La première chose qu’on regarde, Grégoire Delacourt

Autant j’ai aimé la lecture de La liste de mes envies, autant j’ai été très déçu à la lecture de La première chose qu’on regarde, le dernier roman en date de Grégoire Delacourt.

la première chose qu'on regarde

Arthur Dreyfuss est un jeune garagiste qui vit dans le village de Long dans la Somme. Un beau matin, Scarlett Johansson frappe à sa porte. Evidemment il ne s’agit pas de la véritable Scarlett mais d’une femme qui est son parfait sosie et qui se nomme Jeanine Foucamprez. Cette dernière est à la recherche d’un havre où on l’aimera pour qui elle est et non pour sa ressemblance avec une pulpeuse actrice mondialement connue. Voilà pour le résumé.

Je ne sais pas si ce roman est raté ou s’il a été publié trop vite pour surfer sur la dynamique de La liste de mes envies mais il souffre de nombreux défauts. Le premier d’entre eux est le sujet du roman et la pseudo interrogation « derrière les apparences, il y a une vraie personne ». C’est d’un cucul (ou mièvre si vous préférez). C’est un sujet tarte à la crème qui permet à Grégoire Delacourt de faire fleurir les lieux communs et les platitudes. Le deuxième problème que j’ai avec La première chose qu’on regarde est que l’auteur veut faire proche des gens simples mais avec ses effets de styles où il digresse et ajoute des anecdotes inutiles, il obtient exactement l’effet inverse. Le ton se fait hautain et il en ressort un mépris pour les petites gens qu’il décrit.

Je me suis vraiment forcé pour terminer ce roman. Et heureusement ! Car c’est là le point positif que je retiens de ma lecture. Il faut attendre la fin tragique du roman (les histoires d’amour finissent mal, mais vous le saviez déjà) pour trouver une plume sensible qui décrit un bonheur enlevé trop tôt.

A noter que La première chose qu’on regarde a fait les gros titres de la presse car Scarlett Johansson, la vraie actrice, a attaqué en justice Grégoire Delacourt et son éditeur. Elle reprochait d’une part à Grégoire Delacourt l’exploitation de son nom et de sa notoriété pour faire vendre son roman. Elle a été déboutée pour cette partie de sa plainte. Et c’est très bien comme ça car un écrivain doit disposer de ce genre de liberté quand il écrit un roman. Mais d’autre part Scarlett Johansson reprochait à Grégoire Delacourt de lui avoir prêté des relations amoureuses apparemment non réelles lorsqu’il raconte dans son roman plusieurs épisodes de la vie amoureuse de la vraie Scarlett Johansson. Sur ce point elle a obtenu 2 500€ de dommages et intérêts alors qu’elle en réclamait 50 000. Une condamnation symbolique pour une affaire qui aura finalement fait pas mal de publicité pour un roman somme toute moyen : un bel exemple de l’effet Streisand.

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