Éteignez, il n’y a plus personne, Louise Lacasse

La recrue du mois de novembre est nulle autre que la récipiendaire du prix Robert-Cliche 2010 : Louise Lacasse et son premier roman Éteignez, il n’y a plus personne.

Au cours d’un été apparemment anodin, plusieurs personnages prennent ou subissent des décisions importantes en rapport avec le départ. Marie Cogère, professeur spécialiste des langues sioux, quitte son université new-yorkaise pour son village natal au bord du fleuve Saint-Laurent. Elle projette de mettre en vente la demeure familiale et de peaufiner le discours qu’elle fera à Harvard à la rentrée. Pedro, serveur new-yorkais, voit sa conjointe le quitter en lui laissant la charge de leurs jumeaux. Bénédic, ancien voisin de Marie, revient chez ses parents sans véritable but. Son frère Ulric revient lui aussi mais son caractère de nomade l’incite une fois de plus à quitter sa famille plus tôt que prévu.

Louise Lacasse possède du talent pour raconter une histoire. Ou plutôt des histoires étant donné le choix qu’elle fait de nous présenter les parcours parallèles de plusieurs individus le temps d’un été. Mais là où je croyais avoir affaire à une construction maintenant classique de personnages qui se croisent au sein d’un roman, j’ai été agréablement surpris par le ton du récit qui est livré par un narrateur qui ne se prend pas au sérieux. Qui plus est Louise Lacasse sait ménager le suspense et m’a donné envie d’enchaîner chapitre sur chapitre. Pas le choix de se prendre d’intérêt pour les personnages dans ce récit dynamique. Le propos est intelligent et plein d’humour, il alterne légèreté et réflexions plus profondes sur la réalité des villages de la campagne québécoise qui sont frappés de plein fouet par la désertification.

Si je devais reprocher quelque chose à Louise Lacasse, c’est sa tendance à abuser des énumérations. Ce procédé est peut-être intéressant et amène un certain humour mais à la longue, c’était trop. J’aurais aussi aimé avoir plus de réponses une fois le livre refermé : qu’a fait le facteur entre le moment de sa disparition soudaine et son retour ? Que veut vraiment Ulric, le frère de Bénédic, qui m’est apparu comme un personnage de trop dans le roman ? Pourquoi Marie, pourtant une femme affirmée et sûre d’elle, n’est-elle pas plus combative face à son recteur ? Malgré ces quelques incohérences, la lecture de ce roman demeure plaisante et il y a quelque chose de rafraîchissant dans le style de Louise Lacasse.

Le prix Robert-Cliche est décerné à un auteur québécois pour un premier roman. Le lauréat voit son roman publié par les éditions VLB.

Prix Robert Cliche 2009 : Les murs, Olivia Tapiero
Prix Robert Cliche 2008 : Le train pour Samarcande, Danielle Trussard

J’ai lu ce livre sur ma liseuse électronique Sony PRS-505.

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