Nina, Patrice Lessard

Patrice Lessard est un sacré auteur ! Après avoir complètement désorienté le lecteur dans son premier roman Le sermon aux poissons, il récidive dans un deuxième roman sobrement intitulé Nina.

Vincent est un jeune Québécois à la recherche de son frère Antoine dont il n’a plus de nouvelles depuis un an. Sachant que son frère s’était installé au Portugal, il se rend à Lisbonne en compagnie de sa petite amie prénommée Nina. Cette dernière connaît bien la ville et parle parfaitement le portugais, contrairement à Vincent qui ne parle pas la langue et se perd dans le dédale des rues lisboètes. La recherche s’annonce d’emblée difficile car Vincent ne possède comme point de départ que les adresses de retour écrites sur les lettres que son frère lui envoyait. Le lecteur suit en parallèle une autre enquête. Celle mené par Gil, un détective privé qui a pour mission de retrouver un pistolet pour le compte d’un chef de bande. Ce pistolet a disparu lors d’une rixe et Gil doit démêler le vrai du faux dans son enquête.

Démêler le vrai du faux, c’est aussi ce que devra faire le lecteur de Nina. Les paragraphes s’enchaînent sans qu’on sache toujours qui est le narrateur : tantôt un narrateur omniscient mais qui entre parfois dans l’histoire, parfois un récit à la première personne dont on doit deviner de qui il émane. Ce roman est véritablement déroutant : narrateurs multiples, histoires en parallèle, flash-backs, homonymes… Je me suis demandé plusieurs fois mais à quel moment de l’histoire sommes-nous ? qui parle ? de quoi et de qui parle-t-il ? Le lâcher prise est indispensable pour entrer dans l’univers si particulier de Patrice Lessard. Ceux qui ont aimé le sermon aux poissons sont assurés d’aimer Nina. Ils ont retrouveront des personnages du premier roman, se perdront dans les noms des quartiers et des rues de Lisbonne et liront un texte encore une fois agrémenté de phrases en portugais. Et pour vous dire à quel point Patrice Lessard est joueur, une des scènes finales de Nina est évoquée au début du sermon aux poissons. C’est d’autant plus fou qu’on suppose que le sermon aux poissons est censé se passer avant Nina car l’Antoine du premier roman doit être celui qui est recherché dans le deuxième. Petite incohérence tout de même que j’ai relevé : s’il s’agit bien de la même scène, Nina mentionne le quatrième étage de l’immeuble alors que dans le sermon il s’agit du troisième. Mais s’agit-il bien de la même scène ? Le doute est omniprésent…

Avez-vous remarqué que l’on retrouve Le Sermon aux Poissons sur la couverture de Nina ?

Cette lecture a été faite dans le cadre de la Recrue du mois dans la rubrique Suivi de recrues.

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4 réflexions au sujet de « Nina, Patrice Lessard »

  1. Le lâcher-prise était déjà le maître mot du Sermon aux poissons et j’avais eu du mal… mais ça doit être intéressant, le parallèle entre ces deux romans. Et oui, on voit Le Sermon aux poissons sur la couverture ! 🙂

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    1. Bien vu Caroline 😉
      Nina est clairement dans la même veine que le Sermon aux Poissons. D’habitude je n’aime pas comparer deux livres d’un même auteur mais là pas le choix, c’est l’auteur lui-même qui se place dans la continuité du premier. Enfin, difficile de parler de continuité, disons qu’il mélange les réalités.

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  2. Certains auteurs ont fait le bon choix le jour où ils ont décidé de rédiger un roman. Ce n’est pas donné à tout le monde de savoir comment rédiger un roman intéressant et qui sera choisi par un éditeur. La simplicité, la spontanéité des personnages et la véracité des événements seront des atouts précieux. Les faits racontés devront être crédibles et captivants. Pour rédiger un roman intéressant, certains vous diront qu’il y a une méthode et d’autres vous diront qu’ils écrivent ce que leur coeur leur dicte. Pour ma part, je crois que l’on peut écrire un roman sans méthode, mais qu’il est préférable d’avoir une méthode pour écrire un bon roman. 
    Merci pour votre blog. J’apprécie vos analyses.

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  3. Bonjour Monsieur Lessard
    mon nom est Pierrot Rochette
    le thème de votre roman Nina me touche
    peut-être que parallèlement, ma démarche d’écrivain
    pourra-t-elle vous intéresser?
    mon roman monsieur 2.7 K
    est disponible gratuitement
    http://www.reveursequitables.com

    Ma démarche de vagabond pour contribuer au surgissement planétaire post-internet du concept du pays oeuvre d’art ( ne pouvant surgir mondialement que par une masse critique internationale de vies privées oeuvre d’art) est tributaire d’une trilogie créatrice, fondée sur une réactualisation de l’histoire du Québec.

    1- Monsieur 2.7 K

    Dans cette oeuvre littéraire, La lettre K (un pictogramme d’un petit bonhomme avec deux mains et deux pattes) marche pendant 1000 pages l’univers numérique dématérialisé du Québec descendant de de nos premiers coureurs des bois du 18ème siècle, de nos premiers quêteux officiels du 19ème siècle, comme de nos premiers nomades empathiques pré-internet du 20eme siècle ( Claude Henri Grignon, Emile Borduas, Gaston Miron, Pierre Vadeboncoeur, René Lévesque).On ne peut dessiner le pays oeuvre d’art du Québec sans monter sur les épaules des grandes vies privées oeuvres d’art historique de ce pays.

    Monsieur 2.7 K fut d’abord précédée d’une vie monastique en bibliothèque de Victoriaville qui a duré deux ans et demie où je me suis posé la question suivante: quelle est la prochaine étape dans l’histoire de la littérature? J’ai finalement trouvé ma voie d’écrivain que par un coup de foudre pour la démarche du peindre Jackson Pollock. Il est considéré de nos jours comme le plus grand peintre américain du 20ème siècle parce qu’il a inversé le rapport du créateur à son oeuvre. son oeuvre picturale devenant le placenta d’un homme à naître.

    Il faut juste s’insérer page par page, dans la dialectique entre la lettre K et la forêt des mots pour saisir que tout ce qui est dit n’est que le placenta dont s’est débarrassé Monsieur K lorsqu’il est né à la fin des 1000 pages, incitant le lecteur à faire de même avec son passé, pour devenir le coureur des bois de son futur uniquement transcandé par la beauté de son rêve équitable lui permettant enfin une vie privée oeuvre d’art hors de la prison de la littérature.

    Par la suite, mes 100 chansons (car je m’étais fixé d’en écrire 100 comme j’avait fait un 1000 pages) sont en fait les traces réelles laissées par le vagabond céleste une fois l’expulsion littéraire réussi du placenta de son passé privé, social, politique et universel. Quelles-unes d’entre elles accompagnent la deuxième partie de la trilogie, une oeuvre qui s’intitule BISEXUELLE et qui raconte courriel par courriel comment le vagabond a accompagné une bisexuelle dans son passage à le lesbianisme assumé parce que c’était son rêve à elle et qu’elle avait demandé de l’aide. Cette deuième oeuvre sera publiée après ma mort.

    Pour ce qui est de la dernière partie de la trilogie, le doctorat, on peut le visualiser comme un chercheur universitaire qui, après avoir créé le personnage du vagabond céleste, se libère de son costume nomade pour démondrer intellectuellement que, dans le monde post-numérique d’aujourd’hui, il est enfin possible de vagabonder empathiquement éthiquement et viralement la planète en créant (comme l’a fait le prix nobel du micro-crédit) une masse critique de rêveurs équitables posant universellement et viralement quatre questions: quel est ton rêve? dans combien de jours? qu’as-tu fais aujourd’hui pour ton rêve? et en quoi ton rêve est-il équitable? je définis une vie privée oeuvre d’art comme celle qui allume équitablement le rêve d’une autre personne sans intérêt personnel caché, les neurones miroirs conduisant ontologiquement et scientifiquement à l’empathie, l’empathie ouvrant la lumière à la bienveillance, la bienveillance conduisant à l’amitié et l’amitié conduisant à la soif d’un pays oeuvre d’art empathique, bienveillant et amical face au mystère de l’existence partagé par chaque humain mortel de cette humanité fragile et espérante.

    merci de me lire
    Pierrot
    ermite des mots

    bonne chance dans votre carrière d’écrivain

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