Bossé a avec Vestiges travaillé trop en subtilité pour créer une empreinte durable sur le lecteur.

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