Trop de lumière pour Samuel Gaska, Etienne Beaulieu

la Recrue du mois

La Recrue du mois est Etienne Beaulieu avec son premier roman intitulé Trop de lumière pour Samuel Gaska.

 

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Voilà un roman court mais très riche. Trop de lumière pour Samuel Gaska est d’abord un roman sur la difficulté de créer. En effet, Samuel Gaska est compositeur. Alors qu’une amie lui demande de composer une œuvre originale pour une pièce de théâtre, Samuel ne trouve pas l’inspiration. Il essaie de sortir de sa routine, d’être attentif à ce qui se passe autour de lui, à ce qui pourrait l’inspirer. Mais c’est très compliqué pour lui d’accoucher de cette œuvre.

On pourrait penser que l’hypersensibilité de Samuel Gaska faciliterait sa créativité. Mais son attention envers la musicalité du quotidien fait qu’il est en permanence à l’écoute de son environnement. Il reconnaît des rythmes, des séquences musicales dans les sons autour de lui, qu’ils soient issus des éléments naturels ou qu’ils soient urbains. Mais cette écoute est extrême, elle va jusqu’à l’obsession. Ce qui aura l’effet inverse de ce qu’il souhaite : au lieu de l’inspirer, cette écoute suractive va le bloquer.

C’est d’autant plus complexe pour lui qu’en se construisant une carrière dans le domaine musical, il s’est engagé sur la voie que son père souhaitait. Il a donc la pression que son père lui a mise depuis son enfance. Cette pression est encore plus présente maintenant que son père est décédé. Car Trop de lumière pour Samuel Gaska est aussi un roman sur l’identité. En effet, le personnage principal est d’origine polonaise. C’est un immigré de deuxième génération, il porte les espoirs que ses parents, surtout son père, avaient pour lui en immigrant au Canada. Il se définit aussi par ce que ses parents ont projeté pour lui. Samuel Gaska s’interroge sur sa connexion réelle au territoire américain. Quelle est sa place dans l’Amérique ? Quel est son lien avec la terre qui a accueilli ses parents ?

Le roman d’Etienne Beaulieu n’est pas d’emblée facile à lire car il traduit les questionnements profonds et complexes d’un narrateur doué d’une forte sensibilité. Mais j’ai apprécié une écriture dans le subtil et la nuance pour traduire avec brio la complexité de ce qui est ressenti. Ce premier roman est passionnant à lire. Nous sommes tous des Samuel Gaska, à la recherche de signes et de connexions qui n’existent pas forcément entre les choses et qui pourraient nous montrer une voie que nous devons nous construire. Le choix final de Samuel Gaska est surprenant mais il est fondateur dans la construction de sa propre identité.

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