Borderline, Marie-Sissi Labrèche

J’ai entendu parlé pour la première fois de Borderline lors de la sortie du film il y a quelques années. J’avais perçu cet ouvrage de Marie-Sissi Labrèche comme un moment marquant de la littérature québécoise.

Dans ce roman coup de poing, une jeune femme fait le récit d’un présent de débauche en alternance avec une enfance singulière. La narratrice s’autodiagnostique borderline. Son angoisse et ses névroses appellent chez elle un comportement extrême. C’est ainsi qu’elle se retrouve dans un motel crasseux de Montréal pour coucher avec un obèse qui ne l’attire pas. C’est son besoin d’obtenir l’attention des autres qui la conduit à provoquer. Elle veut être remarquée et être le centre de l’attention. On citera à sa décharge un environnement familial peu propice à l’équilibre avec une mère monoparentale qui est folle et une grand-mère qui n’a pas toujours toute sa raison non plus. Comment ne pas être au bord de la folie dans ces conditions ?

Borderline est une autofiction riche en émotions : la colère, la détresse, la sexualité sans sensualité entre autres. Nous avons affaire à un conte de fée trash. Je parle de conte de fée car sans se finir super bien, le roman s’achève mieux qu’il n’avait commencé pour la narratrice.

Si Borderline est accrocheur et se lit avec intérêt, en grande partie grâce au style accrocheur de Marie-Sissi Labrèche, je pense que le bilan d’un point de vue plus littéraire est pour moi en demi-teinte.  Ce style de roman provocateur était peut-être nouveau et percutant lors de la sortie de Borderline mais étant donné le nombre de livres similaires sortis depuis, je pense que le lectorat (moi inclus) est devenu un peu blasé face à ce genre de déballages. Borderline ne sort pas du lot aujourd’hui je trouve. Reste une chronique d’un Montréal sombre.

8 réflexions au sujet de « Borderline, Marie-Sissi Labrèche »

  1. Bien résumé. Mais pour moi le film, et c’est exceptionnel, demeure la référence pour cette histoire. En partie à cause de la remarquable performance d »Isabelle Blais.

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  2. J’aurais été tentée si je n’avais lu cette conclusion en demi teinte.
    N’ayant cependant pas l’habitude de lire des romans de ce genre, il se peut que, à l’inverse du reste du lectorat, je ne sois pas encore blasée…😉
    Je garde donc ce titre en mémoire…
    Merci !

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  3. J’avoue ne pas être tout à fait d’accord avec la conclusion mon cher. Bien entendu, le modèle est un peu moins neuf. Mais ça ne pullule quand même pas tant. Et puis comme tu le dis, le style de celui-ci est accrocheur, j’ajouterais vivant. Ce qui n’est pas toujours réussi ailleurs. Toutefois, j’avoue que si ce roman était sorti dans la dernière année, le « choc » n’aurait peut-être pas été aussi grand. Mais ça, c’est comme partout ailleurs dans notre société. On en veut toujours plus… Anyway, là, je m’éloigne un peu du sujet ! Héhé !

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    1. La lecture de l’oeuvre dépend aussi du lecteur et de son expérience. Peut-être que ce roman de Marie-Sissi Labrèche a été précurseur à son époque. Mais pour moi, il ne mérite pas un statut particulier (sans parler de classique) car il ne sort pas particulièrement du lot.
      Pour te suivre hors-sujet, on n’en veut pas toujours plus des romanciers. C’est une erreur de croire que la vie sexuelle des personnages de romans est intéressante. Si je pense à quelques lectures récentes qui m’ont particulièrement plu (Tarmac, HHhH, l’homme blanc, la modification), la cause principale est qu’elles ont su me faire vibrer en tant que lecteur sans aller puiser dans des thèmes racoleurs. On parle ici de la vie en banlieue de Rivière-du-Loup, de la résistance tchécoslovaque pendant la seconde guerre mondiale, d’un clown en URSS et d’un voyage en train. Peu importe le thème, ce sont l’écriture et la capacité à raconter une histoire qui restent. Pour en revenir à Borderline, une voix s’en dégage. Mais il faudrait que je lise autre chose de Marie-Sissi Labrèche pour mieux percevoir cette voix parmi le bruit.

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      1. J’ai lu La brèche. J’ai beaucoup moins aimé. Bordeline est plus puissant si je peux le dire ainsi. Car le racoleur ne m’intéresse pas en tant que tel. Il faut que ce soit bien fait. J’aime l’écriture qui frappe, punchée. Par ailleurs, par vouloir toujours plus, je ne voulais pas nécessairement parler de sexualité. Juste d’exigences du lecteur.

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  4. Si ça peut te titiller encore plus la curiosité, je suis d’accord avec Zoukplouf ; pour moi aussi, le film a dépassé le livre, même si le film m’a donné le goût de lire le livre.

    J’ai jamais vu de ma vie, un livre aussi bien rendu cinématographiquement. Et, à mon avis, et là je m’éloigne de Zoukplouf, ce n’est pas seulement à cause de l’actrice. La réalisation de Marie Charlebois et le scénario conjointement avec l’auteure en sont les principales raisons. Mais, bien sûr, Isabelle Blais a extrêmement bien servi cette réalisation. Elle est l’iceberg, on ne peut la manquer !

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