Les joueurs, Don DeLillo

Chaque fois que vient le moment de résumer le livre de Don DeLillo que je viens de lire, je me gratte la tête et me demande par où commencer et quoi dire exactement. Cette fois-ci n’est pas différente des autres (voir Americana, Falling Man et Underworld).

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Dans Les joueurs, on suit deux personnages principaux qui, comme souvent dans les romans de Don DeLillo, vivent à New-York. Lyle travaille à Wall Street et sa conjointe Pam travaille dans une des tours du World Trade Center. Et devinez quoi, l’un de ces deux endroits est le théâtre d’une tentative d’attentat. Non il ne s’agit pas des tours jumelles mais bien de la bourse. Georges, un des collègues de Lyle, se fait tuer d’un coup de feu en plein milieu de la corbeille sous le regard de ses collègue. Georges avait lui-même introduit le tueur dans le bâtiment qui s’apprêtait par ailleurs à tout faire sauter avec des explosifs. Voilà le point de départ de ce roman. Mais point d’enquête policière. Avec son style particulier, Don DeLillo nous fait vivre le quotidien très routinier de Lyle et Pam, un couple qui n’en est pas un, et nous dévoile leurs interrogations plus ou moins profondes. Lyle va être attiré par une collègue qui se trouvera avoir bien connu Georges. Pam de son côté accompagne les réflexions de son collègue Ethan dont le conjoint veut quitter New-York pour s’établir dans le Maine.

C’est donc un roman aux accents de polar et de terrorisme que signe DeLillo avec Les joueurs. La froideur domine ce livre. Les personnages, même s’ils vivent des événements profonds, font preuve de détachement. Les émotions sont absentes, ce qui est d’autant plus étonnant que Pam travaille dans une entreprise qui accompagne les gens qui vivent un deuil. La compassion est étrangement absente. Lyle de son côté est fasciné par le groupe anti-capitaliste qui veut détruire le symbole qu’est Wall Street. Il joue avec le feu en cherchant à se rapprocher la tête pensante du groupe terroriste et en se proposant pour faciliter un nouvel attentat.

Don DeLillo est en train de devenir mon auteur fétiche. C’est le quatrième roman de cet auteur que je lis en l’espace de quelques mois. Même si Les joueurs ne m’a pas enthousiasmé, je demeure attiré par le style magnétique de DeLillo. Je trouve qu’il rend admirablement bien les questionnements quotidiens qui animent les individus. Le profond et l’anecdotique s’entremêlent pour dresser un portrait fascinant de notre temps.

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2 réflexions au sujet de « Les joueurs, Don DeLillo »

  1. J’ai les joueurs dans ma PAL. Pour l’instant je n’ai lu aucun Delillo mais j’ai feuilleté les premières pages de ce roman et c’est vrai qu’il a un style très particulier qui me rappelle celui de Pynchon.

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