Moonlight Mile, Dennis Lehane

L’auteur américain Dennis Lehane a déjà vu plusieurs de ses romans adaptés au cinéma. Il est l’auteur de Shutter Island, Mystic River ou encore Gone, Baby Gone. Dennis Lehane est connu pour être l’auteur emblématique de la ville de Boston, tout comme Paul Auster est associé à New-York, Armistead Maupin à San Francisco ou Harlan Coben avec le New-Jersey. Boston est une ville que j’affectionne particulièrement et où je me suis rendu régulièrement pendant plusieurs années, d’où mon envie de découvrir la ville à travers l’oeuvre de Dennis Lehane. Moonlight Mile est le premier roman que je lis de cet auteur.

Moonlight Mile Dennis Lehane

Dans Moonlight Mile, Dennis Lehane met en scène à nouveau son tandem fétiche de détectives privés : Patrick Kenzie et Angie Gennaro. L’un est d’origine irlandaise et l’autre d’ascendance italienne, réunissant ainsi les deux communautés emblématiques de Boston. Moonlight Mile fait écho à Gone Baby Gone puisque Kenzie est contacté pour retrouver Amanda McGready, une jeune fille de 16 ans qu’il avait déjà retrouvée 12 ans auparavant alors qu’elle avait été enlevée à sa mère.

Moonlight Mile est un polar efficace. Certes pas le meilleur que j’ai lu mais tout fonctionne bien. Je reprocherais un tempo assez lent au début, sans doute le temps que je prenne mes marques avec l’univers de l’auteur et les personnages. Mais le rythme est bien soutenu par la suite avec tout ce qu’il faut de suspense, de manipulations et de rebondissements. Je dois avouer que je suis un peu déçu par le traitement qui est fait de la ville de Boston dans ce roman. Il est vrai que plusieurs quartiers sont mentionnés et que l’intrigue se déplace aussi bien à l’extérieur de la ville. Mais Boston est simplement une toile de fond qui manque un peu de personnalité. L’attachement que Kenzie porte à son quartier et au mode de vie en ville dans le quartier de Dorchester (par opposition à la vie confortable dans la banlieue américaine) est bien décrit mais il manque pour moi un supplément d’âme. Je ne demande pas non plus une carte postale idyllique de la ville mais il me semble que cela aurait pu être plus développé. A confirmer si je lis un autre de ses romans. Le supplément d’âme et la qualité du roman est peut-être à aller chercher du côté des remords du personnage principal qui doute de la décision qu’il avait prise 12 ans plus tôt en remettant alors la petite fille à une mère complètement paumée et dépendante de diverses substances. Cette remise en question ajoutée à des choix personnels difficiles donnent du relief aux deux personnages principaux et les rend plutôt attachants.

Un des aspects que j’ai apprécié dans Moonlight Mile, au-delà du récit en lui même, est que Dennis Lehane traite en filigrane des maux de l’Amérique. Le livre ayant été publié en 2010, il condamne la crise des subprimes et toute la flopée de crédits immobiliers à risque qui ont stoppé net le développement de certains quartiers et qui ont mis sur la paille pas mal de propriétaires. Il parle aussi de la précarité dans le travail puisque Kenzie travaille comme indépendant et n’a pas les moyens de payer une couverture sociale pour sa famille. Sa femme reprend ses études et leur situation financière est délicate.

Voici donc un premier contact intéressant avec Dennis Lehane et son oeuvre. Ce n’est pas la lecture de l’année mais ça me donne envie d’y revenir à l’occasion.

Une réflexion au sujet de « Moonlight Mile, Dennis Lehane »

  1. J’ai eu la même expérience cet été avec un livre de Sara Paretsky. J’ai choisi un livre d’elle car j’avais envie de lire un polar qui se passe à Chicago.

    J’ai été déçue car il y avait peu de descriptions de la ville. J’ai trouvé que la tentative de parler des maux de l’Amérique était bien mais un peu superficielle, le style d’écriture peu innovant et les personnages pas assez fouillés.

    Du coup, ce billet ne me donne pas envie d’essayer un livre de Lehane.

    Et là, comment est le style? Plus proche de Mary Higgins Clark ou de Raymond Chandler?

    PS : pour un bon polar sur fond de critique sociale, je recommande La maison des absents de Tana French.

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