Nouvelles à ne pas y croire, Fabien Maréchal

Fabien Maréchal signe avec Nouvelles à ne pas y croire son premier livre. Les sept nouvelles qui le composent comportent toutes une originalité qui donne une saveur particulière à ce recueil.

Le recueil s’ouvre sur une première nouvelle intitulée Café ? On comprend vite que les objets de la vie courante se rebellent. Les consommateurs, au lieu de les choisir, doivent les séduire pour les convaincre de les rejoindre. Voire d’essayer de se débarrasser d’eux quand par exemple une machine à café haut de gamme se prend d’affection pour un homme qui n’a pas les moyens de l’acheter. La dernière nouvelle, Ceux d’en haut, est un peu l’écho de la première dans le sens où les hommes sont là aussi soumis non plus à des objets mais aux oiseaux qui dominent la société. La place des humains n’est plus la même et il faut s’ajuster aux nouvelles réalités.

La nouvelle du recueil qui ressort le plus est selon moi Nus qui raconte l’histoire d’un couple qui reçoit à manger un couple d’amis. Mais ces invités ont la particularité de se présenter chez leurs hôtes nus comme des vers et ils font comme si de rien n’était. Le couple qui les reçoit ne sait pas trop commun se comporter devant cette nudité. Le récit est livré du point de vue de l’homme qui reçoit et ses interrogations tout au long du repas sont savoureuses.

Les autres nouvelles introduisent également des éléments perturbateurs, la plupart du temps pour amener une réflexion sur notre société occidentale moderne. La plus virulente de ce point de vue est celle qui porte le titre de Récréation. Le lecteur est devant son poste de télévision en train de regarder un programme à mi chemin entre télé réalité et jeu télévisé. Le principe est que le candidat doit dénoncer ses proches pour progresser dans le jeu et faire monter ses gains. Cynique à souhait, ce texte se veut une critique de la société du spectacle. Fabien Maréchal y pousse juste un peu la logique des jeux télévisés pour nous montrer dans quel système nous pourrions évoluer.

Parmi ces nouvelles qui sont également bien écrites, je retiens aussi la ligne qui revisite l’histoire du chemin de fer en France. C’est une nouvelle teintée d’une certaine nostalgie pour une époque (fictive ?) où les gens étaient moins pressés et voyageaient sans être obsédés par l’heure d’arrivée de leur train. Cette nouvelle amène une dose de poésie et de douceur de vivre bien agréables.

Ces nouvelles à ne pas y croire sont bien vues, bien écrites et se lisent avec plaisir.

Pour en savoir plus : le site de Fabien Maréchal.

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