Traces, Anna Raymonde Gazaille

la Recrue du mois

Anna Raymonde Gazaille est la recrue du mois de février avec un premier roman sobrement intitulé Traces.

Traces Anna Raymonde Gazaille

Plusieurs femmes fréquentant des sites de rencontres dédiés aux couguars sont assassinées selon un rituel bien précis. Une équipe d’enquêteurs du SPVM est mise sur le coup pour résoudre ces crimes. Outre les policiers qui travaillent sur cette enquête, le lecteur suit Laure Cléments, une femme qui vient de subir un curieux accident de la route, et un homme mystérieux surnommé le Gros qui passe son temps les yeux rivés sur ses écrans d’ordinateur.

Ce que je retiens tout d’abord de ce bon polar québécois est le souci d’exactitude qui anime Anna Raymonde Gazaille et qui transparaît tout au long du roman. Le processus d’enquête est en effet bien décrit. On sent l’intention de l’auteure de montrer le travail minutieux des enquêteurs. Par exemple, là où certains auteurs de polars peuvent ne pas s’embarrasser de certains détails, Anna Raymonde Gazaille souligne l’importance d’avoir un mandat en bonne et due forme. Par ailleurs, les enquêteurs font preuve de discernement et savent très bien qu’ils ne peuvent rien prouver uniquement avec des preuves circonstancielles. Indubitablement, le sujet a été travaillé pour rendre compte de la complexité d’une enquête. L’intrigue elle-même est bien ficelée. Le but n’est pas de savoir qui a commis le crime (car les indices pointent rapidement vers une personne en particulier) mais bien de savoir comment on obtient l’arrestation de cette personne hors de tout doute. Je note que Traces est un roman policier qui, sauf erreur, ne contient pas un seul coup de feu. Mais les amateurs du genre sont bien servis avec des meurtres sordides à souhait.

Dans ce roman, les personnages sont attachants et bien travaillés. Je me suis senti impliqué dans le quotidien des enquêteurs. Je me suis tout de même demandé si l’intrigue n’était pas parfois un peu diluée dans les éléments de vie personnelle des différents personnages. Je ne suis pas sûr qu’en tant que lecteur on gagne à savoir que Ling est homosexuelle ou que Steve Losier a des problèmes de couple. Ces deux personnages sont secondaires et ne méritent sans doute pas d’être aussi développés dans le récit. Sauf si les personnages du roman devaient devenir récurrents dans une série de livres ou pourquoi pas dans une série télévisée.

Le langage des personnages est un peu trop châtié pour un polar. Anna Raymonde Gazaille a fait le choix de ne pas aller dans le joual et les sacres. Mais des termes comme morigéner ou fruste sont un peu trop littéraires à mon goût pour un roman policier. De même, à un moment donné, une policière est dans sa voiture en surveillance devant le domicile d’un suspect et elle parle à sa collègue de son besoin d’uriner. Je l’aurais plus volontiers imaginée parler de son envie de pisser sans que ça fasse vulgaire. Il y a un décalage entre le vocabulaire des personnages et une enquête très réaliste dans ses détails.

Le dernier point qui me paraît important à la lecture de Traces est la passion d’Anna Raymonde Gazaille pour Montréal et le Québec en général. Elle prend soin de montrer différents visages de la région de Montréal et différents lieux du Québec. Traces se déroule sur une toile de fond qui est un hommage à la Belle Province.

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