Demande à la poussière, John Fante

Après Mon chien Stupide, Bandini et Rêves de Bunker Hill, je poursuis l’exploration de l’œuvre romanesque de John Fante avec Demande à la poussière, un autre roman à saveur autofictionnelle.

Demande à la poussière John Fante

 

Dans Demande à la poussière, nous retrouvons Arturo Bandini, l’alter ego de John Fante, alors qu’il vient d’arriver à Los Angeles. Il loge dans un petit hôtel et peine à joindre les deux bouts. La publication d’une première nouvelle lui a permis de gagner un peu d’argent. Son obsession de devenir un écrivain reconnu. Alors il cherche à vivre des expériences qu’il pourra traduire dans ses écrits. En parallèle de ses débuts difficiles d’écrivain, Bandini raconte sa vie amoureuse tout aussi compliquée. Son expatriation en Californie est aussi l’occasion de traiter de l’éloignement avec sa famille restée dans le Colorado. Et il se pose toujours la question de faire ce qui est juste, on sent dans ces  passages le poids de son éducation catholique et des origines italiennes de sa famille.

La préface de Demande à la poussière est signée de Charles Bukowski. Alors que lui-même galérait avec l’écriture, l’alcool et ses aventures avec des femmes, il a découvert John Fante avec Demande à la poussière. Dans une préface dithyrambique, il écrit entre autre : « Je dois beaucoup à John Fante », signe que John Fante a constitué pour lui une grande inspiration.

Mis à part, les passages consacrés à Camilla Lopez, la femme qu’il aime (une relation amour/haine serait plus juste en fait), que j’ai trouvé un peu longs en raison des tergiversations de chacun, j’ai beaucoup aimé Demande à la poussière. J’ai retrouvé la plume alerte de John Fante qui alterne entre mélancolie et humour au fur et à mesure de ce que vit Bandini. En filigrane de ce roman, le coût de la vie dans l’Amérique de l’époque, une belle galerie de paumés qui vivotent dans Los Angeles, le risque de tremblements de terre déjà présent et la curieuse hiérarchie entre américains, italiens et mexicains.

J’ai un seul regret à la lecture de Demande à la poussière, comme souvent avec les romans de cette époque, c’est leur traduction dans un français argotique qui a mal vieilli. Par exemple, qui utilise aujourd’hui le mot pouloper ?

8 réflexions au sujet de « Demande à la poussière, John Fante »

  1. Merci pour ce superbe article.
    Fante est un romancier majeur, un très Grand de la littérature US.
    « Demande à la poussière » et – dans un autre genre- « Mon chien stupide » sont 2 chef- d’oeuvre.
    Encore merci de mettre cet écrivain à l’honneur !

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  2. J’adore John Fante, je l’ai découvert grâce à Philippe Djian, il en parlait dans Maudit Manège ou Echine, je crois.

    J’ai adoré Demande à la poussière et quand j’ai lu Faim de Knut Hamsun un peu plus tard, j’ai trouvé qu’il y avait des similarités entre Arturo et le narrateur chez Hamsun.

    J’ai également lu La route de Los Angeles, il est excellent aussi.

    J’ai lu ces deux livres en anglais, alors je ne sais pas comment est la traduction française.

    Je n’ai jamais vu le mot « pouloper » mais j’ai déjà souffert de ces traductions en argot des années 50 dont personne ne se rappelle le sens. Dans La reine des pommes de Chester Himes, je suis tombée sur cette phrase : « Ils n’admettaient le schproum que lorsqu’ils en étaient les instigateurs » « Schproum »? Qui a déjà entendu ce mot?

    En anglais, Fante utilise des mots familiers qui sont toujours utilisés de nos jours. Il n’y a rien de surrané dans sa langue. Je me demande si cette traduction est fidèle.

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    1. C’est amusant parce que ça fait un moment que je me dis que je dois lire Knut Hamsun. Tu fais bien de me le rappeler. Je te dirai si je vois une parenté avec John Fante.
      Je ne sais pas ce que c’est qu’un schproum… J’avais déjà eu cette désagréable impression de traduction qui avait mal vieilli il y a quelques années avec Bukowski. C’est dommage parce que ça dessert l’oeuvre et l’auteur. Je ne sais pas si les maisons d’édition revoient leurs traductions de temps en temps.

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