L’immense abandon des plages, Mylène Durand

Mylène Durand est la recrue du mois de novembre avec l’immense abandon des plages.

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Une mère de famille se jette d’une falaise aux Îles de la Madeleine. Ses trois enfants essaient de lui survivre, chacun à sa manière. Élisabeth, l’aînée, quitte rapidement les Îles pour tout oublier à Montréal. Claire, elle, entend rester aux Îles et voit la cellule familiale se dissoudre petit à petit. Julien, le plus jeune de la fratrie, se réfugie dans un mutisme inquiétant.

Ce court roman est magistralement mené. J’admets avoir eu un a priori positif en lisant que le titre était inspiré d’un vers de Marie Uguay, une poète que j’ai déjà eu l’occasion de lire et d’apprécier. L’écriture de Mylène Durand est de toute beauté, imagée et très évocatrice de la puissance des éléments. En tant que lecteur, je me suis senti immergé physiquement dans l’univers dur des Îles de la Madeleine. Quel contraste entre cette mère absente et la mer étouffante ! Je ne connais pas les Îles de la Madeleine mais ce récit est loin d’être un dépliant de l’office de tourisme local. On y sent qu’il est difficile d’être un insulaire et d’être ainsi à la merci des forces de la nature.

Le deuil est un thème difficile et Mylène Durand le traite avec brio. J’ai vécu avec les protagonistes chacun de leurs tourments, hantés qu’ils sont par des spectres. Le physique et l’émotionnel s’entremêlent pour décrire le difficile parcours de chacun. Je trouve que le sujet est bien desservi par le choix de la narration. La forme du roman est en effet originale : l’alternance et les échos mutuels des lettres de Claire, des monologues d’Élisabeth à la manière d’un journal intime et des descriptions d’un narrateur omniscient permettent de comprendre la progression de chacun des personnages dans le deuil. Le roman s’achève avec la paix retrouvée des trois enfants, chacun ayant véritablement quitté ces îles synonymes de malheur.

Voilà donc un premier roman fort réussi !

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3 réflexions au sujet de « L’immense abandon des plages, Mylène Durand »

  1. Roman remarquable, d’une grande sensibilité, mais surtout d’une grande pudeur, il nous dit la difficulté de faire deuil et de recommencer à écrire, de faire lien, quand ce lien-là s’est détaché. Un de ces textes qui résonne longuement à la conscience et que les autres lectures ne peut neutraliser.

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