L’amour des maîtres, Mélissa Grégoire

Mélissa Grégoire publie son premier roman : L’amour des maîtres. Elle est la recrue du mois de décembre 2011.

Agnès, la narratrice, est une jeune femme naïve. Elle vit à la campagne avec des parents sans ambition qui ne comprennent pas son désir d’aller étudier la littérature à l’université. Ce départ vers la grande ville est un début d’affranchissement vis-à-vis d’une mère contrôlante mais aussi la naissance d’une dépendance envers un professeur de littérature charismatique. Avec l’amour des maîtres, Mélissa Grégoire traite d’un sujet fort intéressant : quand l’admiration pour un professeur peut se transformer en amour. Ne vous méprenez pas, on n’est pas dans la chick lit mais plutôt dans le roman d’apprentissage. Agnès se construit par rapport à des professeurs qui lui font découvrir tout un monde de possibilités quand en face d’elle se dresse le spectre d’une vie d’ouvrière à l’usine. La littérature est dans l’amour des maîtres le moyen d’échapper à l’atavisme familial.

Mélissa Grégoire signe ici un premier roman qui décrit les professeurs comme des êtres ambivalents, tantôt libérateurs, tantôt manipulateurs. Pas évident pour une jeune étudiante de démasquer le vrai du faux dans le comportement de ces enseignants. Il est question de la complexité du désir à travers le personnage d’Agnès. Elle admire ses professeurs, des hommes qui font office de figures paternelles. Elle se freine dans ses pulsions et, quand elle passe à l’acte, c’est pour se soumettre au bon vouloir de son professeur. Alors qu’il serait facile de poser un jugement sur Agnès, son parcours est livré sans ton moralisateur, comme pour souligner l’importance de faire ses propres erreurs afin de mûrir.

Le récit comporte de nombreuses références littéraires. Il est toujours risqué de procéder ainsi et de citer des titres de livres et des noms d’auteurs car cela peut agacer le lecteur, surtout celui qui n’est pas un littéraire dans l’âme. Mais Mélissa Grégoire le fait intelligemment et cela donne envie de découvrir les écrivains et philosophes mentionnés.

J’apprécie la profondeur dans les différents thèmes traités dans ce roman. L’auteure fait passer ses messages avec une histoire qui se lit avec attention. L’amour des maîtres est en ce sens une réussite.

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8 réflexions au sujet de « L’amour des maîtres, Mélissa Grégoire »

  1. Merci beaucoup pour cet article. Ce livre semble traiter de thèmes qui me rejoignent avec une écriture fluide et efficace. Je l’adopte.
    Je profite de ce message pour vous souhaiter de joyeuses fêtes à tous.
    Marion

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  2. Je l’ai lu dernièrement et j’ai trouvé que pour un premier roman, il était « abouti ». Je ne le recommanderais pas à un lecteur du dimanche, mais pour un lecteur averti, oui.

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    1. Livre magnifique que j’ai dévoré en deux heures. Regard lucide sur le monde universitaire. Pas de complaisance. C’est du grand art. Je suis d’accord avec ta critique.

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