Espaces, Olivia Tapiero

Après son premier roman Les murs qui s’était vu décerner le prix Robert Cliche 2009, Olivia Tapiero publie un second roman intitulé Espaces.

Nous faisons connaissance avec Lola, la narratrice, lors de sa rentrée universitaire. Elle entre dans sa chambre sur le campus de l’université et découvre sa colocataire pour l’année à venir. La narratrice est d’emblée renfermée sur elle-même. Ses tendances asociales se confirment rapidement car elle ne noue pas contact avec sa coloc. Elle prend même bien soin de l’éviter. Dans cette chambre survient rapidement un événement qui va bouleverser Lola.

Espaces traite de la pathologie de la narratrice, de son incapacité à communiquer avec les autres. Elle ne veut pas ni ne peut aller complètement vers les autres. Bien que quasiment mutique, cette jeune fille est une vraie éponge à sensations. Tout ce qui se passe autour d’elle la touche profondément. C’est comme si l’avalanche de sensations l’empêchait tout bonnement de s’exprimer. Son lien avec le monde n’est qu’à sens unique. Elle absorbe sans rien restituer. Tout est sensibilité dans Espaces. La narratrice fait de longues promenades de jour comme de nuit dans une ville anonyme. Le rôle de ces errances n’est pas clair. Lui permettent-elles de s’échapper ? de se ressourcer ? de respirer ? Elles lui permettent tout du moins de se recentrer et de réfléchir sur son incompréhension des autres. Entre absence et contemplation, Lola se reconstruit lentement.

Après avoir écrit un premier roman autour d’une jeune fille suicidaire, Olivia Tapiero propose cette fois au lecteur le portrait d’une écorchée vive asociale. L’univers de cette auteure demeure sombre dans ce deuxième roman. Elle décrit avec talent le cheminement de la narratrice et excelle encore une fois dans l’écriture de soi, ici avec un doute omniprésent. J’ai retrouvé avec plaisir le style qui est propre à Olivia Tapiero. Ce style c’est d’abord une précision chirurgicale dans le choix des mots et une certaine froideur dans l’écriture. Ce qui n’empêche pas cette écriture d’être très riche et très fluide. Il est difficile de rendre compte de l’oppression vécue par la narratrice sans accumuler les lourdeurs et les répétitions. Mais Olivia Tapiero y parvient avec brio. Je me suis plongé dans Espaces comme on savoure une parenthèse qui nous coupe de ce qui nous entoure.

J’ai lu ce roman dans le cadre de la Recrue du mois.

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