Tais-toi, je t’en prie, Raymond Carver

Raymond Carver est un auteur américain surtout connu pour ses recueils de nouvelles décrivant les milieux populaires en Oregon. Tais-toi, je t’en prie a été publié en 1976.

C’est toujours un exercice délicat de faire le résumé d’un recueil de nouvelles sans s’arrêter sur chacun des textes. Ce livre compte 21 nouvelles. Parmi celles qui ont particulièrement retenu mon attention il y a celle d’un enfant qui fait l’école buissonnière pour aller pêcher dans un ruisseau qu’on devine insalubre, celle du couple qui essaie sans succès de se rabibocher dans un resto, celle de la femme qui met ses charmes à contribution afin de vendre la voiture du ménage endetté, celle du couple qui s’installe dans un quartier sous l’œil méfiant du facteur et celle des deux couples d’amis qui se font une soirée à fumer des substances illicites (Oregon oblige).
Ces textes courts m’ont fait penser à des miettes de vie mais qui se suffisent à elles-mêmes pour que le lecteur puisse se faire une idée d’une réalité. Les nouvelles tournent autour de l’enfance, du couple, de la famille et de l’amitié. Tout cela est raconté sur fond de chômage, d’endettement et d’emmerdes quotidiennes. Il n’y a pas de glamour dans ces nouvelles de Raymond Carver. Il présente des gens de la classe moyenne urbaine et rurale : serveuse de restaurant, facteur, écrivain aux débuts difficiles, chômeur etc. De l’ordinaire format nouvelles.

J’ai beaucoup aimé le style de Raymond Carver qui est d’une sobriété admirable. Il suffit de quelques phrases pour être plongé dans la réalité de ses personnages. Il atteint des sommets quand il décrit des malaises familiaux comme dans la micro nouvelle (2 pages !) où les membres d’une famille s’aperçoivent au détour d’une conversation banale que le père ne ressemble  à personne dans la famille. Et que dire du texte décrivant un père déchiré quand vient le moment de se débarrasser de la chienne que ses enfants adorent mais qu’il considère comme un sale cabot ? Brillant.

Raymond Carver a un style minimaliste et redoutablement efficace. Ses nouvelles ne comportent pas de morale et pas nécessairement de chute en fin de texte. Juste des instantanés de la vie quotidenne. S’il n’avait pas été écrivain, Raymond Carver aurait assurément été un excellent photographe.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s